mercredi, septembre 23, 2009

Aujourd’hui, j’ai 6 ans

 
You never know what is enough unless you know what is more than enough.*
 
William Blake
(Proverbes de l'Enfer, 1970)
 
*Vous ne savez jamais ce qui est assez, à moins que vous ne sachiez ce qui est plus qu'assez  
C'est par cette citation que s'ouvre le livre du Dr Philippe Batel et Serge Nédélec
Alcool:
de l'esclavage à la liberté
Récits de vie commentés

les éditions demos

Fenêtre de vie-PhotosLP.jpg

 

Aujourd’hui, j’ai 6 ans.

 

 

Je fête mon anniversaire,  celui de ma Nouvelle Vie.  

Cela paraitra  quelque peu surprenant à mes nouveaux lecteurs (J’en profite pour les remercier),   J’ai créé ce Blog en  2006 et chaque 23 septembre, je publie une Note  

 

Je ne suis pas le seul, des milliers de gens de par le monde soufflent ainsi leurs bougies.

A cette occasion, ils témoignent  de leur vécu, de leur vie avant et après l'alcool.

Ce sont des messages, à la fois de gratitude et d’espoir comme celui de Dominique W  que j’ai publié ici le mois dernier.

 

Ils le font avec émotion, conscient du miracle d’être en vie, n’oubliant pas d’où ils viennent et qu’il importe de poursuivre au quotidien  leur relèvement.  

Ils  racontent en sachant que d’autres sont encore dans la souffrance de l’alcool ou de l’alcool de l’autre.  Que  peut-être, ils  s’identifieront à un fragment de leur histoire et auront l’envie de quitter cette  spirale infernale pour entrer  dans celle du rétablissement. L'envie de vie, en lieu et place du  déni.

Car non seulement ils verront des visages transformés mais  ils entendront cette phrase « oui c’est possible » !

 

Aujourd’hui, j’ai 6 ans.

Je me souviens du livre du Dr Dodson que beaucoup de parents ont lu et qui écrivit le best-seller « Tout se joue avant 6 ans ». Il traite de l’importance des premières années de la vie du jeune enfant.

Ce n’est certes pas  exact avec la maladie alcoolique. Tout se joue chaque jour en ne prenant pas ce premier verre qui déclenche la mécanique infernale pour celui qui est devenu dépendant. Dominique Autié  écrivait "L'alcoolique n'a pas peur de l'abstinence, juste froid aux yeux".

Mais arrêter de boire est une chose, se construire une vie heureuse sans alcool en est une autre. Et ces six années auront été déterminantes en ce qui me concerne sur le chemin de ce que j’appelle ma Nouvelle vie.

 

Si j’évoque le livre du  psychologue  américain, c’est que j’ai profondément ressenti ce cheminement du « petit enfant ».

 

A ma sortie du CALME, je  disais toujours « comme un bébé ».

Comme un bébé, (ré) apprendre à m’alimenter mais d’une autre nourriture que ces poisons liquides ou solides. (Je me suis fait soigner d'une double dépendance.)

Comme un bébé, au début se concentrer sur soi-même et mon bien être au quotidien, me ménager,  me reposer,  tous ces gestes simples oubliés dans le désordre d’une vie qui n’en était plus une.

Puis comme un bébé, apprendre à marcher mais vers d’autres lieux que ceux des rayons  vins et spiritueux  ou des comptoirs de bar.

Apprendre à lire, à écrire en retrouvant à force d’exercices ces facultés mentales bien mises à mal par les ravages de la maladie.

Apprendre à  compter. D’abord les jours d’abstinence puis les dates anniversaires soigneusement notées chaque mois sur le calendrier mural.

Puis comme un bébé, se socialiser, partir sur les chemins de l’école de Nouvelle vie, entreprendre le long apprentissage de la découverte de Soi.

Apprendre à aimer, à s’aimer.

 

Mais un bébé a besoin des autres, d’attention, de soins. Les adultes sont là pour cela.

 

C’est à ces femmes et hommes qui se sont trouvés à un moment près de moi pour m'accompagner que je pense  ce jour. Militants des associations, médecins et infirmières, collègues de travail, famille, amis. 

 

Le jeune enfant reçoit des compliments, des encouragements.

Le dépendant en rétablissement reçoit son premier cadeau. Celui   de voir un jour l’image de son visage, propre, sans rougeurs ni boursouflure, souriant. Le bonheur qui se lit aussi sur les visages de ceux qui vous aiment.

