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16.08.2014

Message subliminal

Ajouté le 31 août 2014...
Les commentaires sont ouverts sur la Note précédente.

 

Message subliminal par Louis-Paul

Le temps passe,  l'illusion des couleurs aussi  mais on ne peut pas s'échapper d'un endroit comme ça. Alors, ils reluquaient pendant quelques instants, à le recherche du temps perdu. 

Le temps d’un noir et blanc d’un hiver passé ou sa  version colorisée d’un  actuel été ? Si la ville change  là-bas  de l’autre côté du croisement, elle reste  immuable ici dans la rue pavée. Paradoxe des histoires, une histoire pas toujours facile à raconter : à deux pas de la  modernité, le passé des négriers !
On arpente la ville en évitant les chantiers qui d’année en année la transforme en un vaste domaine piétonnier. Mais "La forme d’une ville" reste repérable pour celui qui y est presque né. Faut dire qu’ici, on modernise sans effacer l’histoire. Derrière, Titan, la grue des Chantiers, devant, la tour d’un Lieu Unique, un peu plus haut une autre tour nommée Bretagne, ici le voyage est balisé. Et ce n’est pas Anne qui vous diras le contraire, ici de pays de Loire, il n’y a que le fleuve, le reste est pur breton!

Allez, on enlève les barrières même si la pub en bas fait mentir les promoteurs. C’est habité au-dessus et d’un balcon, c’est comme si  j’entends chantonner "vive  la mouette et l’ajonc".

Voilà un  petit texte et un cliché; il ne pleut pas sur Nantes et c’est  pris spécialement pour vous remercier: Claudio, Tiphaine et Didier et aussi tous mes lecteurs : Bons baisers de Naoned.

 

Nantes-été2014 -PhotosLP Fallot.jpg


12.02.2014

Pêcheur




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Pêcheur_PhotosLP Fallot (5).JPG



Un jour, finir pêcheur,

Que personne s'en souvienne,
L'écrive ou le dise,
Vider sa valise
Et brûler les journaux,
Les tapis, les photos,
Sans rien vouloir apprendre
Pour que les enfants sachent
Qu'on va quelque part
Quand on oublie tout,
Qu'on oublie les coups,
Qu'on déplie, qu'on secoue,
Que la folie s'attrape,
Qu'on déchire la nappe,
Maladie tout à coup
Que tu portes à ton cou
Comme un collier de fleurs,
De larmes et de couleurs.
Un jour, finir pêcheur,
Mollusque divin,
Peau de parchemin.

Gérard Manset (Extrait de Finir Pêcheur)

 

 

 

 

 
Pour plein de raisons, je voulais me rendre au Cros ce matin. J’y ai rencontré ce pêcheur qui réparait ses filets ;  je l’ai observé un moment avant de lui demander l’autorisation de prendre quelques photos. Il a dit oui et continué à travailler, sans beaucoup parler, juste répondre poliment à quelques questions.

Je le comprends et sans doute il y a encore quelques temps, je l’aurais remercié sans autre forme de partage. Aujourd’hui, j’ai parlé, évoqué ma famille, celle des pêcheurs de Douarnenez. Je lui ai dit que j’aimais venir ici, parce qu’il y avait ce port et eux les pêcheurs, eux qui me rappellent ceux de ma ville natale et dont  je ne lasse jamais d’entendre les histoires  par ma Maman.

 

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J’ai quitté le port et suis entré dans l’église, celle des pêcheurs, face à la mer. Lieu de calme, croyant ou non ;  j’avais à parler aussi  mais en silence.


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Ensuite, j’ai marché le long du bord de mer,  apaisé. Beaucoup de choses se mêlent en moi  en ce lieu du Cros de Cagnes : Des choses d’amour, de joies et aussi de souffrance,  d’une souffrance que l’on ne peut nommer. Des choses d’hier et d’aujourd’hui, des pensées personnelles et interpersonnelles. 

Ce billet est dédié.

