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20.11.2014

Récit d’un week-end (PhotoMenton 2014)

Menton: sa baie, ses citrons, Ulysse, Cocteau et...le Palais de l'Europe!
Récit d'un week-end au Festival PhotoMenton.




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Menton, novembre 1014-  Photographie Louis-Paul Fallot

 

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Vendredi : Tout commence par une question de centimètres voire millimètres : Escabeau, crayon papier, petite vis et tournevis…Certains ont même un niveau laser. Moi, j'ai beaucoup de chance, la préparation a été pensée depuis un bon moment et j'ai de l'aide pour m'aider à cet accrochage. Un grand merci à Catherine et à Michel qui m'ont aidé à préparer cette édition 2014 de PhotoMenton.
La présentation des panneaux s’est professionnalisé au fil des éditions de PhotoMenton et comme le Palais de l’Europe a été rénové, le tout a vraiment belle allure. Avant de partir en ce vendredi veille d’ouverture, un rapide coup d’œil  sur les autres stands et un constat, il y a beaucoup de photographies en noir et blanc cette année. Beaucoup d’exposantes également. Et déjà, des premiers "coup de cœur"...

 

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Samedi  matin:  Le temps est exécrable sur la Côte d’Azur d’ailleurs en alerte orange, il faudra attendre l’après-midi pour voir arriver les visiteurs en nombre.
On en profite pour faire le tour des panneaux, retrouver avec plaisir des connaissances et en faire de nouvelles.

 

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Samedi après-midi: Le Palais de l'Europe se remplit, l'estrade aussi avec le début des ateliers (ouverts à tous) qui rythment le Festival sur la pratique de la photographie.
Sur le stand des éditions Baie des Anges, on peut aussi préparer ses cadeaux pour les fêtes de fin d'année avec des livres  dont beaucoup sont illustrés de photographes présents.
Le Président de l’HAMAP précède le Député Maire de Menton dans la visite des stands en début de soirée. Puis ce sera l’ouverture officielle du Festival, les discours et une image bouleversante  figée sur l’écran géant : Lucien Clergue en pleine conversation avec Hervé sur son stand ; c’était en 2010.

 

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Dimanche matin:  Après les déluges d’hier, le beau temps est revenu sur la Côte d’Azur, juste du vent et une grosse houle…Tout le monde est content, les « marathoniens » de PhotoMenton, les exposants, les visiteurs…les mouettes aussi bien sûr !


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Dimanche après-midi:
Beaucoup de monde en début d’après-midi, des amis venus de Nice et avec qui on passe un bon moment, une dame qui s’arrête  – visiblement émue – devant le portrait de Noëlle Perna, un monsieur qui reconnait Daniel Fillod qu’il n’a pas revu depuis trente ans, un couple qui me parle de Nivèse…D’autres évoquent leur envies, leurs projets, demandent un renseignement précis sur le photographe ou sur une photographie…Des tranches de vie que l’on vous racontent, qui sont remontées d’un regard sur l’un de vos agrandissements, c’est aussi cela une exposition  photo et c’est émouvant, enrichissant !

Oui, PhotoMenton, c’est le temps du partage. Partage entre exposants, partage avec les visiteurs et aussi partage sur les réseaux sociaux…Avec des images car  on photographie aussi beaucoup à Menton durant le Festival !

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PhotoMenton 2014-Photographie Louis-Paul Fallot





Fmenton,palais de l'europe,photomentonin du 1er week-end mais comme le titre le quotidien Nice-Matin qui consacre une pleine page au Festival dans son édition du 16 novembre:

"PhotoMenton : souriez, çà vient de commencer!"



 

 





24.09.2014

Un 23 septembre

 

 

Anthem-PhotosLP Fallot.jpg

 

Sonnez les cloches qui peuvent encore sonner
Oubliez vos offrandes parfaites.
Il y a une fissure en toute chose.
C'est ainsi qu'entre la lumière.  (1)

Il y a en a sur ce blogue  une série de textes  publiés les 23 septembre et cela   durant plusieurs années. Comme je l’ai écrit en introduction de la page qui les présente,   ce sont des mots  qui se veulent témoignage et espoir.  Il y a aussi ce  long billet « Bâtir notre cathédrale » et qui parle de résilience. Il y a  enfin des  écrits de mes amis  et qu’avec leur accord j’ai publié sur ce site. 

