06.02.2014

Nouons-nous (Emmanuelle Pagano)



C’est la 4ème de  couverture du livre d’Emmanuelle Pagano. Nouons-nous, quel joli titre pour ce livre reçu pour Noël (merci à ma sœur) et paru aux éditions P.O.L .

"L’amour plus des copeaux de bois, du produit pour les vitres, une clochette, du shampoing, des oiseaux, des écharpes, des appareils photos, des ponts, des cordes, un vélo, des instruments de musique, une canne à pêche, des brosses à cheveux, des fusils de chasse, des livres, des gélules, du carton, des lampes, des agates, des élastiques, une malle, des fruits, des lentilles de contact, des échantillons, des bateaux, des pansements, de la peinture, des arbres, des agendas, un mouchoir en tissu, du liquide vaisselle, des box, du scotch, des ballons, du savon, des soldes, une mouillette, des connexions internet, des marées, des archives, des paquets cadeaux, une pince à épiler, du mica, des mains courantes, des trams, un faon, des maquettes, un vaporisateur d’eau, des cours de médecine, des montres, des coussins brodés, des plumes, des clés, un chat, du sel, des écorces, des poupées, une émeraude, des avions, un foulard, des fleurs, des manèges, des téléphones, des crayons de couleurs, des boîtes aux lettres, une fève, des tatouages, des télés, des cartes, des miroirs, un kit de couture, des mathématiques, des chaussures, des poissons, des valises, des jeux de société, un éboulis de pierre, des bouchons auriculaires, des carnets, des bocaux en verre, des calendriers, des pantins, une table de mixage, des grains de sable, du yoga, des poids en laiton, des éclairages automatiques, un aspirateur, des trains, des fagots, des éoliennes, des insectes, et une pelote de fil."

 

Lire la suite

01.02.2014

Février

 

Février-PhotosLP Fallot.jpg

Affichage - Photographie Louis-Paul Fallot



Février,
Les jours vont s’allonger, sensiblement, visiblement.
Février,
Comme chaque mois, il va se passer des choses, ici et maintenant, chez moi, chez vous, et partout.
Février,
Il y a des « chantiers » en cours ou à venir, les miens, les vôtres, ceux du monde.
Février,
Comme chaque mois, ses rendez-vous - pas forcément incontournables -  les crêpes et la saint valentin, le carnaval  et  cette année les campagnes électorales…
Février,
Cette année, je ne verrais pas l’amandier, coupé hélas l’an passé.
Février,
Il y aura le mimosa, le mardi-gras et les aléas de l’actualité.
Février,
Est le deuxième mois de l’année, c’est ma seule certitude

 

29.01.2014

Protest song (hommage à Pete Seeger)

 

hommage à  pete seeger,bruce springsteen,joan baez,victor jara,greame allwrigt

Pete Seeger et Bruce Springsteen à Washington lors du concert donné
pour la cérémonie d'inauguration de Barack Obama, le 18 janvier 2009
  Photo Justin Sullivan. AFP – (Source Libération.fr)

  

Le vieux monsieur a posé son bango mais ses chansons résonneront encore et encore, portées par les voix de tous ces chanteurs et chanteuses que  j’ai tant aimé, que j’aime tant encore aujourd’hui…Des voix comme des mélodies, des voix comme des cris :  les voix de celles et ceux qui n’ont pas souvent droit de paroles et  des paroles qui racontent le monde. Le vrai monde, celui des soi disant minorités, le monde du travail, le monde de l’espoir.

Lire la suite

23.01.2014

Deux écrits pour une photo

Deux  écrits pour une photo

Comme je l’ai déjà fait avec d’autres belles plumes, voici  les textes de  Tiphaine et Didier qui ont chacun écrit à partir de l’une de mes photos que je leur avais transmise (sans bien sûr aucune légende). Merci à eux.

 

Homme de…

 

Je suis un homme de papier, Je te regarde, droit dans les yeux, je n'ai aucun secret pour toi. Tu peux me détailler, rien ne s'y oppose, Tout est là, fléché, tu n'as qu'à suivre le sifflet. Repos. Je suis un homme de papier, Tu peux me porter, me prendre, me froisser, me déchirer, Je te regarde, droit dans les yeux, je n'ai aucun secret pour toi. Je suis l'homme que tu ne seras jamais, Je n'ai besoin d'aucun artifice, aucun habit, même, Je suis tout ce que tu veux que je sois : Pour toi animal, tendre, sauvage, autoritaire même si tu veux. Repos. Je peux être celui qui te protège, Te séduit. Je peux être qui t'attire, Te nargue de sa morgue. Et celui qui te suit, toujours le suis. Tu crois que c'est toi qui me regardes Mais tu ne vois que du papier, Homme de peu de poids...

