mercredi, janvier 18, 2012
Voyages nantais
Ni tout à fait terrienne, ni tout à fait maritime, ni chair ni poisson.
Juste ce qu'il faut pour faire une sirène...
Julien Gracq
Est-ce que je connais la ville de mon enfance et adolescence ? Je me pose la question à chaque voyage, à chaque retour vers cette ville où je fis mes premiers pas au parc de Procé ; l’enfance de ces années tumultueuses de ce qui serait prétentieux d’appeler « études » ; l’adolescence de mai 68 puis de mes débuts professionnels.
Je revisite « ma ville » autrement depuis quelques années.
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vendredi, mai 20, 2011
Il était une fois…un ciné dans l’Ouest
Nantes, mur du cinéma Katorza
PhotosLP Fallot
C’est Cannes … Loin du tapis rouge et des paillettes cannoises, je voudrais néanmoins rendre hommage au cinéma, à tous ces films qui m’ont donné de si beaux moments d’évasion et de rêves. Ce sera en vous parlant d’un lieu qui pour moi restera associé à un film…
Cette année là…. Un lieu culte à Nantes, le cinéma Katorza. L’Ouest est bien là, et mes souvenirs aussi : 1969, sortie de film de Sergio Léone, vu ici au Katorza une première fois puis combien d’autres, ici et là?
Ce cinéma, c’est d’abord l’histoire de Salomon Kétorza. « Le 26 novembre 1898, Salomon Kétorza adresse un courrier au Maire de Nantes pour prévenir de l’installation de sa baraque pour la foire d’hiver, 27m de long sur 8m de profondeur. Un train de 14 wagons est nécessaire pour la transporter ! Il s’agit d’un cinéma ambulant avec un orgue "remplaçant 140 musiciens" et un moteur "remplaçant 50 chevaux", l’histoire du Katorza peut démarrer ! Né en 1863 en Tunisie, Salomon se promène donc avec son cinéma sur rails et se rapproche régulièrement de Nantes, il va ainsi marquer de son nom une ville, un lieu et toute une cinéphilie. Il transformera ainsi l'Elysée Graslin (devenu Petit Casino puis Cinéma Théâtre Variétés puis Femina) en caf’ conc’ rebaptisé Katorza le 04 juin 1920.
Sa femme y improvisera au piano la musique des films. »
Salomon Kétorza meurt le 08 septembre 1928.
Source: Extrait de l’historique du cinéma sur le site katorza.fr
Le cinéma fût bombardé en septembre 1943 puis reconstruit. En 1969, il y avait dans Nantes - au centre ville et dans les quartiers - 21 salles de cinéma. Beaucoup ont disparus comme celui de « la route de vannes » où nous allions adolescents caresser les avant bras de quelques demoiselles en faisant mine de nous faire peur sous les regards bienveillants des Dracula et autres « Morts vivants » de l’époque.
« Nantes a œuvré pour le cinéma grâce aux Ciné-clubs et autres Fédérations des amicales laïques ; beaucoup de réalisateurs tournent à Nantes et dans sa région et viennent présenter leurs films au Katorza entre autres. » Loin des complexes sans âme installés dans les centres commerciaux, le Katorza demeure parmi la petite dizaine de cinéma toujours présente aujourd’hui.
Nantes, décembre 2010
Photos:Louis-Paul Fallot
Mais l’on ne va pas se quitter comme çà ; offrons-nous la bande annonce d’Il était une fois dans l’Ouest, et en VO s’il vous plaît !
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mardi, janvier 25, 2011
Sur les quais à Nantes (1)
Quelques traces encore visibles du passé ouvrier nantais sur les quais de la Loire à Nantes
Photos Louis-Paul Fallot
Il fait froid, très froid mais je sais que dans quelques minutes, je vais me réchauffer à l’intérieur de la médiathèque Jacques Demy. Je pourrais parcourir au chaud les décors des rues nantaises sur les pas du réalisateur de Lola. A l’occasion du cinquantième anniversaire du tournage de ce film et du vingtième anniversaire de la disparition de Jacques Demy, Nantes rend hommage, dans la ville de son enfance, au réalisateur qui marqua sa génération et toute l’histoire du cinéma français.

