25.11.2014

Un livre de poèmes d’amour (André Verdet)

 

Et d’un bleu
O d’un bleu si bleu et si
Nucléal ton regard

Or quelle fut ton étreinte et comme
Punie d’une infernale furie quand
Les flammes serpentes de ton corps
Tournèrent au sombre pourpre jusqu’à
Nous réduire toi et moi
Cendres sous la pluie venue
Venue de la mer

André Verdet
Langues d’Eros, 1985

 

 

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"Je vous aime comme je t'aime réunit 114 poèmes d'amour, dans une présentation qui a cherché à respecter la chronologie de l'écriture plutôt que celle des dates de publication. A travers ce demi-siècle de poésie, André Verdet chante la vie. Celle de la Jeunesse, légère comme un matin méditerranéen ; celle, grave, sombre et angoissante du matricule 186.524 ; celle enfin savoureuse et sensuelle d’Eros Troubadour. On retiendra cette phrase de Pierre Restany, en 1964, qui écrivait : La leçon d’André Verdet est une vérité première : la vie n’est ni poème, ni peinture, ni philosophie : la vie EST."

(Extrait de la présentation du livre sur le site des éditions baie des anges)

Je vous aime comme je t’aime 114 poèmes d’amour, poèmes choisis et présentés par Françoise Armengaud

16.11.2014

Ecritures de lumière (hommage à Lucien Clergue)


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© Lucien Clergue  Nu Zebré -  New York 2007

 

 

À Clergue pour ses nus

Du phoque renversé sous l'écume des bagues
Perles et diamants,  (ils nous viennent des vagues)
Je vous orne Sémiramis

En vos jardins
Suspendus voyageur de pylône en pylône
Fûtes-vous (avouez) reine de Babylone
Ou bien morte sans chef en vos vertugadins ?

Vous riez vous criez vous avez tort de rire
Et raison de crier au fond de ces tunnels
D'où les oiseaux bavards comme la poêle à frire
S'échappent vers l'amour des ventres maternels.

Jean Cocteau
1956


 

 

Ce poème de  Jean Cocteau  a  été écrit  en novembre 1956 à Villefranche sur Mer  et est adressé à   Lucien Clergue.   Il fût publié  l’année suivante chez Seghers dans l’ouvrage de poèmes  « Corps mémorable » de Paul Eluard, la couverture était signée de Picasso et  les photos de Lucien Clergue avec  ce poème liminaire de Jean Cocteau 

 

 

Lucien Clergue à Nice en 2013-Photo LP Fallot.JPG

Lucien Clergue à Nice au Festival du Livre en 2013
Photographie Louis-Paul Fallot

 

J’avais  rencontré  Lucien Clergue à PhotoMenton en 2010 où nous avions assisté à sa très belle conférence.  Lucien Clergue avait  tenu à visiter tous les stands des 120 exposants, avec pour chacun un mot particulier. J’avais   évoqué Née de la vague, acheté tout comme mon premier réflex avec les économies de jeune travailleur  dans les années 70. A ma question sur la disponibilité de cet ouvrage mythique il me répond tout simplement qu’il s’en procure parfois comme tout le monde sur un site Internet de vente d’occasion… (Extrait de ma Note "Vagues d'émotion à Menton")

Je l’avais revu l’an passé à Nice où il était « notre voisin » Place Gautier au Festival du livre sur les stands des éditeurs régionaux. Il m’avait dédicacé son dernier livre, « Ecritures de lumière » édité par les éditions Melis. Et dans lequel vous pourrez lire ce poème.
La photo  de haut de page est extraite de la série "Nus zebrés" que vous pourrez retrouver sur le site Internet d’Anne Clergue, sa fille.

 

11.10.2014

Être libre

 

Il est en bonne place dans ma bibliothèque et  j'en relis régulièrement des pages, des passages...On me l’a offert  un jour de deuxième anniversaire d’abstinence.  (voir ma page "mes mercis de Nouvelle vie ci-contre)
C'
est l’un des livres  qui – pour reprendre une expression du moment  "a changé ma vie ".  Précisément ce que j’ai nommé ma " nouvelle vie ".  Régulièrement réédité, c’est un beau cadeau à s’offrir, à offrir.
Un extrait du chapitre 2, « Le grand saut vers la liberté », pages 167 et 168.

