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13.05.2016

Un superbe numéro de Reporters sans Frontières (Sebastião Salgado)

Sebastião Salgado s’est imposé depuis plus de trente ans comme un artiste engagé,
humaniste, dont le travail minutieux incarne le pouvoir qu’a la photographie
de changer notre regard sur le monde.

Irina Bokova, extrait du texte "L’humanisme en noir et blanc" à lire  
dans l'album "100 photos de Sebastião Salgado pour la liberté de la presse ".



Îles Sandwich, 2009 © Sebastião Salgado.jpg
Îles Sandwich, 2009 © Sebastião Salgado
Cette île avec son volcan actif abrite quelques 750 000 couples de manchots à jugulaire.

 



"Depuis quarante ans, Sebastião Salgado parcourt la planète pour rendre compte de ses bouleversements politiques, naturels ou économiques et de ses grands mouvements humains. Son regard ne se pose pas seulement sur une réalité, celle du monde en crise et en développement, il nous expose les blessures de la nature et la noblesse des hommes. L’engagement de Salgado dépasse le cadre de l’acte photographique : la reforestation de la ferme de ses parents avec sa femme Lélia et l’Instituto Terra témoigne d’un projet de vie tout entier consacré à s’investir au plus près de ses sujets.
Aucun ouvrage avant cet album exceptionnel n’a proposé de rétrospective du travail de Sebastião Salgado et de ses différents projets photographiques des années 70 à nos jours. « 100 Photos de Sebastião Salgado » propose une sélection unique des plus belles images d’une icône de la photographie contemporaine, qui saisit avec la même puissance la majesté des paysages et l’émotion des portraits."

Extrait du texte de présentation 100 photos de Sebastião Salgado pour la liberté de la presse sur le site boutique.rsf.org et sur lequel vous pourrez voir quelques photos.





Petite fille de paysans sans terre, Brésil, 1996 © Sebastião Salgado.jpg
Petite fille de paysans sans terre, Brésil, 1996 © Sebastião Salgado
 


"100 photos de Sebastião Salgado pour la liberté de la presse"  
est disponible en kiosque et  librairies., 9,90 euros.

 

Lien :  Le site Internet de Reporters sans frontières



26.04.2016

L’Erdre (Julien Gracq)

 
De là vient que tous les plaisirs liés aux miroirs d’eau calme...
Julien Gracq, La Forme d'une ville



Barque sur l'Erdre-PhotosLP Fallot.jpg

 

"L’Erdre,  avalée aujourd’hui à l’extrémité nord du cours St-André par la voûte d’un tunnel, et rendue à l’air libre au long de l’usine Lefèvre-Utile par le canal St-Félix – qui fait penser davantage au débouché discret d’un grand collecteur qu’à un cours d’eau – s’est absentée aujourd’hui du centre de Nantes, plus ostensiblement peut-être encore que la Loire : c’est sa rainure étroite, canalisée comme un sas d’écluse entre des parois de granit verticales, qui marquait autrefois la frontière entre le Nantes médiéval et le quartier Graslin : petit couloir d’eau emmurée, aussi inerte et placide qu’un grachi néerlandais. Plus clairement que pour les anciens bras de la Loire, la cicatrice de son lit comblé se devine le long du cours des Cinquante Otages, cependant que la rue de l’Arche Sèche, qui court à sa droite presque parallèlement, enjambée par les rues de Feltre, des Deux-Ponts et du pont Sauvetout, descendant des hauteurs du quartier Graslin, fait presque figure aujourd’hui, sous l’arceau de ses ponts, du véritable chenal ancien de la rivière. Je ne sais si, comme Strasbourg est né sur l’Ill et Lyon sur la Saône, à quelque distance des caprices de leur vrai fleuve, Nantes avait choisi les bords de l’Erdre plutôt que ceux de la Loire pour site primitif. La distance serait bien mince, mais il est difficile, il est vrai, de trouver deux rivières de caractère plus opposé. Tout comme le lac de Grandlieu, au sud-ouest de la ville – dédale sans profondeur de bras d’eau, de vasières et de roselières, que l’hiver dilate au point d’en faire un des plus grands lacs de France – l’Erdre est le témoin de l’affaissement récent du pays Nantais, et du remblaiement consécutif des vallées qui a donné à tout son réseau de drainage – la Loire exceptée – une indécision extrême dans l’écoulement. En amont de Nantes, l’Erdre est une rivière irlandaise, un fil d’eau presque sans courant qui unit en chapelet des dilatations, des expansions latérales parfois considérables, telles les vastes plaines d’eau qui surprennent l’excursionniste au pied du roc de Sucé. Même dans la ville, la rivière va gagnant en largeur régulièrement vers l’amont. A un kilomètre de son embouchure, elle s’est déjà dilatée suffisamment pour entourer de ses bras une petite île, l’île de Versailles. Au pont de la Tortière, et plus encore au pont de la Beaujoire, c’est moins un modeste affluent local qu’un plan d’eau étoffé, qui atteint à la hauteur du parc des Expositions la largeur du grand bras de Loire.
De là vient que tous les plaisirs liés aux miroirs d’eau calme, plaisirs que la Loire rapide et brutale refuse à Nantes, se sont réfugiés le long de cette curieuse rivière paralysée."

Julien Gracq, La Forme d’une ville, pages 138/140 - Edition  José Corti  

Crédit Photo: L'Erdre à Nantes, photographie Louis-Paul Fallot, avril 2015

 

14.04.2016

L'Iris (Un poème de Charles Rouvin)

 

L'Iris-Photo Louis-Paul Fallot.jpg



L’IRIS

Près des étangs où la libellule voltige,
Où, dans les soirs d'été, vient se baigner l'oiseau,
On aperçoit l'Iris, qui tremble sur sa tige
Et semble un papillon posé sur un roseau.
 
Du bleu foncé des mers elle reçut l'empreinte,
Prise à l'heure où la nuit noircit l'azur des cieux.
Seule parmi les fleurs elle offre cette teinte,
La plus chère à l'esprit et la plus douce aux yeux.

Sur la terre, du bleu la Nature est avare,
Et les poètes sont réduits à le rêver ;
Si le pinceau s'applique à le rendre moins rare,
C'est que vers l'Idéal l'Art tend à s'élever.

Des Zéphirs printaniers docile messagère,
Comme une voile au vent toujours prête à flotter,
La forme de l'Iris, vaporeuse et légère,
Est l'image de l'âme en train de nous quitter.

Aux rayons du soleil qui brille sur la plage,
Sa transparence émet une lueur dans l'air,
Semblable au feu follet qui court avant l'orage
Et disparait soudain, absorbé dans l'éther.

Charles Rouvin "La poésie des fleurs" 1890



Source : La poésie des fleurs : sonnets / Charles Rouvin Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art
Crédit photo: Louis-Paul Fallot, bord de la Cagne, 13 avril 2016



Un autre poème sur l’iris sur ce blogue:Un poème de Robert Desnos