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mercredi, décembre 15, 2010
La Forme d’une ville
Il s'agit d'appliquer au chaos brouillé des données mentales et des petits accidents de la vie qu'on mène, un procédé de lecture, une grille qui permette de lire le sens de la vie en tant qu'elle échappe à notre influence.
Julien Gracq
Julien Gracq (Citation remue.net)
"…L’acrimonie propre aux ruminations du vieillissement naît de ce que nous replaçons des épisodes passés de notre vie dans un cadre resté intact : c’est la jeunesse inaltérable du monde qui rend mal tolérable la caducité dont elle est devenue le lieu et le support. Rien de tel quand il m’arrive de retraverser Nantes. L’ancienne ville – l’ancienne vie – et la nouvelle se superposent dans mon esprit plutôt qu’elles ne se succèdent dans le temps : il s’établit de l’une à l’autre une circulation intemporelle qui libère le souvenir de toute mélancolie et de toute pesanteur ; le sentiment d’une référence décrochée de la durée projette vers l’avant et amalgame au présent les images du passé au lieu de tirer l’esprit en arrière. Je voudrais que la complaisance aux souvenirs, à laquelle il m’arrive comme à tout autre de faire sa part, soit absente de ces pages. La chance a fait de ces années de mon enfance et de mon adolescence un gisement que la vie a monnayé, une richesse toujours mobilisable que je prodigue à mon gré sans m’en sentir jamais plus pauvre. Reprenons donc le chemin des rues de Nantes, non pas à la rencontre d’un passé que je ne voudrais mettre à ressusciter aucune complaisance, mais plutôt de ce que je suis devenu à travers elles, et elles à travers moi."
JULIEN GRACQ - LA FORME D’UNE VILLE- EDITIONS JOSE CORTI-PAGES 9 ET 10
C’était à Nantes, une fin d’année de 2007. Il me faudra attendre encore une année pour me procurer ce livre. La disparition de celui qui vécut sur les bords de Loire ayant eu pour conséquence de vider les librairies nantaises des ouvrages de l’auteur. J’allais entrer pour la première fois dans les mots de Julien Gracq et dans le même temps refaire – malgré les différences d’âge et de vécu- le chemin de vie de mon enfance et de mon adolescence.
Ce livre me permis doucement, de pénétrer dans les constructions littéraires de Julien Gracq. J’étais prêt pour un autre voyage. Traverser d’autres mers et me poser sur des rives littéraires inoubliables. Celles du Rivage des Syrtes…
Dans quelques jours, je redescendrais les marches du passage Pommeraye et en face dans une de ces anciennes librairies nantaises, je sais que sur la gauche, un beau rayon m’attend, celui des éditions Corti, éditeur de celui qui refusa le Goncourt.
LIEN:
La notice bio-bibliographique de Julien Gracq sur le site des Editions José Corti consacré à l’auteur.
Nantes, photos Louis-Paul Fallot
Sur Nantes et sur ce blogue :
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jeudi, mars 18, 2010
A nous l’avenir !
Je reproduis ici et avec son accord un courriel de Laurent qui m’a fait très plaisir.
"Salut mon frère,
Tu trouveras, en pièce jointe , une photo de mon tableau pour l'exposition "40
ans 40 artistes", pour les 40 ans de l'APAJH 44.
L'APAJH , c'est l'Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés. Ce sont eux qui
organisent le festival Handiclap, dans le cadre duquel j'ai exposé deux fois.
C'est pourquoi ils m'ont demandé de participer à cette exposition
exceptionnelle. Le principe du festival, c'est d'organiser différentes
manifestations artistiques (expositions, théâtre, danse, musique, cinéma...)
avec, à la fois des artistes handicapés un non-handicapés.
Mon tableau est très grand : 1M22 x 1M22, j'ai passé beaucoup de temps dessus,
mais je suis très content du résultat.
