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jeudi, 23 janvier 2014

Deux écrits pour une photo

Deux  écrits pour une photo

Comme je l’ai déjà fait avec d’autres belles plumes, voici  les textes de  Tiphaine et Didier qui ont chacun écrit à partir de l’une de mes photos que je leur avais transmise (sans bien sûr aucune légende). Merci à eux.

 

Homme de…

 

Je suis un homme de papier, Je te regarde, droit dans les yeux, je n'ai aucun secret pour toi. Tu peux me détailler, rien ne s'y oppose, Tout est là, fléché, tu n'as qu'à suivre le sifflet. Repos. Je suis un homme de papier, Tu peux me porter, me prendre, me froisser, me déchirer, Je te regarde, droit dans les yeux, je n'ai aucun secret pour toi. Je suis l'homme que tu ne seras jamais, Je n'ai besoin d'aucun artifice, aucun habit, même, Je suis tout ce que tu veux que je sois : Pour toi animal, tendre, sauvage, autoritaire même si tu veux. Repos. Je peux être celui qui te protège, Te séduit. Je peux être qui t'attire, Te nargue de sa morgue. Et celui qui te suit, toujours le suis. Tu crois que c'est toi qui me regardes Mais tu ne vois que du papier, Homme de peu de poids...

 

Tiphaine Touzeil

 

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6 574 jours

 

Je lui avais dit rendez-vous à l’arbre violet mais je n’avais pas pensé que ce serait boueux à ce point. Je suis arrivé en avance, une vieille habitude prise depuis ce jour-là. Le temps de m’extirper de la voiture, mains moites, tempes en sueur, jusque dans le dos parfois. Mais pas là. Pas aujourd’hui. Il est arrivé en retard et nous avons roulé quelques instants. Ce n’était pas facile de se frayer un chemin, et on virait de droite, de gauche. Je n’étais pas certain de pouvoir tenir le rythme. C’est à l’ornière suivante, gorgée d’eau, que j’ai décidé de le lui annoncer. Je l’ai regardé. J’ai sorti la photo de ma poche. Je la lui ai tendue. Il a regardé, longtemps. M’a regardé. A de nouveau regardé la photo, sourcils froncé. Puis il a vu mon sourire. Il a failli tomber de sa chaise. Il ne m’avait quasiment jamais vu sourire et j’étais moi-même assez stupéfait pendant qu’il reprenait place. 

- Je ne pleure plus, je lui ai dit. Ca s’est arrêté, d’un coup. Trente ou quarante fois par jour, je la regarde sa photo et quasiment tout le temps je pleure. Enfin je pleurais. Et hier, ça s’est arrêté. D’un coup. J’ai regardé encore plein de fois. Mais ça ne pleurait plus. Je ne pleurais plus. Il s’est mis à pleurer en retour. Je ne m’y attendais pas. Tout à mon bonheur trouvé, je n’avais pas pensé à sa réaction. Mais il dit aussitôt, je suis heureux, Eric, je suis heureux. Pour toi. Pour moi aussi, depuis le temps que j’attendais ça. Tu sais que je compte les jours ? Tous les jours ? Tu sais combien de temps ça fait ? Je ne le savais pas. 6574 jours ! 6 574 jours !!! Je n’en revenais pas. J’avais mis 6 574 jours à accepter que jusqu’à la fin de mes jours, je serais handicapé, coincé dans ce fauteuil roulant, que jamais je ne remettrais mes baskets, que jamais je n’aurais l’allure d’un rutilant gaillard issu d’un boys band. 6574 jours à refuser l’accident, qui pourtant tournait chaque nuit dans mes rêves. Sauf hier où tout s’était arrêté. Je pouvais repartir d’un bon pied. Façon de parler.

Didier Jacquot
 

 

Liens :

 

Le blogue de Tiphaine:  À présent (parce ce que c’est)

Le blogue de Didier: Un carnet bleu – du bleu de toutes les couleurs.