 

Il  voit beaucoup de  promesses se réaliser.  Il ne renie pas son passé, il en assume les conséquences. Cela met des années et il lui faut affronter bien d’autres peurs mais il se refait petit à petit une vie. Son abstinence est un choix, car il a retrouvé ce libre choix qu’il avait perdu. Il n’est pas non plus un zombie ou un extra-terrestre. Il a ses joies et ses souffrances mais ses émotions ne le mènent plus vers « le produit ».

Il vit et s’ouvre à la vie.

  

mercredi, août 19, 2009

Variation sur la même main

Un texte de Dominique W

 

 

La fenêtre bleue-PhotosLP.JPG

 

 

Variation sur la même main

A l’aube de ma cinquième année sans alcool, je me suis levé la main tendue vers le volet de ma chambre jaune aux persiennes bleues, j’ai poussé délicatement le battant, mes yeux partant à la recherche d’un lever de soleil, dans l’attente des premiers rayons déposés sur le dos de mes voisines, quelques vaches blanches et noires, mon échiquier matinal bien en place, j’ai respiré à poumons déployés, j’ai remercié la vie. J’ai souri. J’ai déposé un regard amoureux sur mon épouse encore endormie, la caressant du regard, me souvenant à quels tourments j’avais pu l’exposer.

 Je suis allé préparer le café. Ma seconde pensée fût pour Dominique Autié et Louis-Paul, compagnons d’Abstinence et toutes celles et ceux que ma route avait croisés que ce soit à l’Hôpital, sur le forum du Doc Dupagne, une oasis pour celui qui n’en peut plus d’avoir soif à en crever.

C’est à l’hôpital que j’ai trouvé les premières mains tendues, Marie Anne, Patrick, Gilbert, Anne-Marie, Jean, André, une liste de prénoms, des Anonymes qui ne le seraient plus longtemps.

En ces temps-là, ma main était le centre de mes turpitudes, elle exprimait tout mon désespoir. Ma main n’existait que pour tenir un verre, jour et nuit. Toute autre utilité était inexistante. Je broyais mes phalanges d’impuissance, tordues de douleurs, je regardais ma main tremblotante, persuadée que c’était une illusion d’optique, seuls les ivrognes tremblent. Je n’étais pas de ces gens-là, mes mains, pourtant chaque jour m’indiquaient  la direction. Je cherchais les preuves de mon alcoolisme, je les tenais dans mes mains. Mais nous ne sommes pas faits pour tenir le désespoir entre nos mains, nous sommes faits d’une autre espérance. J’étais perdu.

J’ai regardé impuissant de nombreux jours mes mains, à pleurer. Aussi folle soit l’idée de pouvoir poser mon cerveau à côté de mon verre, juste pour souffler un peu, aussi vrai est que j’ai rêvé que mes mains se cassent dans un dernier fracas, comme un verre sur le carrelage bleu et gris d’une cuisine glacée. J’avais perdu la main de ma vie. Seul un fil tenait encore à l’idée de ce qu’elle avait été. J’ai pris beaucoup de choses en main dans ma courte vie, j’ai tendu beaucoup de mains avant de me l’arracher, j’ai construit peu à peu de ce qui devait être une vie de rêve, avant de virer au drame. J’ai arraché les papiers peints de mes rêves multicolores à coup d’alcool, ne comprenant pas à quel point avec mes murs si fragiles, j’allais tout détruire. J’y suis presque parvenu.

Ma main est tombée, une dernière fois sur le tapis de mon existence, il y a déjà cinq ans. A cet instant, entre Terre et Ciel, la roulette s’est arrêtée de tourner, et j’ai entendu souffler à mon oreille :

Alors soit tu t’arrêtes de jouer ta vie, ou c’est ton dernier lancement de dés. Le jeu est fini, tu as posé toutes tes cartes, tu es épuisé, alors si tu veux crever, vas y, un dernier verre sur la tempe, et roule misère !  

Couleur espoir-PhotosLP.JPG Ma réponse fût : « Comment vais-je faire ? »

 Accepte les mains qui te son tendues, accroches toi  comme tu peux et tu t’extirperas de ton enfer. Une fois, posé sur le bas côté de ton existence, reprends des forces, laisse revenir la vie dans tes Mains. Un jour, tu reconstruiras. Tes murs seront solides, tes couleurs chatoyantes. Un autre jour, plus tard, tu ouvriras aussi tes volets roses sur les persiennes bleues de ton existence, et tu seras heureux d’être là, juste là, à ta place, celle qui t’est réservée au milieu de ceux qui t’aiment. Alors, ceux qui t’ont tendu la main et qui sont aujourd’hui dans la joie de te voir pousser tes volets comme un gamin qui vient d’apprendre à faire ses premiers pas, viendront à ta table partager ton bonheur. Ta vie t’appartient. 

