La Flamme (16.09.2009)

 

Une certaine actualité, des mots poignants écrits sur des Blogs amis,  un autre visité m’ont amené à lire un peu de Bachelard ces derniers soirs. Je m’y sens bien dans ses textes, tout comme dans ceux de Jung.   

 

 

 

La Flamme - PhotosLP.jpg
Chapelle en Haute-Provence
Juillet 2009
Louis-Paul Fallot

 

  

 

"Entre toutes les images, les images de la flamme –les naïves comme les plus

alambiquées, les sages comme les folles- portent un signe de poésie. Tout rêveur de

flamme est un poète en puissance. Toute rêverie devant la flamme est une rêverie

qui admire. Tout rêveur de flamme est un état de rêverie première. Cette admiration

première est enracinée dans notre lointain passé. Nous avons pour la flamme une

admiration naturelle, on ose dire : une admiration innée. La flamme détermine une

accentuation du plaisir de voir, un au-delà du toujours vu. Elle nous force à

regarder.

La flamme nous appelle à voir en première fois : nous en avons mille

souvenirs, nous en rêvons tout à la personnalité d’une très vieille mémoire et

cependant nous en rêvons comme tout le monde, nous nous souvenons comme

tout le monde se souvient –alors, suivant une des lois les plus constantes de la rêverie

devant la flamme, le rêveur vit dans un passé qui n’est plus uniquement le sien, dans

le passé des premiers feux du monde."

 

La flamme d’une chandelle, Gaston Bachelard,

Presses Universitaires de France

 

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Poétique de la rêverie

 

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