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mercredi, 07 octobre 2026

Finistère (livre d'Anne Berest)

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Saint Pol-de-Léon 
Photo Louis-Paul Fallot (août 2013)

 

Le titre du livre ne pouvait qu’attirer mon attention, moi qui suis né à Douarnenez. Ensuite, j’ai presque le même âge que le père de l’auteure - dont elle raconte la vie dans ce livre -  et surtout vécu le  même engagement politique dans l’après mai 1968.  (1). Mais surtout parce que j’aime l’écriture d’Anne Berest après l’avoir découverte dans Gabriële (co-écrit avec sa sœur Claire) Et ma prochaine lecture sera « La carte postale ».
Dans Finistère, la vie de cette famille Berest s’inscrit aussi dans l’Histoire et ses grands évènements.
Anne Berest raconte en 4ième de couverture:

 « En 2021, juste après la publication de La Carte Postale, j’ai appris que mon père était atteint d’une maladie grave. Alors que je me rapprochais de cet homme énigmatique, scientifique, silencieux, j’ai entrepris de remonter le fil de ma lignée paternelle bretonne. Je retrace ici la grande histoire d’amour de mes parents, les tensions entre la province et Paris, les premiers combats des agriculteurs du Finistère, la fougue et la beauté de la jeunesse résistante. J’ai cherché à savoir ce que nous transmettent nos ancêtres. Et comment nous en affranchir.
En creux, j’ai voulu m’approcher du mystère de Pierre, mon père. »   

 (1) Llire sur ce blog " La vie en rouge"  et " C’était hier "  

 

 

9782226487186-j.jpgUn extrait du livre:

Le directeur de la pension Ozanam regarda le père, puis le fils, en pensant que ces deux-là feraient mieux de repartir d’où ils venaient.
- Mais d’où sortez-vous ? demanda-t-il, excédé.
- De Saint-Pol-de-Léon, répondirent fièrement les deux Bretons.
Alors le directeur se leva pour leur montrer la porte, avant d’ajouter :
- Je suis désolé, moi, je suis complet.
Les  deux Eugène se retrouvèrent dans la rue, sonnés et silencieux. L’humiliation était totale. Mais Eugène vit son père plisser les yeux et fixer la silhouette d’un homme qui marchait vers eux. Plus l’homme s’approchait, plus son père souriait. Quand il ne fut plus qu’à un mètre l’homme ouvrit grand les bras, et sa cape sombre lui donna l’air d’une chauve-souris déployant ses ailes. Il embrassa Eugène comme du bon pain :
- Eugène Bérest !  Qu’est-ce que tu fais ici ?
- Je suis avec mon fils. Nous lui cherchons une pension.
- Très bon choix, je connais le directeur.
- Mais il nous a presque ri au nez. Il dit qu’il est complet.
L’homme abandonna son sourire, comme on laisse tomber ses valises sur le sol. Il haussa les sourcils, qu’il avait épais et fournis, et demanda :
- Vraiment ?
Sans attendre la réponse, il exigea du concierge qu’il appelle le directeur de la pension.
- Annoncez Paul Simon, député du Finistère.
(…)
Extrait du chapitre 6, pages 104 et 105
Editions Albin Michel