mercredi, 23 septembre 2009
Aujourd’hui, j’ai 6 ans
les éditions demos
Aujourd’hui, j’ai 6 ans.
Je fête mon anniversaire, celui de ma Nouvelle Vie.
Cela paraitra quelque peu surprenant à mes nouveaux lecteurs (J’en profite pour les remercier), J’ai créé ce Blog en 2006 et chaque 23 septembre, je publie une Note
Je ne suis pas le seul, des milliers de gens de par le monde soufflent ainsi leurs bougies.
A cette occasion, ils témoignent de leur vécu, de leur vie avant et après l'alcool.
Ce sont des messages, à la fois de gratitude et d’espoir comme celui de Dominique W que j’ai publié ici le mois dernier.
Ils le font avec émotion, conscient du miracle d’être en vie, n’oubliant pas d’où ils viennent et qu’il importe de poursuivre au quotidien leur relèvement.
Ils racontent en sachant que d’autres sont encore dans la souffrance de l’alcool ou de l’alcool de l’autre. Que peut-être, ils s’identifieront à un fragment de leur histoire et auront l’envie de quitter cette spirale infernale pour entrer dans celle du rétablissement. L'envie de vie, en lieu et place du déni.
Car non seulement ils verront des visages transformés mais ils entendront cette phrase « oui c’est possible » !
Aujourd’hui, j’ai 6 ans.
Je me souviens du livre du Dr Dodson que beaucoup de parents ont lu et qui écrivit le best-seller « Tout se joue avant 6 ans ». Il traite de l’importance des premières années de la vie du jeune enfant.
Ce n’est certes pas exact avec la maladie alcoolique. Tout se joue chaque jour en ne prenant pas ce premier verre qui déclenche la mécanique infernale pour celui qui est devenu dépendant. Dominique Autié écrivait "L'alcoolique n'a pas peur de l'abstinence, juste froid aux yeux".
Mais arrêter de boire est une chose, se construire une vie heureuse sans alcool en est une autre. Et ces six années auront été déterminantes en ce qui me concerne sur le chemin de ce que j’appelle ma Nouvelle vie.
Si j’évoque le livre du psychologue américain, c’est que j’ai profondément ressenti ce cheminement du « petit enfant ».
A ma sortie du CALME, je disais toujours « comme un bébé ».
Comme un bébé, (ré) apprendre à m’alimenter mais d’une autre nourriture que ces poisons liquides ou solides. (Je me suis fait soigner d'une double dépendance.)
Comme un bébé, au début se concentrer sur soi-même et mon bien être au quotidien, me ménager, me reposer, tous ces gestes simples oubliés dans le désordre d’une vie qui n’en était plus une.
Puis comme un bébé, apprendre à marcher mais vers d’autres lieux que ceux des rayons vins et spiritueux ou des comptoirs de bar.
Apprendre à lire, à écrire en retrouvant à force d’exercices ces facultés mentales bien mises à mal par les ravages de la maladie.
Apprendre à compter. D’abord les jours d’abstinence puis les dates anniversaires soigneusement notées chaque mois sur le calendrier mural.
Puis comme un bébé, se socialiser, partir sur les chemins de l’école de Nouvelle vie, entreprendre le long apprentissage de la découverte de Soi.
Apprendre à aimer, à s’aimer.
Mais un bébé a besoin des autres, d’attention, de soins. Les adultes sont là pour cela.
C’est à ces femmes et hommes qui se sont trouvés à un moment près de moi pour m'accompagner que je pense ce jour. Militants des associations, médecins et infirmières, collègues de travail, famille, amis.
Le jeune enfant reçoit des compliments, des encouragements.
Le dépendant en rétablissement reçoit son premier cadeau. Celui de voir un jour l’image de son visage, propre, sans rougeurs ni boursouflure, souriant. Le bonheur qui se lit aussi sur les visages de ceux qui vous aiment.