Aujourd’hui, en ce jour d’Anniversaire je lève et tend ma main à celui qui veut la prendre. Demain vous appartient.

Dominique W, le 10 août 2009

 

 @@@

 

Je me permets de rajouter ces quelques mots et liens en publiant ce mercredi et avec une très grande joie ce nouveau texte de Dominique W.

Il y a un an, nous écrivions: Dominique W et moi avons fait connaissance en nous rendant sur le Blog de Dominique Autié. Il nous manque, à tous les deux, à  beaucoup d’autres internautes  comme en témoignent  les écrits lus, ici et là sur la Toile.Mais il manque certainement encore plus à toutes celles et ceux qui venaient, dans sa rubrique  Alcoolisme abstinent de  son Blog chercher soit un début d’espoir, soit la force de poursuivre leur  chemin, celui  de l’abstinence heureuse.Nous nous inscrivons dans la fraternité qu’il définissait si bien, qu’il vivait si justement, nous continuons nos vies, ainsi nous témoignons pour l’Espoir, tout en lui rendant hommage.C’est le sens de cette publication.

C'est toujours ce même sens  qui nous anime. 

 

LIENS sur ce Blog: 

 

Alcoolisme abstinent

 

Du fond du trou

 

Et au milieu coule une rivière....

 

Fraternellement

 

Les belles rencontres

 

Noël 2008

 

LIEN SUR LE Blog de Dominique Autié:

 

Lettre aux sceptiques

 

 

mardi, mars 10, 2009

Les jeunes et l’alcool

Rajout du vendredi 13 mars:

Les commentaires déposés sur cette Note sont très riches, je remercie celles et ceux qui ont écrit leurs mots, leur avis, leur expérience ici.

Je vous invite à les lire.

J'ai aussi rajouté quelques réflexions personnelles sur ce sujet qui me tient à coeur.

LP

 

 

 

Il n’y a pas que les autoroutes et leurs stations où il sera plus difficile – du moins à certaines heures – de faire d’autres pleins que ceux d’essence !

Il y a une autre  autoroute appelée Internet et là aussi il y a danger.

Plutôt qu’une longue Note, j’ai préféré  mettre ci-après et  en lien l’émission de France Inter  ainsi que le texte publié en octobre 2008 par la Défenseure des enfants. Je  termine par un lien vers une de mes Notes rédigée en 2006.  

img19766.jpg

photo : Pierre, 24 ans, réside actuellement à l’Hôpital Paul Brousse dans l’espace « addictologies ».

© Thibaut Cavaillès

 

Un Dossier sur France Inter:

Les jeunes et l’alcool:

 

A écouter attentivement  Michel Reynaud, spécialiste des addictologies à l’hôpital Paul Brousse  à propos de la publicité pour l’alcool sur Internet qui évidemment ciblera en priorité les adolescents. (1’46" Thibaut Cavaillès)

 

 Un texte ...d'octobre 2008:

La Défenseure des enfants exprime sa profonde préoccupation sur le projet d’autoriser la publicité de boissons alcoolisées sur Internet

 

Alors que des annonces très positives de renforcement de la lutte contre l’alcoolisation des mineurs viennent d’être présentées par le Gouvernement dans le projet de loi « Hôpital Patients Santé et Territoires » le 23 octobre dernier, la perspective de la modification de la loi Evin qui autoriserait la diffusion de publicités pour des boissons alcoolisées sur Internet, média le plus utilisé par les enfants et les adolescents, ne peut que constituer un brouillage du message courageux gouvernemental sur un sujet de Santé publique majeur.

Les conditions proposées pour atténuer les effets de ces possibilités offertes aux alcooliers (messages sanitaires visibles, prohibition des spams et des pop-ups, interdiction sur les sites dédiés à la jeunesse et au sport) ne satisfont pas la Défenseure des enfants qui rappelle les chiffres très inquiétants des effets de l’alcoolisation chez les jeunes :

-la consommation d’alcool s’intensifie dès la fin du collège et à 15 ans, un jeune sur trois déclare avoir déjà été ivre(1)  et presque 28% des 15-19 ans disent avoir été ivres au moins plus de quatre fois dans l’année (2)

-les comas éthyliques chez des enfants de 12-13 ans ne sont plus rares aux urgences pédiatriques

L’alcoolisation est impliquée dans 16% des accidents mortels des 15-17 ans, dans des bagarres et violences sexuelles

30 à 40% des premières relations sexuelles ont lieu sous alcoolisation

Les jeunes de 16 à 17 ans dépensent chaque mois de 26 à 42 millions d’euros pour l’alcool (3)

La Défenseure des enfants rappelle que son point de vue et ses recommandations ont été exprimées sur la consommation alcoolique des jeunes dans son rapport « Adolescents en souffrance, plaidoyer pour une véritable prise en charge », remis au Président de la République en novembre 2007.