 

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16.08.2014

Trois écrits pour une photo

 

Pendant la pause de ce blogue et alors que j’étais vraiment  déconnecté , trois de mes amis blogueurs dont j’apprécie  le talent d’écriture ont accepté de  plancher  sur l’une  de mes photographie. J’ai à mon retour  ramassé les copies de ces devoirs de vacances et je vous les propose ci-après.
Merci à Claudio, Tiphaine et Didier;  à toutes et tous de  bonnes lectures que vous pourrez prolonger en visitant leurs blogues.

 

 
3 textes pour 1 photo.jpg

 

 

Extra-vivants  par Claudio

écrits,photo,partage,claudio,tiphaine,didierLe temps passe et l'illusion des couleurs aussi.
Ils croyaient leur monde solide et coloré, il était noir et blanc, pire que noir et blanc, même. Il était gris, gris sale, gris fade, grisâtre. Le noir et blanc encore, ça se fritte de temps en temps, ça sent bon le manichéen primaire, le tout ou rien et la colère tranchante et bienfaitrice. Mais, le gris, c'est mort, c'est lent, lentement mort. Moribond depuis toujours. L'inertie rampe gris.

A force d'effeuiller la marguerite au ras des pâquerettes, ce sont les pissenlits qu'ils côtoyaient et la pierre tombale qu'ils dessinaient. Bon sang, il a fallu qu'ils se rencontrent ces deux-là ! Aussi limace l'un que l'autre ! Asexués, exsangues et mollassons, ils passent immobiles. Vieux de naissance, accouplés par hasard, ils n'ont jamais trouvé ni clé, ni serrure pour engendrer une descendance, une déliquescence, devrait-on dire, et c'est tant mieux. On les aurait accouplés à un meuble, ils y seraient encore fidèles. Aussi, lorsque le promoteur vint leur proposer le rachat de leur bicoque en meulière afin d'y implanter un complexe commercial, ils ne dirent pas oui, ils ne dirent pas non. Rien, ils continuèrent à prendre le chemin du cimetière sans être perturbés. On fit tout ce qu'il était possible de faire. Toutes les autorités administratives et judiciaires s'en mêlèrent. Les médicales furent appelées au secours et la famille éloignée et oubliée, aussi. Rien n'y fit. La compréhension même de l'opération semblait leur échapper. Insensibles à la carotte comme au bâton, ils végétaient sur un terrain qui valait de l'or. Morne plaine et morne vide, au potentiel pépite.

Alors, en désespoir de cause, la complicité de certains et la neutralité des autres poussèrent le rouleau compresseur. On aplatit tout ça. Personne ne s'en plaignit. Et, on coula la dalle de béton. Pavillon et limaces s'agglomérèrent sans difficulté. Ils ne manqueraient à personne et la pierre tombale était gratuite. Coulés les coulants ! Ecroulés les dégoulinants !
Faut faire marcher le commerce et c'est pas deux mollassons hermaphrodites qui vont nous empêcher d'œuvrer pour l'humanité.
L'euthanasie d'utilité publique devait s'appliquer aux végétaux qui s'étaient trompés de case. L'humain, c'est du vivant vivant, ou alors, qu'il ait affaire à la bétonnière... en toute discrétion. Non mais !"

 

Servitude volontaire  par Tiphaine

écrits,photo,partage,claudio,tiphaine,didierOn peut pas s’échapper, de toute façon, on peut pas s'échapper d'un endroit comme ça, t'auras beau mettre les chaines, placer les barrières empiler cadenas verrouiller double tour, on ne peut pas s'échapper d'un endroit comme ça.

Toi, tu sais pas, tu dis je vais faire un tour et tu dis je pense à ramener du pain mon cœur et tu fais comme si le cœur pouvait faire les courses tu sais pas qu'il peut faire beaucoup de choses le cœur mais ramener les courses il sait pas faire, tu sais pas mais tu dis quand même, tu parles du temps qu'est beaumochegrispluvieux puis tu dis je vais prendre le vélo ça me fera prendre l'air et puis c'est bon pour la planète et si c'est bon pour la planète alors c'est bon pour toi c'est sûr vu que tu fais partie de la planète toi, toi et ton cœur qui pense… à ramener le pain.

