vendredi, 23 mars 2012
C'est notre histoire
Dans mes notes personnelles - et à mon retour du dernier voyage nantais- j’écrivais :
Je longe les palissades et ce ne sera pas encore cette fois que je pourrais visiter le mémorial. Prévu début décembre, son inauguration a été reportée à mars 2012.
mercredi, 18 janvier 2012
Voyages nantais
Ni tout à fait terrienne, ni tout à fait maritime, ni chair ni poisson.
Juste ce qu'il faut pour faire une sirène...
Julien Gracq
Est-ce que je connais la ville de mon enfance et adolescence ? Je me pose la question à chaque voyage, à chaque retour vers cette ville où je fis mes premiers pas au parc de Procé ; l’enfance de ces années tumultueuses de ce qui serait prétentieux d’appeler « études » ; l’adolescence de mai 68 puis de mes débuts professionnels.
Je revisite « ma ville » autrement depuis quelques années.
Publié dans Blog, Famille, Mots et photos, Nantes, Nouvelle Vie, Villes | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : nantes | 06:10 |
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vendredi, 20 mai 2011
Il était une fois…un ciné dans l’Ouest
Nantes, mur du cinéma Katorza
PhotosLP Fallot
C’est Cannes … Loin du tapis rouge et des paillettes cannoises, je voudrais néanmoins rendre hommage au cinéma, à tous ces films qui m’ont donné de si beaux moments d’évasion et de rêves. Ce sera en vous parlant d’un lieu qui pour moi restera associé à un film…
Cette année là…. Un lieu culte à Nantes, le cinéma Katorza. L’Ouest est bien là, et mes souvenirs aussi : 1969, sortie de film de Sergio Léone, vu ici au Katorza une première fois puis combien d’autres, ici et là?
Ce cinéma, c’est d’abord l’histoire de Salomon Kétorza. « Le 26 novembre 1898, Salomon Kétorza adresse un courrier au Maire de Nantes pour prévenir de l’installation de sa baraque pour la foire d’hiver, 27m de long sur 8m de profondeur. Un train de 14 wagons est nécessaire pour la transporter ! Il s’agit d’un cinéma ambulant avec un orgue "remplaçant 140 musiciens" et un moteur "remplaçant 50 chevaux", l’histoire du Katorza peut démarrer ! Né en 1863 en Tunisie, Salomon se promène donc avec son cinéma sur rails et se rapproche régulièrement de Nantes, il va ainsi marquer de son nom une ville, un lieu et toute une cinéphilie. Il transformera ainsi l'Elysée Graslin (devenu Petit Casino puis Cinéma Théâtre Variétés puis Femina) en caf’ conc’ rebaptisé Katorza le 04 juin 1920.
Sa femme y improvisera au piano la musique des films. »
Salomon Kétorza meurt le 08 septembre 1928.
Source: Extrait de l’historique du cinéma sur le site katorza.fr
Le cinéma fût bombardé en septembre 1943 puis reconstruit. En 1969, il y avait dans Nantes - au centre ville et dans les quartiers - 21 salles de cinéma. Beaucoup ont disparus comme celui de « la route de vannes » où nous allions adolescents caresser les avant bras de quelques demoiselles en faisant mine de nous faire peur sous les regards bienveillants des Dracula et autres « Morts vivants » de l’époque.
« Nantes a œuvré pour le cinéma grâce aux Ciné-clubs et autres Fédérations des amicales laïques ; beaucoup de réalisateurs tournent à Nantes et dans sa région et viennent présenter leurs films au Katorza entre autres. » Loin des complexes sans âme installés dans les centres commerciaux, le Katorza demeure parmi la petite dizaine de cinéma toujours présente aujourd’hui.
Nantes, décembre 2010
Photos:Louis-Paul Fallot
Mais l’on ne va pas se quitter comme çà ; offrons-nous la bande annonce d’Il était une fois dans l’Ouest, et en VO s’il vous plaît !
Publié dans Cette année là, 1969, Film, Nantes | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : nantes, cinéma, katorza, 1969, il était une fois dans l'ouest, salomon kétorza, sergio léone | 18:16 |
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mercredi, 15 décembre 2010
La Forme d’une ville
Il s'agit d'appliquer au chaos brouillé des données mentales et des petits accidents de la vie qu'on mène, un procédé de lecture, une grille qui permette de lire le sens de la vie en tant qu'elle échappe à notre influence.
Julien Gracq
Julien Gracq (Citation remue.net)
"…L’acrimonie propre aux ruminations du vieillissement naît de ce que nous replaçons des épisodes passés de notre vie dans un cadre resté intact : c’est la jeunesse inaltérable du monde qui rend mal tolérable la caducité dont elle est devenue le lieu et le support. Rien de tel quand il m’arrive de retraverser Nantes. L’ancienne ville – l’ancienne vie – et la nouvelle se superposent dans mon esprit plutôt qu’elles ne se succèdent dans le temps : il s’établit de l’une à l’autre une circulation intemporelle qui libère le souvenir de toute mélancolie et de toute pesanteur ; le sentiment d’une référence décrochée de la durée projette vers l’avant et amalgame au présent les images du passé au lieu de tirer l’esprit en arrière. Je voudrais que la complaisance aux souvenirs, à laquelle il m’arrive comme à tout autre de faire sa part, soit absente de ces pages. La chance a fait de ces années de mon enfance et de mon adolescence un gisement que la vie a monnayé, une richesse toujours mobilisable que je prodigue à mon gré sans m’en sentir jamais plus pauvre. Reprenons donc le chemin des rues de Nantes, non pas à la rencontre d’un passé que je ne voudrais mettre à ressusciter aucune complaisance, mais plutôt de ce que je suis devenu à travers elles, et elles à travers moi."
JULIEN GRACQ - LA FORME D’UNE VILLE- EDITIONS JOSE CORTI-PAGES 9 ET 10
C’était à Nantes, une fin d’année de 2007. Il me faudra attendre encore une année pour me procurer ce livre. La disparition de celui qui vécut sur les bords de Loire ayant eu pour conséquence de vider les librairies nantaises des ouvrages de l’auteur. J’allais entrer pour la première fois dans les mots de Julien Gracq et dans le même temps refaire – malgré les différences d’âge et de vécu- le chemin de vie de mon enfance et de mon adolescence.
Ce livre me permis doucement, de pénétrer dans les constructions littéraires de Julien Gracq. J’étais prêt pour un autre voyage. Traverser d’autres mers et me poser sur des rives littéraires inoubliables. Celles du Rivage des Syrtes…
Dans quelques jours, je redescendrais les marches du passage Pommeraye et en face dans une de ces anciennes librairies nantaises, je sais que sur la gauche, un beau rayon m’attend, celui des éditions Corti, éditeur de celui qui refusa le Goncourt.
LIEN:
La notice bio-bibliographique de Julien Gracq sur le site des Editions José Corti consacré à l’auteur.
Nantes, photos Louis-Paul Fallot
Sur Nantes et sur ce blogue :
Publié dans Découvrir, Livre, Nantes, Photo, Texte choisi | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : julien gracq, éditions josé corti, la forme d'une ville, le rivage des syrtes, nantes, photo | 06:45 |
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