mercredi, janvier 18, 2012
Voyages nantais
Ni tout à fait terrienne, ni tout à fait maritime, ni chair ni poisson.
Juste ce qu'il faut pour faire une sirène...
Julien Gracq
Est-ce que je connais la ville de mon enfance et adolescence ? Je me pose la question à chaque voyage, à chaque retour vers cette ville où je fis mes premiers pas au parc de Procé ; l’enfance de ces années tumultueuses de ce qui serait prétentieux d’appeler « études » ; l’adolescence de mai 68 puis de mes débuts professionnels.
Je revisite « ma ville » autrement depuis quelques années.
Publié dans Blog, Famille, Mots et photos, Nantes, Nouvelle Vie, Villes | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : nantes | 06:10 |
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vendredi, décembre 09, 2011
Absence et présence
J’avais envie de ne rien écrire, puis de ne plus m’arrêter de le faire…Puis encore le contraire, en acceptant sans lutter une certaine confusion mentale. Ces moments où les notes préparées, les photos choisies, paraissent si futiles, où je doute de l’utilité de poursuivre ce carnet ; et pourtant…Ne s’appelle-t-il pas Carnet ou Vivre ici et maintenant ?
Vivre avec la conscience que nous sommes des mortels – que nous disparaîtrons un jour, que les gens que nous aimons disparaîtront - est un drôle de travail à accomplir (et à renouveler régulièrement) pour chacune et chacun d’entre nous. écrit Christophe André sur son blogue. (1)Plus loin il cite l’Instant présent. Puisque la mort existe, savourer la vie, de toutes ses forces. En attendant de voir ce qu’il y aura peut-être ensuite…
Mon blogue n’est pas un carnet intime mais j’y ai toujours évoqué mes joies et mes peines, mes doutes et mes souffrances, en voulant garder comme fil conducteur des messages d’espoir. Je ne peux laisser ceux qui le lisent sans nouvelles, j’ai choisi de le faire à travers deux images.
L’une, comme une évidence pour illustrer un texte d'Eckhart TOLLE(2) lu ces derniers jours.
« En marchant dans une forêt qui n’a été ni domestiquée ni dérangée par l’homme, non seulement vous verrez une vie abondante tout autour de vous, mais vous rencontrerez aussi, à chaque pas, des arbres tombés, des troncs et des feuilles en train de pourrir et de la matière décomposée. Partout où vous regarderez, vous trouverez la vie aussi bien que la mort. En y regardant de plus près, toutefois, vous découvrirez que le tronc et les feuilles en décomposition non seulement donnent naissance à une nouvelle vie, mais sont eux-mêmes pleins de vie puisque des micro-organismes y travaillent, des molécules se réorganisent. La mort ne se trouve donc nulle part. Il n’y a que la métamorphose des formes de vie. Quelle leçon pouvez-vous en tirer ? La mort n’est pas le contraire de la vie. La vie n’a pas de contraire. Le contraire de la mort est la naissance. La vie est éternelle. »
La deuxième image restera mentale mais elle est bien réelle et en couleur.
Il y avait une grande baie vitrée dans la salle de recueillement lors de la cérémonie d’au revoir à ma sœur. Derrière, une pelouse et une lignée d’arbres. Différents, des ocres de l’automne aux gris des effeuillés en passant par le vert des conifères ; il y eu dans le ciel une éclaircie, et dans la lumière qui inonda un court moment la prairie et le sous-bois, un écureuil passa. Les mots du poème qui avait inspiré (3) mon partage - l’un parmi beaucoup d’autres- prirent alors encore plus de sens. (…) Christine, tu plantais le réel au cœur des utopies. Le poème se nomme Liberté. L’écureuil s’est posé au pied d’un arbre et à la fin de la cérémonie, il était toujours là.
A une question (4) sur la possibilité de faire bon ménage avec la mort, Edgar Morin répondit :
« Le mot "bon" est un peu de trop. Certes il y a un ménage, et je crois deux choses. La première, c’est qu’on a trop refoulé la mort, on a trop voulu l’exorciser. Or ce refoulement de l’angoisse de la mort ne fait que la déplacer : on ressent des angoisses de mort sans savoir que ce sont des angoisses de mort. Ensuite : contre l’angoisse de mort, contre le découragement de la mort, contre la mélancolie de la mort, contre l’horreur de la mort, il n’y a pas de réponse. Il n’y a qu’une seule riposte : l’amour, pas seulement pour une personne, mais la participation, la communion. »
Cet amour et cette communion partagés ces derniers jours.
(1) Psycho Actif, le blog de Christophe André
États d'âme d'un psychiatre
(2) Eckhart TOLLE- L’Art du calme intérieur, Page 103 (Edition J’ai lu)
(3) Inspiré du poème « Liberté »,(page 84) recueil d'Andrée CHEDID Au cœur du cœur chez Librio
(4) Dossier de Psychologie.com : Edgar MORIN Pour vivre, il faut risquer sa vie
Publié dans Famille, Texte choisi, un jour un instant | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : christine | 20:02 |
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mardi, août 11, 2009
Nantes, juillet 1969
C’était l’été, l’été 1969. C'était à Nantes.
