mercredi, août 31, 2011

A l’ombre (ou la lumière) du platane

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Un texte de Dominique W

 

A l’ombre (ou la lumière) du platane

A quelques heures de mes sept saisons en abstinence (1) , je me suis assis sur un banc à la couleur bleu ciel. Le vent se frayait un passage à travers les feuilles, pour aller se perdre peut être, se poser ailleurs sûrement ou tout simplement mourir contre une façade gris claire d'une vieille bâtisse encore debout malgré les avanies du temps qui passe. Une musique se précisait entre les feuilles, un chant mélodieux passait par un trou au milieu d'un vieux platane.
J'étais assis, heureux, le visage caressé par le soleil, assis au même endroit où dans un temps passé et pas si lointain, je gisais ivre mort.

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vendredi, août 27, 2010

Un arbre près de la rivière

Un arbre près de  la rivière

A Dominique W

 

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Tu  es né au bord d’une rivière.

De ta chambre d’enfant,

Tu pouvais entendre l’eau caressé les cailloux.

 

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mercredi, décembre 17, 2008

Noël 2008

 Un texte de Dominique W

Bougies de NOEL-PhotosLP.jpg

 

NOEL 2008

Je vais me déposer mon cinquième Noël d' Abstinent au pied du Sapin. En 2004, je sortais juste de postcure, 3 mois à Marienbronn, j'étais encore rempli de plein de "tremblements" de mon ancienne vie. Mais, j'étais aussi heureux, heureux comme je ne l'avais plus été depuis de nombreuses lunes.
Comme je l'ai déjà écris, dans l'alcool je ne voyais plus les couleurs. J'avais été surpris de me rendre compte en post cure que le monde était si coloré.
Je voyais et ne broyais que du noir, inlassablement.
J'ai maudit Noël et ce que je percevais comme le triomphe des marchands, associé à une immense "Comédie du Bonheur".J'ai changé.
Non que je sois moins critique sur le cinéma publicitaire, mais surtout que comme pour l'alcool, plus principalement l'Abstinence, j'ai renversé ma pensée. Je prends ce qui me plaît et laisse le reste. Quand je buvais, je n'argumentais ma vie qu'"à charges", je faisais l'inventaire de tout ce qui n'allait pas, uniquement de ce qui n'allait pas, la liste était sans fin et mon désespoir comme ma consommation sans limites.
Alors aujourd'hui dans Noël, je prends ce qui me fait briller les yeux et colorier mon cœur. Dans ma besace, j’ai mes souvenirs de gamin, avec ma sœur, au pied du sapin multicolore, j’ai le regard du gamin face aux lumières, j’ai les contes et les histoires auxquelles je veux continuer à croire, j’ai une idée de la Fraternité que mon passage dans les marécages de l'alcoolisme ont ressuscité, je ressens et vie ma trêve qui n'est pas que des Confiseurs, mais bien plus, à fond.
Arrêter l'alcool, plus précisément faire le choix de l'Abstinence m'a ouvert des horizons, Noël s'inscrit aussi dans cette perspective.
Je n'oublie pas mes Noël douloureux, je ne les nie pas.
Je comprends jusqu'au plus petit des échos ce que je peux lire de l'appréhension, du dégoût de certains pour cette période, je comprends.
Mais pour ma part, je témoigne de mon jour, de mon heure, et de l'Espoir au bout de la nuit infernale qu'a été mon alcoolisme.
Je dis juste:

"Croyez en l’Abstinence, bâtissez la, construisez la, faîtes en des plans. Si l'alcool vous a trahi jusque dans votre plus profonde intimité, l’Abstinence ne vous décevra pas, pour peu que vous la nourrissiez de vos joies, vos espoirs, vos amours, vos envies de vivre. Bien sûr le chemin n'est pas facile, mais inventez vous une Etoile, mettez y le regard de votre femme, de votre fille ou fils, les rires de vos proches, ce que vous émeut et ne la lâchez pas des yeux, tracez votre route et rien ne vous arrêtera !"