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 Photographies  et texte (sauf italique) Louis-Paul Fallot  le 11 février 2014


23.01.2014

Deux écrits pour une photo

Deux  écrits pour une photo

Comme je l’ai déjà fait avec d’autres belles plumes, voici  les textes de  Tiphaine et Didier qui ont chacun écrit à partir de l’une de mes photos que je leur avais transmise (sans bien sûr aucune légende). Merci à eux.

 

Homme de…

 

Je suis un homme de papier, Je te regarde, droit dans les yeux, je n'ai aucun secret pour toi. Tu peux me détailler, rien ne s'y oppose, Tout est là, fléché, tu n'as qu'à suivre le sifflet. Repos. Je suis un homme de papier, Tu peux me porter, me prendre, me froisser, me déchirer, Je te regarde, droit dans les yeux, je n'ai aucun secret pour toi. Je suis l'homme que tu ne seras jamais, Je n'ai besoin d'aucun artifice, aucun habit, même, Je suis tout ce que tu veux que je sois : Pour toi animal, tendre, sauvage, autoritaire même si tu veux. Repos. Je peux être celui qui te protège, Te séduit. Je peux être qui t'attire, Te nargue de sa morgue. Et celui qui te suit, toujours le suis. Tu crois que c'est toi qui me regardes Mais tu ne vois que du papier, Homme de peu de poids...

 

Tiphaine Touzeil

 

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6 574 jours

 

Je lui avais dit rendez-vous à l’arbre violet mais je n’avais pas pensé que ce serait boueux à ce point. Je suis arrivé en avance, une vieille habitude prise depuis ce jour-là. Le temps de m’extirper de la voiture, mains moites, tempes en sueur, jusque dans le dos parfois. Mais pas là. Pas aujourd’hui. Il est arrivé en retard et nous avons roulé quelques instants. Ce n’était pas facile de se frayer un chemin, et on virait de droite, de gauche. Je n’étais pas certain de pouvoir tenir le rythme. C’est à l’ornière suivante, gorgée d’eau, que j’ai décidé de le lui annoncer. Je l’ai regardé. J’ai sorti la photo de ma poche. Je la lui ai tendue. Il a regardé, longtemps. M’a regardé. A de nouveau regardé la photo, sourcils froncé. Puis il a vu mon sourire. Il a failli tomber de sa chaise. Il ne m’avait quasiment jamais vu sourire et j’étais moi-même assez stupéfait pendant qu’il reprenait place. 

- Je ne pleure plus, je lui ai dit. Ca s’est arrêté, d’un coup. Trente ou quarante fois par jour, je la regarde sa photo et quasiment tout le temps je pleure. Enfin je pleurais. Et hier, ça s’est arrêté. D’un coup. J’ai regardé encore plein de fois. Mais ça ne pleurait plus. Je ne pleurais plus. Il s’est mis à pleurer en retour. Je ne m’y attendais pas. Tout à mon bonheur trouvé, je n’avais pas pensé à sa réaction. Mais il dit aussitôt, je suis heureux, Eric, je suis heureux. Pour toi. Pour moi aussi, depuis le temps que j’attendais ça. Tu sais que je compte les jours ? Tous les jours ? Tu sais combien de temps ça fait ? Je ne le savais pas. 6574 jours ! 6 574 jours !!! Je n’en revenais pas. J’avais mis 6 574 jours à accepter que jusqu’à la fin de mes jours, je serais handicapé, coincé dans ce fauteuil roulant, que jamais je ne remettrais mes baskets, que jamais je n’aurais l’allure d’un rutilant gaillard issu d’un boys band. 6574 jours à refuser l’accident, qui pourtant tournait chaque nuit dans mes rêves. Sauf hier où tout s’était arrêté. Je pouvais repartir d’un bon pied. Façon de parler.

Didier Jacquot
 

 

Liens :

 

Le blogue de Tiphaine:  À présent (parce ce que c’est)

Le blogue de Didier: Un carnet bleu – du bleu de toutes les couleurs.

Photographie Louis-Paul Fallot