Je venais de rater mon CAP en chaudronnerie et - puis-je le dire ?- j’avais le sentiment d’avoir atteint mon objectif !
Je n’ai rien -bien au contraire- contre les métiers dit manuels mais je n’étais vraiment pas doué et il suffit pour s’en convaincre de voir le « look » de mon inhalateur en aluminium façonné à l’époque en « travaux pratiques » et qui doit encore traîner dans le grenier de la maison familiale.
C’était le plein emploi aux chantiers navals aujourd’hui disparus et les patrons en personne venaient en classe promettre du travail même à ceux qui n’auraient pas le diplôme mais s’engageraient à le repasser l’année suivante !
Pourtant et ironie de l’histoire, au début du cycle, c’était les derniers (Il fallait à l’époque passer des épreuves pour entrer en collège technique.) qui se retrouvaient avec pour seul choix les disciplines serrurerie ou chaudronnerie.
Les meilleurs, ceux de la mécanique auto n’avaient pas ce privilège d’un emploi promis et de plus bien payé !
Mais, je ne voulais pas être chaudronnier ou soudeur …
Je me retrouvais le temps d’une matinée à décharger des camions aux halles nantaises au lever du jour, vague souvenir d’une leçon que voulut donner mon Papa à celui qui n’avait pas, malgré des dispositions maintes fois consignées sur les relevés scolaires des divers établissements fréquentés avant ce collège technique, voulu travailler à l’école. Les profs de ce dernier se demandaient d’ailleurs ce que faisais là !
J’appris donc en rentrant fourbu de ces cageots soulevés que je devrais me présenter le lendemain à un tout autre endroit.
Un grand bâtiment du centre ville spécialisé pour toute la région dans le traitement des services financiers de ce qui était alors une grande administration.
Voilà comment, j’entrais « dans la vie active » au début du mois de juillet 1969 et dans une entreprise où je travaille encore aujourd’hui. J’y ai de suite fait ce que je n’avais jamais voulu faire à l’école, à savoir étudier en passant mon examen de « titularisation » puis des concours.
J’y ai exercé plusieurs métiers et si je ne suis pas toujours en accord avec tout ce qui s’y passe, je ne « cracherais jamais dans la soupe » de ce qui m’a permis de vivre - au-delà du nécessaire « bulletin de paye » - dans ce tissu social et humain quarante années d’une grande aventure.
Publié dans Cette année là, 1969, Famille, Nantes, Villes | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : nantes, métier, 1969, papa | 06:33 |
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mardi, décembre 16, 2008
Ballades nantaises

Il n’était pas prévu de Note ce matin.
Mais en visitant le monde de mes Blogs et par les liens de celles et ceux qui y déposent quelques mots, je suis arrivé chez Marie et ai été très touché par ses "Mots et Photos". Et les quelques phrases d’un début de commentaire sont devenus une Note. Une de celles écrites au petit matin, ces petits matins « d’avant lever du jour et d’esprit clair » qui sont devenus synonyme de gratitude depuis plus de cinq ans maintenant. Ces petits matin de lecture et de partage dans ce monde de moins en moins virtuel.
Donc, dans quelques jours, j’irais respirer l’air marin du fleuve Loire et des rivières nantaises.
Je ne ferais sans doute pas la longue promenade qui donne du « sens » aux partages des pas et des mots. Sens est un jeu de mots car avec la lettre C, c’est aussi un influent de l’Erdre qui elle-même se jette dans la Loire. Pas trop de marche a dit le Monsieur qui travaille derrière le mur de la boîte de Ben.
J’irais, c’est sûr sur les Bords de Loire voir le grand Carrousel sur l’île de Nantes. J’espère aussi marcher un peu du côté de l’ancien stade dont Marie parle si bien et revenir dire bonjour à « ma Reine » en passant par ce Lieu Unique que j’aime. Terminer une fin d’après-midi dans le quartier du Bouffay où peut-être nous discuterons du pays. Et avant de reprendre le tram vers la place du Commerce, pour ragagner la demeure familiale à Orvault, j’irais sans doute dans une de ces si belles et anciennes librairies nantaises acheter « La forme d’une ville ».
Mes lecteurs et lectrices me pardonneront le manque de liens hypertextes au moment où je mets en ligne ces quelques mots que je viens de rédiger "d’un trait".
Les liens seront ce jour d’émotion et d’amitiés. Merci Marie.
Les petites choses, Le Blog de Marie
Les photos des Ballades nantaises sont sur mon Blog PhotosLP (2 séries en rubrique Photos)
Publié dans Découvrir, Famille, Mots et photos, Nouvelle Vie | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : villes, nantes | 07:20 |
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dimanche, mai 25, 2008
Une photo choisie
Il y a un an, c’était un jour particulier.
Le vernissage de mon exposition au Cros de Cagnes.
Il y avait parmi mes invités ma Maman qui venait juste d’arriver de Bretagne.
Quelques jours plus tard, un dimanche de début juin et jour de fête des Mamans, je lui donnais une enveloppe avec un petit mot qui l’invitait à choisir une des photos exposées.