Boules de NOEL-PhotosLP.jpg

 

Voilà pour cette année, je vais à Midi faire un tour au Marché de Noël, en pensant à vous, à ceux qui ne peuvent pas s'y rendre, j’accrocherai comme chaque année à chaque boule bleue, verte, jaune, rouge. Votre espoir d'être Abstinent, dans l'espoir que l'an prochain vous alliez voir votre sapin et que vous puissiez y accrocher vos propres boules.
Cette année, j’accrocherai au plus beau et plus haut des sapins, une boule multicolore pour me souvenir de Dominique Autié, parti rejoindre sur son traineau le Ciel, parce que cet homme, un jour, au détour du net a éclairé aussi mon Chemin. Qu'il en soit indéfiniment remercié, puisque seul l'indéfinissable nous réunit maintenant.

A tous, Fraternellement.

JOYEUX NOEL

Dominique W

dimanche, août 31, 2008

Alcoolisme abstinent

Je reproduis  sur ce Blog et avec son accord, un deuxième texte de Dominique W. "Du fond du trou".

 Vous pourrez lire ce texte à la suite de cette Note rédigée en commun.

 

Nous avions publié un partage de Mots et Photos  ici même le mercredi 9 avril 2008, qui avait retenu une attention particulière et de nombreux messages.

Dominique W et moi avons fait connaissance en nous rendant sur le Blog de Dominique Autié.

Il nous manque, à tous les deux, à  beaucoup d’autres internautes  comme en témoignent  les écrits lus, ici et là sur la Toile.

Mais il manque certainement encore plus à toutes celles et ceux qui venaient, dans sa rubrique  Alcoolisme abstinent de  son Blog chercher soit un début d’espoir, soit la force de poursuivre leur  chemin, celui  de l’abstinence heureuse.

Nous nous inscrivons dans la fraternité qu’il définissait si bien, qu’il vivait si justement, nous continuons nos vies, ainsi nous témoignons pour l’Espoir, tout en lui rendant hommage.

C’est le sens de cette publication.

Dominique W et Louis-Paul, 

Août 2008.

 

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PhotosLP

 

mercredi, avril 09, 2008

Et au milieu coule une rivière....

 

Il s’appelle Dominique et  dépose  souvent des commentaires chez un autre Dominique, celui que vous pouvez retrouver en lien dans ma rubrique « Envie de Blog » ci-contre.

Il n’a pas de Blog – à ma connaissance- mais il écrit de très beaux textes.

« (… )si tu te demandes où je vais chercher ce que j'écris, je te répondrai : au même endroit que les ignominies que je sortais quand je buvais – dans mes neurones. La différence est que je n'arrose plus mes fleurs cérébrales avec du désherbant. »  Extrait de Lettre aux sceptiques par Dominique , abstinent pratiquant, publiée sur le Blog de D.Autié le 10 août 2007.

Un jour récent, il a déposé un texte en « commentaire «  de ma Galerie photos. Une phrase introduit son texte: « Je viens de voir une merveilleuse photo, une rivière dans la région nantaise .La même .... »

J’aime la rencontre entre Mots et Photos. Et par les miracles de cette Nouvelle Vie, j’ai eu et ai toujours la chance de faire de belles rencontres.

Aujourd’hui, je suis heureux, avec l’accord de Dominique W,   de publier son texte illustré de quelques uns de mes clichés, que nous avons choisis parmi des photos que vous pouvez retrouver sur mes autre Blogs (PhotosLP et  Saison 2 ).

Enfin,  celles et ceux qui me connaissent un peu où qui ont lu mes textes de Nouvelle Vie (notamment un de février 2007) ne seront pas surpris de la publication de cette Note un  mercredi.

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ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE... 

Et au milieu coule une rivière....

