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10.04.2013

Paysage (Un poème de Baudelaire)

Paysage-PhotosLP Fallot.jpg
Paysage de Provence, Châtreauneuf de Grasse, avril 2013
Photographie Louis-Paul fallot

 

 

Paysage

 

Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers, écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde ;
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d'éternité.


Il est doux, à travers les brumes, de voir naître
L'étoile dans l'azur, la lampe à la fenêtre,
Les fleuves de charbon monter au firmament
Et la lune verser son pâle enchantement.
Je verrai les printemps, les étés, les automnes ;
Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Alors je rêverai des horizons bleuâtres,
Des jardins, des jets d'eau pleurant dans les albâtres,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,
Et tout ce que l'Idylle a de plus enfantin.
L'Émeute, tempêtant vainement à ma vitre,
Ne fera pas lever mon front de mon pupitre ;
Car je serai plongé dans cette volupté

Charles Baudelaire,LXXXVI PAYSAGE
Les Fleurs du Mal

 

 

19.03.2013

Azur (Poème d'avant printemps)

 

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"Azur", un poème d'avant printemps, sur des photos prises à Nice le 18 mars 2013. Une matinée de pluie et puis ce vent qui en début d'après-midi chasse les nuages pour laisser place à un ciel d'azur.
Je n'aime pas le vent, sauf quand...

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28.02.2013

Poème, photos, en hommage

 

La poésie comme respiration, la poésie comme colonne vertébrale, la poésie comme nécessité.

(extrait de la présentation du recueil paru chez Seuil O ma mémoire : la poésie, ma nécessité de Stéphane Hessel, voir plus bas)

 

Lever de soleil-PhotosLP Fallot.jpg
Lever de soleil sur la ville, Cagnes sur Mer le 28 février 2013
Photographie Louis-Paul Fallot

 

 

Quand le front de l’enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l’essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.

Elles assoient l’enfant devant une croisée
Grande ouverte où l’air bleu baigne un fouillis de fleurs,
Et dans ses lourds cheveux où tombe la rosée
Promènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs.

Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés,
Et qu’interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.

Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.

Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupir d’harmonica qui pourrait délirer;
L’enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.

 Arthur Rimbaud, Les Chercheuses de Poux.

 

 

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L'amandier, Cagnes le 28 février 2013, photo Louis-Paul Fallot

 

 

La photographie est aussi pour moi poésie. Je dédie ces  photos (prises ce matin) à Stéphane Hessel, un hommage, un parmi les innombrables dans le monde depuis hier.

Le grand résistant, le déporté à Buchenwald, le diplomate qui participa à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’homme engagé auprès des sans-papiers…l’homme qui aimait la poésie! 

Il  récitait  ses poèmes préférés et en  connaissait  par cœur plus d’une centaine; il  avait publié en 2006, chez Seuil,   O ma mémoire : la poésie, ma nécessité.   On y retrouve Apollinaire,  Rilke, Villon…
Stéphane Hessel en a aussi enregistré et je vous propose de l’écouter sur France Culture dans un poème  d’Arthur Rimbaud, “Les Chercheuses de Poux”.