Elle a choisie celle-ci:
(*)
Je l'embrasse très fort ce jour et souhaite une très bonne fête à toutes les Mamans.
Publié dans Art, Cagnes sur mer, Famille, Photo | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : expo, maman, cros de cagnes, photo | 07:10 |
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mercredi, avril 23, 2008
Générations
Je tourne et retourne la question ; le conflit de génération existe-t-il vraiment ?
Mais la réponse n’est pas ma préoccupation première. J’ai bien fait des recherches et j’ai aimé lire cet article d’ Hervé Copitet, formateur chargé de cours en sciences de l’éducation.
En fait, ces « commémorations soixante-huitardes » m’ont permis de revoir cet adolescent que j’étais, sa vie de l’époque et ses rapports au Père.
Et surtout de le voir avec cette vision apaisée d’aujourd’hui, de ce fils depuis devenu père à son tour d’un enfant, ma fille devenue adulte elle aussi.
D’avoir peut-être pour la première fois ce regard lucide sur des faits gravés en souvenirs de cette année qui allait bouleverser tant de rapports sociétaux et être charnière dans la vie de celui qui écrit ces quelques lignes..
C’était donc en mai 1968 à Nantes. Dans une famille « militante » et de mêmes idées.
Pourtant il y eu crise aussi à la maison entre le père et le fils aîné. Le père voulait changer le monde et inscrivait cela dans un investissement quotidien que le fils lui reprochait comme du temps volé à la vie familiale. Le fils voulait changer le monde, de suite et à la maison aussi. Le père voulait rester chef de famille là où le fils ne voyait qu’abus d’autorité. Le respect des règles qui permettent d’organiser toute cellule d’un côté, la provoc de l’autre pour affirmer son existence.
Pourtant, ces règles, le fils les inculquera à son tour, à sa fille qui a toujours dit « bonjour à la dame » en rentrant dans un commerce et n’a jamais mis ses pieds chaussés sur un canapé.
Une crise qui ne trouvera un terme que par le départ du fils, un train vers la capitale et le début de sa propre vie d’adulte.
Et l’installation parisienne du fils fut le départ de nouveaux rapports, les partages remplacèrent les conflits.
Le Père venait lors de ses séjours à Paris chez le fils et le fils était fier du Père à sa table!
Voilà quelques mots que je dépose en ce jour anniversaire où tu nous as quitté Papa, des mots que j’aurais aimé te dire en t’embrassant tendrement.
Marcher sur ces pas, hommage aux peintres.
Publié dans Art, Cette année là, 1968, Famille | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : génération, papa, 1968, nantes | 04:20 |
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dimanche, janvier 27, 2008
Le Châlet, entre Aude et Ariège...
"Je pense à ces dernières vacances ensemble,
à ta dernière expo à la mairie de Camurac , au pays de Sault.
Et ce châlet où tu as passé de ce si bons moments
et nous aussi, avec toi et en famille. "
Ce n’est pas encore aujourd’hui que je pourrais écrire une longue note sur cette région de France. Mais la magie des Blogs, comme je dis souvent, c’est de pouvoir déposer quelques fragments très personnels, ici et là, souvent sur des sites où l’on a tissé des liens privilégiés. C’est donc toujours avec une certaine émotion que je découvre une nouvelle note en rubrique Ariège du Blog de Françoise, Nature, Faune et Flore. J’y retrouve avec plaisir des lieux qui me sont chers, des photos qui me transportent là où j’ai tant de souvenirs.J’ai relu, il y a quelques jours un commentaire que j’avais déposé l’an passé. Je me permets de le retranscrire ici et « tel que » en cette fin du mois de janvier. Papa aurait eu 79 ans.
« Emotion particulière
Je l’attendais cette note sur l’Ariège mais là, quelle surprise : Le plateau de Beille.
Et que de souvenirs. De cette région ou j’ai passé de nombreuses vacances en toutes saisons.
Le chalet familial se situait à Camurac, sur le plateau de Sault et seule station de l’Aude et à qq. Kms de l’Ariège, entre Quillan et Ax les Thermes.
Cette route si souvent emprunté par les coureurs du Tour de France avec le fameux col de la Chioula.
De Camurac , j’ai découvert toute cette magnifique région Aude/Ariège.
Il faudra que je transfère un jour quelques unes de ces centaines de photos (diapos et argentiques) et que j’en publie qq. unes.
Je pourrais écrire et écrire…
Juste un souvenir particulier de ce plateau de Beille, d’une journée raquette en famille.
Je pense bien sur en lisant cette note à mon Papa.
J’étais là pour sa dernière expo à Camurac, que d'aquarelles il a peint dans cette région.
Et à toute ma famille, amis retrouvé là-bas.
Très bon samedi, merci de ce bonheur du petit matin, je me permets de mettre un lien.
Amicalement, Louis-Paul »
Ecrit en commentaire le 03 février 2007 à 05:35
ILLUSTRATIONS DE CETTE NOTE:
Aquarelle de Paul FALLOT
Photo argentique de Louis-Paul FALLOT
LIEN:
Publié dans Blog, Famille | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : camurac, papa, photo, peinture | 00:10 |
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