Je suis né au bord d’une rivière. De ma chambre d’enfant, je pouvais entendre l’eau caressé les cailloux. Cette mélodie m’a toujours accompagné où que je sois sur cette Terre.

Et au milieu coule une rivière......

Alors que je me noyai dans un océan d’alcool, chaque jour ma tête remontait difficilement au dessus des flots de mes désastres, au bord de mon oreille soufflait encore un peu du bruit de la rivière.
En ce temps là, à demi mourant, ma tête était incapable de sortir de la confusion. Aucune idée, aucune pensée ne se trouvait blanchie du sceau de la confusion. Je devenais fou.
Ma femme ne m’aimait plus, mes parents m’avaient encore une fois abandonné, mon travail était perdu, ma vie ne se résumait qu'à une longue logorrhée incompréhensible aussi bien pour moi que pour les autres.
L’aube n’avait pas tenue sa promesse, mais c’était pire que ça, le crépuscule pointait son nez, je n’avais pourtant même pas 38 ans....
Alors, le soir je m’accrochai pour trouver quelques minutes de sommeil au flots de la rivière, je descendais  transporté ailleurs, loin de mon alcoolisme, loin de moi.

 

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Et au milieu coule une rivière....

Alors que je gisais la tête dans l’eau, les cailloux balayés par l’eau rentraient petit à petit dans mon être. Je m’enterrai de l’intérieur.
L’alcool avait la particularité de vous faire assister chaque jour à votre enterrement, les yeux grands ouverts vous regardez coincé dans le cercueil de votre impuissance la cérémonie, ce n’était même pas une marche funéraire.
Un oiseau vint se poser au creux de mes lèvres dégageant lentement les cailloux. Il  retira une parcelle de vie et l’emmena survoler la rivière.

Dans le bec de l’oiseau, je vis ma terre d’alcoolisme. Une terre aride, brûlée, couleur ocre et grise, où erraient des êtres décharnés au regard vide et hagard.

 

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Et au milieu coule une rivière....

L’oiseau survola en tout sens ce territoire, mon territoire à jamais.
Il me déposa au sommet d’un plateau, à la frontière. Ma frontière.
Au pied d’un arbre bleu, assis sur une mousse verte, un aigle multicolore me parla:


"Vois tu, je t’ai fais survoler ta vie d’alcool. Veux tu continuer à vivre ainsi ? Cesse de geindre et suis le cours de l’eau.
As tu remarqué que ta rivière traverse aussi bien ton alcoolisme, qu' elle a traversé tous tes instants de bonheurs, et qu' elle traversera ton avenir et ce que tu en fera. Tu es surpris mais le sens Arlequin est là.
"et au milieu coule une rivière" n’est pas le bruit de la rivière de ton enfance, pas que cela. C’est la rivière qui coule en toi, celle qui t’as accompagné jusqu' à tes terres désastreuses et sans vie. C’est tout à la fois. Ton passé, ton présent et ton avenir, il te faut recevoir et accepter ta vie dans son ensemble comme le fais ta rivière. La rivière traverse les pires contrées mais elle ne s' y arrête pas, pourquoi ne pas la suivre ?
ne reste pas là mais sache que ce territoire en toi existe et garde le souvenir de la douleur que tu as eu à y séjourner pour ne pas y revenir.
Songe aux indiens et à leur énergie à délimiter les territoires des morts pour ne pas s' y égarer. Ton alcoolisme est un territoire de Morts, quitte le et va vivre."

Je quittai l’Aigle multicolore. Il me laissa en souvenir mon surnom Arlequin.

 

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"Et au milieu coule une rivière"

Chaque soir au coucher, je prononce à voix basse "et au milieu coule une rivière" et je descends dans un sommeil de Vie rejoindre des contrées colorées où une brise légère caresse la joue des enfants pour que plus tard, ils n’oublient jamais cette promesse et ce don qu’est le souffle d’une Vie, sa légèreté et son extrême fragilité.

Dominique W