vendredi, 15 juillet 2022
Coup de coeur pour un livre
J’ai beaucoup aimé ce livre Héritage. Le roman de Miguel Bonnefoy – qui a reçu le Prix des Libraires 2021 – raconte la saga d’une famille franco-chilienne sur quatre générations, de la première guerre mondiale à la dictature de Pinochet.L’histoire d’une famille sur fond de la grande Histoire du monde !
« Une fable addictive, poétique et humaniste. »( Les échos.fr).
Un extrait du livre pages 154/155, édition Rivages Poche.
"Quand Ilario Da lui demandait où se trouvait ce pays de merveilles, Aukan pointait la bibliothèque derrière lui et s’exclamait avec un mouvement exalté :
- Ce pays est dans les livres.
Ce fut lui qui alphabétisa l’enfant, d’abord en mapuche, car il s’agissait selon lui de la première grammaire, puis en espagnol, le jour où il constata que sa vivacité d’esprit pouvait contenir aisément une langue ancienne et une autre récente. Ilario Da put rapidement tracer des lettres sans trembler, à l’aide d’une plume d’oie vierge et d’un encrier d’ivoire, avec une déférence religieuse. Quand il eut fini d’écrire son premier mot, il le lut à voix haute, avec un geste déclamatoire : Revolución. Il se cloîtra dans sa chambre pour le reproduire en grand, sur plusieurs feuilles différentes, tachant à l’encre noire tous les tapis, remplissant des cahiers de ces dix lettres prophétiques qui n’avait pas encore à ses yeux le triomphe qu’elles auraient bientôt. Ces pages, aux caractères maladroits et gigantesques, furent conservés par Margot dans un petit carton rouge qu’elle rangea à l’étage de la fabrique, sur une étagère de la chapelle de Lazare, jusqu’à ce que vingt ans plus tard la dictature les tirât de l’oubli."
Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : livre, héritage, miguel bonnefoy, rivages poche | 17:21 |
Facebook |
Imprimer
dimanche, 01 septembre 2019
Les "mots" d"Anne Sylvestre
Annne Sylvestre qui vient de publier l’intégralité de ses chansons – pour petits mais aussi pour les grands- nous livre un premier livre autour des mots .Parmi eux « coquelicot » qui occupe une place particulière sur ce blogue. Un livre à lire, à s’offrir et à offrir. Rien de mieux que de lire la quatrième de couverture, d'en lire quelques extraits pour, je pense comme moi tomber sous le charme de ce premier livre d'Anne Sylvestre.
Coquelicot. C’est un cri, c’est un appel, c’est un mot de joues rouges et de course folle dans les blés, de mollets piqués par les chardons, de roulades et de cul par-dessus tête dans le fossé.
C’est un mot claquant, insolent, cueille-moi si tu l’oses, je me fanerai aussitôt mais regarde : je suis légion. Je pousse et je re-pousse, et dans cette flaque rouge tu ne sais plus où poser les yeux. Coquelicots, cavalcade, concours à qui sera le plus rouge, tes joues ou moi. »
Tout en subtilité et profondeur, Anne Sylvestre invoque les mots qui la touchent et l’émeuvent, dévoilant à travers eux la matière même de sa vie. Entre les souvenirs ressurgis et les petits bonheurs du quotidien, entre les coulisses de la scène et les champs de son enfance, ses textes nous plongent avec émotion dans son intimité.
Artiste emblématique de la chanson française, Anne Sylvestre est auteur-compositrice-interprète. Coquelicot est son premier livre.
Extrait de la 4ème de couverture, édité chez Points dans la collection Le goût des mots
Publié dans Actu, Découvrir, Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : anne sylvestre, livre, mots, coquelicot, editeur points | 16:37 |
Facebook |
Imprimer
jeudi, 06 décembre 2018
"L’âme du monde", au delà de tout dogme
"….ce que les philosophes de l’Antiquité appellent l’Âme du monde : la force bienveillante qui maintient l’harmonie de l’univers."
J’ai choisi cet extrait (page 45 et 46) que j'aime beaucoup:
" - Il nous arrivera parfois de citer tel ou tel ancien Maitre de la sagesse, poursuivi Gabrielle. Mais pour bien marquer le caractère universel de cet enseignement, nous ne citerons pas son nom, ni les sources diverses qui nous inspirent. Afin d’éviter toute référence explicite à ce que certains d’entres nous nomment Dieu « », d’autres le « Dharma », d’autres encore « le divin », le « tao » ou « Absolu « , nous nous sommes entendus pour utiliser une seule expression : ‘ »L’Ame du monde « . Cette formule des philosophes grecs de l’Antiquité, au-delà de tout dogme religieux, signifie la présence dans l’univers d’une force mystérieuse et bonne qui maintient l’ordre du monde , et c’est ainsi que nous l’entendons. Pour les croyants, elle évoque la présence de Dieu ou d’une intelligence organisatrice dans le monde, sa providence. Pour les autres, l’énergie spirituelle qui maintient en harmonie la Nature, comme l’âme par rapport au corps."