Photographie Louis-Paul Fallot

 

 

jeudi, 09 mai 2013

La bibliothèque d’Héléna

 

« J’aimerais faire une note commune sur mon blog sur l'amour des livres que nous partageons!  Pour cela je propose que chacun prenne quatre à cinq photos de sa bibliothèque ou de sa table de chevet ou autre et avec deux petites qui  phrases parlent de ce que les livres sont dans sa vie... »

En répondant positivement à ce courriel, je ne doutais pas que ces partages feraient l’objet d’un beau billet .Mais le résultat m'a pourtant surpris ce matin. C’est riche, très riche, en mots et en photos et croyez-moi, il y a de l’émotion dans la grande bibliothèque que nous propose Héléna

Sa Note est belle comme un beau livre !

Mais je vous laisse découvrir « Pour l’amour des livres ».


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samedi, 27 octobre 2012

Un blogue comme un village

 

 

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Méailles, Alpes de Haute-Provence, 2012 - Photo Louis-Paul Fallot

 

C’est Patriarch, qui a déposé le 10 000ème commentaire sur ce blogue le 20 octobre et sur ma note qui évoquait cette « atmosphère » particulière » que je retrouvais en me promenant   le long du Canal St Martin.  C’est un habitué  « des lieux »  et c’est  réciproque, c’est toujours avec un grand plaisir que je  lis ses billets sur son blogue « De l’aurore au crépuscule ».

A travers lui, je veux aussi remercier tous les visiteurs de ce blogue qui s’arrêtent un instant pour déposer ici quelques mots.

Cette semaine, je me suis rendu compte que même en publiant une Note quotidienne, je n’arriverais jamais à évoquer tous les sujets qui me traversent l’esprit et, finalement c’est bien ainsi. Car je les retrouve souvent sur d’autres blogues et à chaque fois que je le désire, je peux y déposer quelques mots. C’est cela qui  différencie  les blogues des autres sites Internet et c’est aussi pour cela que je continue ce « Carnet ».   Vous avez dit Partage! Comme dans un village où il est bon d’échanger quelques mots sur la place ou sur le pas d’une porte.  

Allez bonne fin de semaine, et un petit cadeau pour  Walter et vous tous.

 

mercredi, 06 octobre 2010

La fenêtre dans un mur

 Les maisons sont comme les gens, elles ont leur âge, leurs fatigues, leurs folies. Ou plutôt non: ce sont les gens qui sont comme des maisons, avec leur cave, leur grenier, leurs murs et, parfois, de si claires fenêtres donnant sur de si beaux jardins.  Christian Bobin (Isabelle Bruges)

 

  

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La fenêtre dans un mur éclaire notre intérieur et chauffe le cœur. Un texte de mon ami Robert écrit début septembre et qu’il m’envoie après avoir vu ma Note du 1er de ce mois publiée à l’occasion du Défifoto. Coïncidence m’écrit-il… Pas sûr Robert; partage en tout cas en ce mercredi. A bientôt de te voir.

 

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La fenêtre dans un mur

Si tu découvre que ton cœur est triste, que doucement il s’assombrit.

Ne le laisse pas en pierre se transformer, essaie, cherche et trouve une solution,

 

Comme pour les vieux murs qui ne voyaient plus rien, de pierres dures construits.

Ouvre une brèche, une fente, une baie, laisse entrer la lumière.

Tu sentiras alors les rayons chauds du soleil, lumineux, vivifiants,

La clarté de la lune, de ses diverses formes et de son croissant,

 

Les troupeaux de blancs nuages qui se multiplient à l’infini, allant de-ci de-là.

La pluie qui tombe goutte à goutte ruisselante et cinglante,

Le claquement de tonnerre qui zèbre le ciel de ses éclairs.

Les étoiles mystérieuses là-haut au fond du firmament.

 

Et, joie sublime, tu verras autant entrer que sortir toutes les choses de la vie,

Ouvrir la fenêtre de son cœur sera lui donner de l’air, mais aussi l’empêcher de se durcir.

Voir et vivre encore cette vie qui n’a de cesse que de vouloir exister.

Même là ou l’on croit que plus rien n’existe, La lumière est, il faut la faire entrer.

                                                                                 

 Robert de Nice, 6 septembre 2010

 

 

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Méailles, Haute-Provence...septembre 2010

PhotosLP Fallot