On peut pas s’échapper, de toute façon, on peut pas s'échapper d'un endroit comme ça, t'auras beau mettre les chaines, placer les barrières empiler cadenas verrouiller double tour, on ne peut pas s'échapper d'un endroit comme ça.

Alors tu prends ton beau vélo tout beau, t'as qu'à suivre les flèches c'est facile, mais c'est qu'y a beaucoup de monde ohlala y'a du monde quand même c'est que ça doit être bien, la fille sur l'affiche géante te sourit, t'es beau tu sais, la fille a la bouche cachée un peu on la devine sa bouche t'es beau tu sais et c'est qu'elle te mangerait bien le paquebot, t'as une tête aussi et qu'elle est belle ta tête t'as vu comme la fille te sourit, tu rentres dans le centre commercial et ça brille de partout ça clignote c'est la fête y'a de la musique et même des filles nues, enfin presque nues t'as cru qu'elles étaient nues mais c'était pour du faux tu sais c'est comme pour le coeur, il ramène pas le pain.

On peut pas s’échapper, de toute façon, on peut pas s'échapper d'un endroit comme ça, t'auras beau mettre les chaines, placer les barrières empiler cadenas verrouiller double tour, on peut pas s'échapper d'un endroit comme ça. Mais toi tu sais pas, tu dis "je vais faire un tour" et double tour dedans encore tu te retrouves. On ne peut pas s'échapper d'un endroit comme ça.

 

Le fil d'Oriane   par Didier

écrits,photo,partage,claudio,tiphaine,didierUne robe de cuir comme un fuseau / Qu´aurait du chien sans l´faire exprès / Et dedans comme un matelot / Une fille qui tangue un air anglais / Ces mains qui jouent de l´arc-en-ciel / Sur la guitare de la vie / Et puis ces cris qui montent au ciel / Comme une cigarette qui brille / My daisy, daisy, daisy, désirable / Je suis malheureux d'avoir si peu de mots / A t'offrir en cadeaux / Darling I love you, love you, darling I want you

 Il fallait tendre l'oreille par-dessus les coups de marteaux et les machines qui dézinguaient béton et métal et pétaradaient sans vergogne de l'autre côté de la porte pour entendre l'étrange sifflement qui mêlait deux chansons sans le savoir.
Il fallait aussi profiter d'un joli concours de circonstances côté circulation alentour. Le Boulevard Kennedy était arpenté de tôt à tard, parfois de fort tôt à très tard.

Pour eux, chaque matin, la course de VTT finissait devant la grille. Ils y déposaient leurs montures. Vincenzo arrivait le premier la plupart du temps, ti-shirt jaune, lui qui venait du Chemin de la Minoterie. Bon second, Thibault déboulait du Chemin des Petits Plans. Ils pédalaient allègrement, arrivaient essoufflés, pressés, ou plutôt impatients surtout s'il fallait attendre l'autre lorsqu'ils n'arrivaient pas en même temps.
Ils reluquaient alors pendant quelques instants celle qu'ils avaient appelée Oriane, à la recherche du temps perdu, belle au bois dormant, fleur d'or, de vent, fille du ciel aux contours dorés.
Puis ils pénétraient dans l'enceinte interdite au public pour le moment. Réservée aux gars du bâtiment pour l'instant. Ils construisaient ce qui allait prochainement devenir un temple de la consommation quatre étoiles, de ces lieux qu'ils ne fréquenteraient pas avec leurs trous dans les poches au quinze du mois. Et ils s'en fichaient.
Ils aimaient ces matins de retrouvailles avec la belle, ces journées de bon cœur et c'est presque en lui tirant une révérence, peut-être même pour de bon la faisaient-ils cette révérence, qu'ils repartaient le soir avant la plupart du temps d'honorer leurs dames au couchant, plus souvent que d'ordinaire en tout cas, tout cela à cause d'une affiche alors qu'elles mettaient sur le compte du printemps la vitalité retrouvée de leurs amants.
Une robe de cuir comme un fuseau / Qu´aurait du chien sans l´faire exprès / Et dedans comme un matelot / Une fille qui tangue un air anglais (…) Avec ton air canaille, canaille, canaille / How can I love you. C'est cela qu'ils sifflaient. Sur l'air de Charles. En pensant à Léo. Ou vice versa.