Et un extrait de la présentation du livre (site Internet de Frédéric Lenoir):
Pressentant l’imminence d un cataclysme planétaire, sept sages venus des quatre coins du monde se réunissent à Toulanka, monastère perdu des montagnes tibétaines, pour transmettre à Tenzin et Natina, deux jeunes adolescents, les clés de la sagesse universelle. Au-delà des divergences culturelles et historiques de leurs traditions respectives, ils s’appuient sur leur expérience personnelle et se savent inspirés par ce que les philosophes de l’Antiquité appellent l’Âme du monde : la force bienveillante qui maintient l’harmonie de l’univers.

J'avais déjà évoqué d'autres écrits de Frédéric Lenoir dans une Note sur ce blogue et à ce même moment de l'année; j'ai trouvé particulièrement réussi ce conte philosophique que l'on peut trouver à petit prix en poche chez Pocket.
Photo d'illustration: Œuvre de Mina Mond « Mère nature, 2018 »
Tempera et feuille d’or 80x100cm
(exposition Mina Mond, sept/oct 2018 au Manoir des Renaudières à Carquefou.)
Photographie Louis-Paul Fallot
Publié dans Livre, Texte choisi | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : livre, conte, frédéric lenoir, l'äme du monde, mère nature, mina mond | 21:57 |
Facebook |
Imprimer
mercredi, 12 septembre 2018
Un texte né d’une image
Un texte est né de cette photo… a écrit mon ami Robert après publication sur un "réseau social" d’ une photo que j’avais choisie et qui est aussi la couverture d’un livre que j’aime beaucoup (voir en bas de Note). Le partage de la couverture de ce livre lui a inspiré le texte suivant.
Merci à lui de me permettre de le partager ici.
La peur de perdre.
Nous sommes bien régis par nos sentiments, c’est le lot de tous les humains.
Nous vivons avec le signe de l’attachement, sous le signe du lien (*) ; celui qui nous attache à ce qui a de la valeur à nos yeux, que nous aimons. Lorsque l’enfant nait, il attrape le doigt de ses parents et ne le lâchera plus jamais. Il en sera de même de tout ce qu’il va aimer.
L’attachement. Ce qui lie les êtres les uns aux autres avec une force inexplicable. La valeur réelle du mot ‘’Amour’’. Tout ce qui nous est cher ne l’est pas par la valeur du prix, mais par la valeur de l’attachement que nous lui avons donné.
Presque tous nous avons perdu…Quelqu’un, quelque chose, une espérance, comme une déchirure, ce qui devient une mort, un départ sans retour. C’est bien cette déchirure qui donne la souffrance inévitable, blessure profonde jusqu’au fond de l’âme. Une difficulté d’acceptation. Lorsque le lien est fort, il attache les sentiments, les colle comme une chose qui n’en font plus qu’une, lié à tout jamais. Uni jusqu’ au fond de l’âme l’un à l’autre. Les déchirures portent cette souffrance, inéluctable qui ronge, laissant la sensation d’une amputation, blessure sévère chez les humains. Dieu merci, le temps apaise, en laissant la cicatrice mémorisée, rappelant que la vie doit continuer, acceptant que « c’est comme çà « ’’. Ô faiblesse humaine,... combien tu nous meurtris face à l’adversité. J’ai soigné cette passion par une autre comme une compensation, aimant la seconde comme j’aimais la première, calmant l’âme blessée, par une substitution. La spiritualité est venue à mon aide, pour voir ailleurs, voir plus loin, de plus haut, plus en profondeur, et ainsi rendre le mal moins douloureux. Aujourd’hui je sais que plus rien ne meurt, que tout se crée ou se recrée.
Robert de Nice, le 23 aout 2018
(*) Boris Cyrulnik? Sous le signe du lien, Hachette, “Pluriel”, 1997
En illustration la couverture du livre: Christian Bobin - Édouard Boubat
"Donne-moi quelque chose qui ne meurt pas", Gallimard
Publié dans Mots et photos, Photo, Texte choisi | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : texte, robert de nice, couverture, livre, donne moi quelque chose qui ne meurre pas, photo, christian bobin, édourd boubat | 19:28 |
Facebook |
Imprimer











