vendredi, 20 avril 2012
Le choix d’un vote
Il vient une heure où protester ne suffit plus ;
après la philosophie, il faut l’action ;
la vive force achève ce que l’idée a ébauché.
Victor Hugo – Les Misérables, tome 4
J’ai eu la chance de vivre mon enfance dans une famille où l’on ne transigeait pas avec les valeurs humaines. Où l’on m’en expliquait le pourquoi et aussi les combats qui ont fait de notre pays la France un modèle envié de démocratie. Parmi ces valeurs, le droit de vote, acquis de haute lutte.
J’aurais une pensée très émue au moment de glisser mon bulletin de vote dans l’urne. Pour mon Papa qui nous a quitté brusquement il y a dix ans au lendemain d’un sinistre premier tour de scrutin. Pour ma sœur partie il y a quelques mois. Pour ma Maman à qui je te téléphonerais dimanche; pour toute ma famille où nous partageons au-delà de nos différences les mêmes valeurs de fraternité et de solidarité.
Mes valeurs ont pour moi le nom d’Humanisme. Jusque dans la pratique de mon art, la photographie, ce sont ces valeurs que j’aime et que je recherche.
Ces valeurs ont trop été mise à mal ces dernières années. Je n'ai donc pas fait cette fois mon choix comme de coutume qui veut qu’au 1er tour on choisit et au 2ème on élimine.
Une élection présidentielle n’est pas que rassemblements populaires, je choisis l’espoir porté par un candidat qui porte de remettre ces valeurs au cœur de la politique française et de la vie quotidienne des gens. En rassemblant autour de ces valeurs!
En ces temps marqués par la faillite d’un système uniquement basé sur le profit, il est plus que temps de remettre au premier plan et à tous les niveaux de la société l'être humain.
Illustration: PhotosLP Fallot, musée des Beaux-Arts de Nantes
Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : élection, vote, papa, famille, valeur, nantes, humanisme, photographie | 08:41 |
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mercredi, 13 octobre 2010
La ligne de vie
(...) J’ai des souvenirs sur cette question. Je revois les ouvriers, la France était encore plus ouvrière qu’elle n’est aujourd’hui, je les vois encore venir me voir…Ils le disaient en patois de chez moi « je ne peux plus arquer, je ne peux plus avancer. Ils venaient voir leur élu en demandant de les sortir de là (…) Quand nous sommes arrivés, nous avons tout de suite proposé la retraite à 60 ans, ça a été un immense espoir de toutes les revendications ouvrières, ça été la loi la plus importante et elle restera dans l’histoire de la France ». (…) « Si bien que en catimini, la liquider de cette façon, ce n’est pas possible. Et puis, ce n’est pas digne d’un système de répartition qui repose sur plusieurs générations. C’est pourquoi, nous pensons que c’est une erreur profonde d’effacer la retraite à 60 ans. (...)
L’intégralité de ce discours de Pierre Mauroy en vidéo sur le site Public Sénat.
Ne croyez pas que c’est un discours passéiste, Pierre Mauroy parle aussi du présent, des jeunes. Ses mots sont forts et je les trouve justes. Je vous invite à écouter l’intégralité de ce discours, posé, digne, émouvant.
En écoutant ce discours, j’ai pensé aussi très fort à mon Papa et à tous ces hommes et femmes qui ont fait ce qui est aussi l’histoire de notre pays ; qui se sont battus pour que les générations à venir vivent un monde meilleur. Oui, merci Monsieur Mauroy.
Publié dans Actu, Photo | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : retraite, manif, nice, photo, sénat, pierre mauroy, génération, papa | 06:27 |
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vendredi, 23 avril 2010
Au Haut de Cagnes
Publié dans Art, Cagnes sur mer, Photo, Provence | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : art, photo, haut de cagnes, jacquie, papa | 00:51 |
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mardi, 11 août 2009
Nantes, juillet 1969
C’était l’été, l’été 1969. C'était à Nantes.
Je venais de rater mon CAP en chaudronnerie et - puis-je le dire ?- j’avais le sentiment d’avoir atteint mon objectif !
Je n’ai rien -bien au contraire- contre les métiers dit manuels mais je n’étais vraiment pas doué et il suffit pour s’en convaincre de voir le « look » de mon inhalateur en aluminium façonné à l’époque en « travaux pratiques » et qui doit encore traîner dans le grenier de la maison familiale.
C’était le plein emploi aux chantiers navals aujourd’hui disparus et les patrons en personne venaient en classe promettre du travail même à ceux qui n’auraient pas le diplôme mais s’engageraient à le repasser l’année suivante !
Pourtant et ironie de l’histoire, au début du cycle, c’était les derniers (Il fallait à l’époque passer des épreuves pour entrer en collège technique.) qui se retrouvaient avec pour seul choix les disciplines serrurerie ou chaudronnerie.
Les meilleurs, ceux de la mécanique auto n’avaient pas ce privilège d’un emploi promis et de plus bien payé !
Mais, je ne voulais pas être chaudronnier ou soudeur …
Je me retrouvais le temps d’une matinée à décharger des camions aux halles nantaises au lever du jour, vague souvenir d’une leçon que voulut donner mon Papa à celui qui n’avait pas, malgré des dispositions maintes fois consignées sur les relevés scolaires des divers établissements fréquentés avant ce collège technique, voulu travailler à l’école. Les profs de ce dernier se demandaient d’ailleurs ce que faisais là !
J’appris donc en rentrant fourbu de ces cageots soulevés que je devrais me présenter le lendemain à un tout autre endroit.
Un grand bâtiment du centre ville spécialisé pour toute la région dans le traitement des services financiers de ce qui était alors une grande administration.
Voilà comment, j’entrais « dans la vie active » au début du mois de juillet 1969 et dans une entreprise où je travaille encore aujourd’hui. J’y ai de suite fait ce que je n’avais jamais voulu faire à l’école, à savoir étudier en passant mon examen de « titularisation » puis des concours.
J’y ai exercé plusieurs métiers et si je ne suis pas toujours en accord avec tout ce qui s’y passe, je ne « cracherais jamais dans la soupe » de ce qui m’a permis de vivre - au-delà du nécessaire « bulletin de paye » - dans ce tissu social et humain quarante années d’une grande aventure.
Publié dans Cette année là, 1969, Famille, Nantes, Villes | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : nantes, métier, 1969, papa | 06:33 |
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