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"Être libre, c’est être maître de soi-même. Pour beaucoup, cette maîtrise concerne la liberté d’action, de mouvement et d’opinion, l’occasion de réaliser les buts qu’on s’est fixés. Ce faisant, on situe principalement la liberté à l’extérieur de soi, sans prendre conscience de la tyrannie des pensées.  De fait, une conception répandue  en Occident consiste à penser qu’être libre revient à pouvoir faire tout ce qui nous passe par la tête et traduire en actes le moindre de nos caprices. Etrange conception, puisque nous devenons ainsi le jouet de nos pensées qui agitent notre esprit, comme les vents courbent dans toutes les directions les herbes au sommet d’un col. (…) La liberté anarchique, qui a pour seul but l’accomplissement immédiat des désirs, apportera-t-elle le bonheur ? On peut en douter. La spontanéité est une qualité précieuse à condition de ne pas la confondre avec l’agitation mentale.  Si nous lâchons dans notre esprit la meute du désir, de la jalousie, de l’orgueil ou du ressentiment, elle aura tôt fait de s’approprier les lieux et de nous imposer  un univers carcéral en expansion continue. Les prisons s’additionnent et se juxtaposent, oblitérant toute joie de vivre. En revanche, un seul espace de liberté intérieur suffit pour embrasser la dimension toute entière de l’esprit. Un espace vaste, lucide et serein, qui dissout tout tourment et nourrit toute paix. La liberté intérieure, c’est d’abord l’affranchissement de la dictature du « moi » et  du « mien », de l’ «être»  asservi et de l’ « avoir » envahissant, de cet ego qui entre en conflit avec ce qui lui déplaît  et tente désespérément  de s’approprier ce qu’il convoite. Savoir trouver l’essentiel et ne plus s’inquiéter de l’accessoire entraîne un profond sentiment de contentement sur lequel les fantaisies du moi n’ont aucune prise. (…) Être libre revient donc à s’émanciper de la contrainte des afflictions qui dominent l’esprit et l’obscurcissent. C’est prendre sa vie en main,  au lieu de l’abandonner aux tendances forgées par l’habitude et à la confusion mentale.  (…)"

  Matthieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur, édition poche chez POCKET.

 

 

14.09.2014

Page 104...et "états d'âme"

 

Avec légèreté, la romancière brosse le portrait d’une société qui aurait tout à gagner à ne pas se couper de la terre et à prendre soin de ses anciens. Psychologies magazine (extrait de la 4ème de couverture)

 

C’est l’un de mes livres de cet été...Réjouissant en ces temps ! La photographie a été prise il y a quelques semaines dans la campagne de Kerguilloté,  à Quimiac;  là, je reviens de Haute-Provence  où nous avons aussi fait de belles rencontres dans la montagne encore verdoyante.
J'avoue avoir un peu  de mal à "poser mes valises",  à retrouver  la ville  et   mon actualité (pour ne pas évoquer celle du monde...).
Je sais que cela se nomme " états d’âme "  et  je sais aussi  que   nos états d'âme sont une porte vers l'éveil  (Christophe André).  

...Merci de vos passages et de vos commentaires.

 

 

 

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"Elle pose le plat sur la table. Il fait la grimace.
– Vous n’aimez pas les rutabagas ?
– Si, mais ce sont eux qui ne m’aiment pas.
– J’ai mis un peu de bicarbonate.
–  Ah bon, pourquoi ?
–  ça annule les effets indésirables, les ballonnements…
– Vous pensez vraiment que ça marche, ce truc-là ?
– ça fait une différence, vous verrez.
– J’espère. Elle s’amuse.
– Sinon, nous irons boire un café dehors, après le dîner. Vous serez plus tranquille. Avec de la chance, il de devrait plus pleuvoir? Ferdinand pense à Henriette. Avec elle, il ne rigolait jamais avec ça.
Après dîner, ils sont sortis. Pas à cause des rutabagas – le bicarbonate, a priori, c’est efficaces contre les gaz-, mais parce que Cornélius a réclamé bruyamment un peu d’attention. C’est un âne très indépendant, qui entre et sort quand il veut de son box, fait le tour de la ferme, passe beaucoup de temps à étudier la façon d’ouvrir les portes et les barrières, surtouts celles qui mènent aux potagers, mais, le soir venu, il veut qu’on vienne lui dire bonsoir avant de se coucher. Comme un enfant."

"Et puis, Paulette… " de   Barbara Constantine

Pages 104/105, édition Le Livre de Poche