Le thème du festival est : "A nous l'avenir", mon tableau s'appelle "Avenir?".
Sur la photo, on ne voit pas bien, mais en haut du tableau, en transparence, il
y a le début de la déclaration des droits de l'homme.
Par dessus, tout est rouge pour symboliser le sang des hommes qui s'entretuent
(les guerres...).
Par dessus, une fuite géométrique, qui laisse plusieurs possibilités d'avenir.
Tout cela pour dire que l'avenir est à nous...Si nous savons reprendre les
choses en main et défendre les vraies valeurs humanistes.
Au lieu de fausses valeurs qui nous font aller droit dans le mur (croissance
économique, religions...)."
Voilà, (le reste de ce courriel est d’ordre familial).
Je lui ai répondu…
«J'aime. Et j'aime aussi quand tu racontes. »
Cette année le festival Handiclap prend une couleur particulière car il permettra à l’association de fêter ses 40 ans.
Le thème retenu, "A nous l’avenir !", montre bien le sens que l’APAJH 44 entend donner à cet anniversaire. Nous ne souhaitons pas nous centrer sur le passé, mais au contraire nous y appuyer pour construire notre avenir.(...) Handiclap est l’occasion de nous retrouver sur Nantes et dans différentes villes du Département, l’occasion de véhiculer nos valeurs sur la place des personnes handicapées dans la société. Le festival c’est aussi un lieu de rencontres et de fête, montrant ainsi que handicap, joie et avenir ne sont pas incompatibles entre eux.
Alors, venez nombreux nous rejoindre pour ensemble souffler les 40 bougies de l’APAJH 44.
Rémi TURPIN, Président de l’APAJH 44
40 artistes ayant participé au Festival Handiclap :
S. Akki, Atelier 3 et J-L. Bernard, D. Bagot, C. Bayle, J. Blais, A. Blanchemaison, M. Blanchemaison, M. Bordage, M-F. Bordier, V. Boy, BOZO, F. et E. Bremond, G. Chauvière, A. Cherffaoui, G. Clabault, I. Denniel, L. Fallot, J-P. Gallais, B. Gautier, G. Haumont, HELYET, J-F. Husson, IEM La Marrière, C. Le Corre, L. Lemperier, F. Létévé, X. Le Vicquel, D. Martin, L. Mayanobe, G. Morin, G. Naour, C. Pasquet, P. Pelletier, PUCYA, E. Roze, B. Servain, J-Y. Tual, C. Vermelen, D. Violain.
Vernissage : vendredi 19 mars 2010 à 18h, 2 bis Bd Léon Bureau - Nantes
En partenariat avec la Ville de Nantes et la MHT (Maison des Hommes et des Techniques)

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samedi, janvier 16, 2010
Sous la pluie
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mardi, août 11, 2009
Nantes, juillet 1969
C’était l’été, l’été 1969. C'était à Nantes.
Je venais de rater mon CAP en chaudronnerie et - puis-je le dire ?- j’avais le sentiment d’avoir atteint mon objectif !
Je n’ai rien -bien au contraire- contre les métiers dit manuels mais je n’étais vraiment pas doué et il suffit pour s’en convaincre de voir le « look » de mon inhalateur en aluminium façonné à l’époque en « travaux pratiques » et qui doit encore traîner dans le grenier de la maison familiale.
C’était le plein emploi aux chantiers navals aujourd’hui disparus et les patrons en personne venaient en classe promettre du travail même à ceux qui n’auraient pas le diplôme mais s’engageraient à le repasser l’année suivante !
Pourtant et ironie de l’histoire, au début du cycle, c’était les derniers (Il fallait à l’époque passer des épreuves pour entrer en collège technique.) qui se retrouvaient avec pour seul choix les disciplines serrurerie ou chaudronnerie.
Les meilleurs, ceux de la mécanique auto n’avaient pas ce privilège d’un emploi promis et de plus bien payé !
