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mercredi, 11 novembre 2015

Paris la Seine, l'heure bleue

La Seine à Paris-PhotosLP Fallot (2).JPG

Retour d’un séjour automnal et parisien. Quelques jours d’une rare intensité et de très belles rencontres. Peu de temps pour se poser et peu de tourisme mais quelques instants ici et à l’heure bleue pour se réciter avec Prévert  Il était une fois la Seine, il était une fois la vie.
A très bientôt.

La Seine à Paris-PhotosLP Fallot (3).JPG

 

"Comme le fleuve Amour
vous l’entendez la belle
vous l’entendez roucouler
dit un grand seigneur des berges
un estivant du quai de la Râpée
le fleuve Amour tu parles si je m’en balance
c’est pas un fleuve la Seine
c’est l’amour en personne
c’est ma petite rivière à moi
mon petit point du jour
mon petit tour du monde
les vacances de ma vie
Et le Louvre avec les Tuileries la Tour Eiffel la Tour
Pointue et Notre-Dame de l’Obélisque
la gare de Lyon ou d’Austerlitz
c’est mes châteaux de la Loire
la Seine c’est ma Riviera
et moi je suis son vrai touriste"

Extrait du poème de Jacques Prévert La Seine a rencontré Paris
Recueil : "Choses et autres"


 

La Seine à Paris-PhotosLP Fallot (1).JPG
Paris, novembre 2015
Photographies Louis-Paul Fallot

jeudi, 27 novembre 2014

Les couleurs parisiennes de Willy Ronis

 

Extrait de Paris-couleurs-Willy Ronis.JPG


























Illustration:
Rue de la Paix 1960 ©  Willy Ronis
Paris-couleurs de Willy Ronis aux éditions Le Temps qu’il fait




Mes lecteurs seront peut-être étonnés de découvrir cette photo couleur de Willy Ronis ! De cette période de la photographie humaniste, nous sommes en effet plutôt habitués aux clichés noir et blanc. Pourtant, c’est dès 1955  que le grand photographe utilise la nouvelle Kodachrome. Fin 1954,  j’avais commencé avec mon Rolleiflex un reportage en noir et blanc sur la semaine de Noël dans les grands magasins, (…) ce qui me conduisit naturellement à entamer peu après des essais avec la Kodachrome, cette merveille qui malheureusement n’affichait alors qu’une sensibilité de 10 ASA  explique-t-il en postface de l’ouvrage Paris-couleurs.

Dans sa très belle préface, Michel Boujut (l’auteur des monographies consacrées aux cinéastes Wim Wenders et Claude Sautet) nous explique que  pour Willy Ronis «  mémorialiste de la poésie des rues » et de la vie ordinaire, la tentation de la couleur n’a jamais constitué un enjeu décisif. (…) Que ressent-on devant les Kodachromes ici rassemblés qu’on ne ressentait pas devant les épures noir et blanc ?  
J’ai retrouvé en effet dans ce livre tout les thèmes de la vie cher à Willy Ronis et qui me procure toujours autant d’émotion. Cet ouvrage sera aussi l’occasion de se replonger dans ce Paris populaire et de la vie ordinaire, ses lieux magnifiés d’une lumière si particulière saisie devant une boutique, sur un quai ou un boulevard… Un régal que de découvrir ces 80 photographies  réunies sur ce livre de Willy Ronis et c'est de sa part, l'effet d'un don généreux que d'avoir bien voulu nous les donner à voir. 