Il voit beaucoup de promesses se réaliser. Il ne renie pas son passé, il en assume les conséquences. Cela met des années et il lui faut affronter bien d’autres peurs mais il se refait petit à petit une vie. Son abstinence est un choix, car il a retrouvé ce libre choix qu’il avait perdu. Il n’est pas non plus un zombie ou un extra-terrestre. Il a ses joies et ses souffrances mais ses émotions ne le mènent plus vers « le produit ».
Il vit et s’ouvre à la vie.
Publié dans Mots et photos, Nouvelle Vie | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags : alcoolisme, dépendance, abstinence | 07:40 |
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jeudi, 27 août 2009
A l'écoute des émotions
Un de mes livres de cet été. Commencé pendant mes vacances en juillet, je le lis par « par petits bouts ». Il est passionnant et m’incite à poursuivre ma réflexion personnelle. Le mieux est de laisser les auteurs vous le présenter à travers ce texte publié en 4ème de couverture :
Ce livre a pour objet de traiter de la place de l'émotion en thérapie.
Boris Cyrulnik et Mony Elkaïm rendent compte d'un colloque organisé par Michel Maestre et l'institut Psycom, ayant rassemblé plus de 3000 personnes. Les participations d'Edith Goldbeter, Martine Nisse, Jacques Pluymaekers et Romano Scandariato font le lien entre, d'une part, les concepts de résonance et de résilience et, d'autre part, les pratiques de ces cliniciens hors du commun. Le thérapeute doit-il neutraliser ses émotions et travailler avec le transfert et le contre-transfert, comme certains courants psychanalytiques peuvent le préconiser, ou, comme le propose la cybernétique, accepter les émotions et les utiliser en séance? Abordée sous l'angle systémique, cette question est développée par chacun des auteurs selon la spécificité de leurs approches cliniques.
" La résilience est un concept apparu en France il y a moins de dix ans. Si un jour nous arrivons à bien structurer nos observations, nos expérimentations et nos théories, je pense que nous en ferons une théorie de l'anti-fatalité, de l'anti-destin. Ce sera une théorie du pouvoir thérapeutique de l'historisation. "Boris Cyrulnik
"J'utilise le terme de résonance pour désigner cette situation où ce que nous vivons a une utilité pour l'autre ou pour le contexte dans lequel ce sentiment émerge.
Cette utilité consiste en général à renforcer l'autre dans ses croyances profondes, à renforcer la stabilité des croyances du système humain dans lequel nous vivons ce que nous vivons. " Mony Elkaïm
Boris Cyrulnik est psychiatre, neurologue et éthologue. Directeur d'enseignement à l'université du Sud-Toulon-Var, il est surtout connu pour avoir développé et fait connaître en France le concept de « résilience ». Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La résilience. Renaître de sa souffrance, aux éditions Fabert (ouvrage collectif).
Mony Elkaïm est neuropsychiatre, thérapeute de famille, il forme des groupes de psychothérapeutes en Europe, aux États-Unis et au Canada. Auteur de nombreux ouvrages, il dirige la collection « Couleur Psy » aux éditions du Seuil.
Michel Maestre est psychologue clinicien, psychothérapeute de couple et de famille et formateur en thérapie familiale systémique à Psycom, à Villeneuve d'Ascq. Il a organisé ce colloque et la publication de cet ouvrage.
Entre résilience et résonance
A l’écoute des émotions
Est publié aux éditions FABERT dans la collection Psychothérapies créatives (dirigée par Jean-Paul Mugnier) qui explique que si la psychothérapie est l'art de la relation qui mène à la réduction de la souffrance, il y a lieu de faire une large place à la réflexion sur les outils dont cet art dispose.
Tel est l'objectif de cette collection, présenter ces différents outils ainsi que les modèles théoriques auxquels ils se réfèrent.
Publié dans Art, Découvrir, Haute-Provence juillet 2009, Livre, Nouvelle Vie | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : livres, conferences, psychothérapies, boris cyrulnik, mony elkaïm | 06:40 |
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