 

Tiphaine Touzeil

 

DSC_0129-PhotosLP.jpg

 

6 574 jours

 

Je lui avais dit rendez-vous à l’arbre violet mais je n’avais pas pensé que ce serait boueux à ce point. Je suis arrivé en avance, une vieille habitude prise depuis ce jour-là. Le temps de m’extirper de la voiture, mains moites, tempes en sueur, jusque dans le dos parfois. Mais pas là. Pas aujourd’hui. Il est arrivé en retard et nous avons roulé quelques instants. Ce n’était pas facile de se frayer un chemin, et on virait de droite, de gauche. Je n’étais pas certain de pouvoir tenir le rythme. C’est à l’ornière suivante, gorgée d’eau, que j’ai décidé de le lui annoncer. Je l’ai regardé. J’ai sorti la photo de ma poche. Je la lui ai tendue. Il a regardé, longtemps. M’a regardé. A de nouveau regardé la photo, sourcils froncé. Puis il a vu mon sourire. Il a failli tomber de sa chaise. Il ne m’avait quasiment jamais vu sourire et j’étais moi-même assez stupéfait pendant qu’il reprenait place. 

- Je ne pleure plus, je lui ai dit. Ca s’est arrêté, d’un coup. Trente ou quarante fois par jour, je la regarde sa photo et quasiment tout le temps je pleure. Enfin je pleurais. Et hier, ça s’est arrêté. D’un coup. J’ai regardé encore plein de fois. Mais ça ne pleurait plus. Je ne pleurais plus. Il s’est mis à pleurer en retour. Je ne m’y attendais pas. Tout à mon bonheur trouvé, je n’avais pas pensé à sa réaction. Mais il dit aussitôt, je suis heureux, Eric, je suis heureux. Pour toi. Pour moi aussi, depuis le temps que j’attendais ça. Tu sais que je compte les jours ? Tous les jours ? Tu sais combien de temps ça fait ? Je ne le savais pas. 6574 jours ! 6 574 jours !!! Je n’en revenais pas. J’avais mis 6 574 jours à accepter que jusqu’à la fin de mes jours, je serais handicapé, coincé dans ce fauteuil roulant, que jamais je ne remettrais mes baskets, que jamais je n’aurais l’allure d’un rutilant gaillard issu d’un boys band. 6574 jours à refuser l’accident, qui pourtant tournait chaque nuit dans mes rêves. Sauf hier où tout s’était arrêté. Je pouvais repartir d’un bon pied. Façon de parler.

Didier Jacquot
 

 

Liens :

 

Le blogue de Tiphaine:  À présent (parce ce que c’est)

Le blogue de Didier: Un carnet bleu – du bleu de toutes les couleurs.

Photographie Louis-Paul Fallot

 

 

17.01.2014

Un grand moment de théâtre! (Angelo tyran de Padoue)

Oui, je suis l’outil avec lequel un peuple torture un autre peuple. Ces outils-là s’usent vite et se cassent souvent, Tisbe. Ah ! Je suis malheureux. Il n’y a pour moi qu’une chose douce au monde, c’est vous. Pourtant, je sens bien que vous ne m’aimez pas. Vous n’en aimez pas un autre, au moins ? 

Marc Duret devant le tnn de Nice-PhotosLP Fallot.jpgAinsi parle Angelo dans le tyran de Padoue, d’après la pièce de Victor Hugo (1) et cela résume bien l’esprit de cette œuvre.

Le pouvoir, le vrai,  lui est ailleurs, ailleurs et partout, symbolisé par ce visage anonyme et cette voix qui sort des écrans vidéos au milieu de l’immense  charpente métallique qui occupe toute la scène, la voix du Conseil des 10 ! (2) 

 Nous, inquisiteurs d'état, ayant à établir nos statuts en capitulaires pour nous et pour nos successeurs, arrêtons… 




Marc Duret (Angelo) devant le TNN de Nice
 Photographie Louis-Paul Fallot  

Lire la suite