 
Extrait de la 4ème de couverture du livre Paris-couleurs
" Car ce qu’il importe de noter c’est que le photographe a, par les moyens qui lui sont propres, poursuivi de questionner l’âme populaire en ses reflets gais ou mélancoliques, en ses images frivoles ou graves, qu’il a touché du doigt — ou de l’œil — la beauté palpitante et la tendresse bonhomme de ce peuple bigarré, qui sont les « débris et trésors » poétiques de la ville — que seul un grand artiste pouvait recueillir avec une telle constante bonté, en noir comme en couleurs. "

"Paris-couleurs "de Willy Ronis aux éditions Le Temps qu’il fait
80 photographies en couleurs, 120 pages - Préface de Michel Boujut

 

 

vendredi, 30 août 2013

L’été parisien

 

 Bord de Seine-DSCF9513.jpg
(**)

Photographies Louis-Paul Fallot



Cela n’arrive qu’une fois l’an et c’est en août. La Capitale,  du jour au lendemain se vide. Enfin,  du moins dans ses quartiers dits (autrefois) « populaires ».  Les grilles des commerces se ferment, le bar où chacun en sortant du métro, vient déguster son « petit caf » affiche la mention « congés payés » et il faudra changer ses habitudes pour acheter son  pain quotidien …

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vendredi, 08 février 2013

Le petit cortège des Halles de Raymond Mason


Je voudrais que mon petit cortège des Halles ne parte jamais tout à fait.

Mason à St Eustache-PhotosLP Fallot (3).jpg


Quelle belle surprise pour moi - en entrant dans l’église Saint Eustache - de découvrir dans l’une des chapelles cette œuvre de Raymond Mason,  Le départ des fruits et légumes du cœur de Paris, le 28 février 1969. Dans ce quartier des Halles autrefois ce Ventre de Paris décrit Zola et en ce moment en plein travaux, Raymond Mason nous fait revivre cette époque. 

 

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Voici  une partie du texte rédigé par l’auteur et affiché sur le pilier  de la chapelle: (1)

 

"Le marché des fruits et légumes, merveilles de la nature, qui se tenait la nuit, sous les étoiles, au centre historique de la plus belle ville du monde, dépassait de loin une question de commerce.

Il était un lieu de bonheur, puissant et vaste, puisqu'il rendait heureux un nombre sans fin de personnes et beaucoup de larmes allaient couler à l'idée qu'il ne serait plus.

Le travail y était très dur. La pluie et le froid à supporter cela aussi était très dur. Parmi les hommes et les femmes qui s'y trouvaient il y en avait de très durs et de très rudes. Pourtant l'enchantement était tel que cette dureté se transmuait en une étrange douceur et le caractère le plus terrible devenait docile. Bien sûr, c'était le plaisir du travail en commun mais il était subtilement anobli par la fraîche beauté de ces produits de la campagne. Pour dire vrai, le marché des Halles Centrales était la dernière image du Naturel dans la ville. Il est maintenant le paradis Perdu. 

J'ai essayé par cette sculpture de reconstituer au mieux cette vision éclatante. Mon œuvre sera de toute évidence un pauvre substitut de mon émotion devant l'étalage superbe.
J'espère au moins qu'elle parlera assez clairement au spectateur qui lit son titre : "le Départ des fruits et légumes du cœur de Paris " pour annoncer cet autre départ, non moins définitif, de ces hommes et de ces femmes symbolisés dans mon cortège et dont j’ai parlé plus haut. (…) Je voudrais que mon petit cortège des Halles ne parte jamais tout à fait."

 

 

 

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Je sortis de l’église St Eustache ; déambulant dans  les rues avoisinantes en  repensant  à ce trou béant des Halles photographié dans les années argentiques de mes vingt ans et je restais rêveur un moment devant les étals du marché diurne…Plus tard, de retour dans le Sud, je lirais  le très bel hommage de Gilles Hertzog sur l’un des plus grands sculpteurs du XXème siècle et  du « plus célèbre Anglais de Paris ». 

 

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 « Des fruits et des légumes du cœur de Paris, le 28 fév.1969 »

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"Des fruits et des légumes du cœur de Paris, le 28 fév.1969"
 

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Eglise St Eustache, oeuvre de Raymond Mason
  Paris, octobre 2012. Photographie Louis-Paul Fallot


(1) Raymond Mason, texte écrit pour le catalogue de l'exposition de la Galerie Claude Bernard - Paris 1971.


 
Lien:
à lire, Raymond Mason, piéton de Paris 
un texte d’ Alain Madeleine-Perdrillat sur le site de la Galerie Alain Paire