Mais, je ne voulais pas être chaudronnier ou soudeur …
Je me retrouvais le temps d’une matinée à décharger des camions aux halles nantaises au lever du jour, vague souvenir d’une leçon que voulut donner mon Papa à celui qui n’avait pas, malgré des dispositions maintes fois consignées sur les relevés scolaires des divers établissements fréquentés avant ce collège technique, voulu travailler à l’école. Les profs de ce dernier se demandaient d’ailleurs ce que faisais là !
J’appris donc en rentrant fourbu de ces cageots soulevés que je devrais me présenter le lendemain à un tout autre endroit.
Un grand bâtiment du centre ville spécialisé pour toute la région dans le traitement des services financiers de ce qui était alors une grande administration.
Voilà comment, j’entrais « dans la vie active » au début du mois de juillet 1969 et dans une entreprise où je travaille encore aujourd’hui. J’y ai de suite fait ce que je n’avais jamais voulu faire à l’école, à savoir étudier en passant mon examen de « titularisation » puis des concours.
J’y ai exercé plusieurs métiers et si je ne suis pas toujours en accord avec tout ce qui s’y passe, je ne « cracherais jamais dans la soupe » de ce qui m’a permis de vivre - au-delà du nécessaire « bulletin de paye » - dans ce tissu social et humain quarante années d’une grande aventure.
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mardi, mars 20, 2007
Différences
« Et puis, qu’est-ce que çà veut dire, différents ? (…)
Ce qui empêche les gens de vivre ensemble,
C’est leur connerie, pas leurs différences… »
Extrait de la 4ème de couverture du roman Ensemble, c’est tout
Roman d’Anna Gavalda, édition de poche chez « J’AI LU »
J’aurais pu le chanter, « Toi le frère que je n’ai jamais eu » de Maxime Le forestier. Naissance de l’un, fin d’adolescence de l’autre: Il y a 16 ans de différence entre mon « petit » frère et moi. Il est né à Nantes quand je m’apprêtais à entrer dans la vie active puis « monter dans la capitale » et plus tard « descendre dans le sud ».
Je ne l’ai pas vu grandir, l’âge et les distances n’étaient pas faits pour nous rapprocher. Depuis quelques années, nous nous sommes découverts. J’apprends à le connaître, et découvre son Art qui était pour moi si abstrait: S’ouvrir aux différences et s’enrichir sans ces préjugés qui nourrissent la pauvreté de l’esprit et de l’âme.
Nous avons Laurent et moi en décembre travaillé à la construction de son Blog. Ce fut pour moi un concentré de ces petits bonheurs qui font cette Nouvelle vie dont je parle si souvent.
Chaque déclic des photos prises à cette occasion m’a permis de découvrir toutes les facettes de son Art et un peu de « cet espace intérieur, conteneur de l’âme, recyclage permanent d’émotions, amalgame où Laurent puise de quoi créer. »
( Extrait de l’Introduction à l’ouvrage publié
à l’occasion de l’exposition organisée par le service culturel des Herbiers en 2000.)
Pour son 20ème Anniversaire, le festival renoue avec ses origines à travers le thème du "CINEMA".
« Même si les structures doivent être accessibles aux personnes en fauteuil, celles-ci n’obtiennent pas une intégration maximale et les personnes ayant un handicap visuel ou auditif sont tout simplement exclues des salles de cinéma. A l'heure d'Internet et du numérique, à l'heure où le premier outil de communication reste l'image, oeuvrons ensemble pour permettre à toute personne le "droit au cinéma", dans son actualité, en couple ou en famille. » écrit Remi Turpin, Président de l’association APAJH44.
Le Festival Handiclap a pour ambition de développer les échanges inter culturels.
A travers cette manifestation, un des objectifs poursuivis est
"de Promouvoir la rencontre entre artistes handicapés et non handicapés."
Ce sont donc 8 toiles que Laurent expose et dont il explique dans
un article sur son Blog
sa recherche personnelle sur ce thème.
Et à bientôt petit frère, sur la Côte.
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vendredi, novembre 03, 2006
Photo 10
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