 

Paris, le 31 octobre 2008

 

 

 (1) Patrice Huerre et François Marty, Alcool et adolescence, Hachette 2007

 (2) Observatoire régional de la santé, Les jeunes en Ile-de-France, activités physiques, surpoids et conduites à risques, rapport mars 2007

 (3) Rapport d’Hervé Chabalier remis au Ministre de la Santé en 2005

   Le texte ci-dessus de La défenseure des enfants en format pdf

 

Lien vers

 

Ma Note du 23 septembre 2006

mercredi, décembre 17, 2008

Les belles rencontres

 

Marché de NOEL-PhotosLP.jpg

 

 

Nous avons chacun de notre côté écrit sur le Net et de nos souffrances racontées sont nés des mots d’espoir. Nos chemins se sont croisés sur un Blog dont l’auteur avait par sa rubrique « alcoolisme abstinent » remplacée les mots de la honte par ceux de la preuve du possible d’une vie heureuse sans alcool.   

 

Dominique W fêtera cette année son 5ème Noël de Nouvelle vie, moi mon 6ème.  Nous avons partagé nos mots et  photos déjà ici à deux reprises. (*)  Des abstinences commencées pour tous les deux dans cette  période  qui n’est pas synonyme de joie pour tout le monde.  Car la solitude, la peur, les dépressions et la souffrance ne sont pas le lot  des seuls  dépendants.

Mais je crois qu’il  en est de même des messages d’espoir et si nous pouvons en offrir quelques uns et partager d'un peu de ce que nous appelons Nouvelle vie, nous aurons je crois déjà réussi ce  Noël 2008.

Et moi aussi, je souhaite  accrocher quelques guirlandes et pensées au traîneau du père Noël pour qu’il les apporte là-haut dans le monde qui est désormais celui de Dominique Autié(**). De son œuvre littéraire inachevée, de ses mots d’amitié, j’aime me souvenir.  

Louis-Paul  

 

Nota: Je n’ai  pas fait lire ces lignes à Dominique W. Je partage tellement ses mots que je voulais lui en offrir également quelques uns.

 

(*)

Alcoolisme abstinent et  Du fond du trou en août 2008

Et au milieu coule une rivière en avril 2008

 

(**)

Fraternellement , ma Note de juin 2008

Noël 2008

 Un texte de Dominique W

Bougies de NOEL-PhotosLP.jpg

 

NOEL 2008

Je vais me déposer mon cinquième Noël d' Abstinent au pied du Sapin. En 2004, je sortais juste de postcure, 3 mois à Marienbronn, j'étais encore rempli de plein de "tremblements" de mon ancienne vie. Mais, j'étais aussi heureux, heureux comme je ne l'avais plus été depuis de nombreuses lunes.
Comme je l'ai déjà écris, dans l'alcool je ne voyais plus les couleurs. J'avais été surpris de me rendre compte en post cure que le monde était si coloré.
Je voyais et ne broyais que du noir, inlassablement.
J'ai maudit Noël et ce que je percevais comme le triomphe des marchands, associé à une immense "Comédie du Bonheur".J'ai changé.
Non que je sois moins critique sur le cinéma publicitaire, mais surtout que comme pour l'alcool, plus principalement l'Abstinence, j'ai renversé ma pensée. Je prends ce qui me plaît et laisse le reste. Quand je buvais, je n'argumentais ma vie qu'"à charges", je faisais l'inventaire de tout ce qui n'allait pas, uniquement de ce qui n'allait pas, la liste était sans fin et mon désespoir comme ma consommation sans limites.
Alors aujourd'hui dans Noël, je prends ce qui me fait briller les yeux et colorier mon cœur. Dans ma besace, j’ai mes souvenirs de gamin, avec ma sœur, au pied du sapin multicolore, j’ai le regard du gamin face aux lumières, j’ai les contes et les histoires auxquelles je veux continuer à croire, j’ai une idée de la Fraternité que mon passage dans les marécages de l'alcoolisme ont ressuscité, je ressens et vie ma trêve qui n'est pas que des Confiseurs, mais bien plus, à fond.
Arrêter l'alcool, plus précisément faire le choix de l'Abstinence m'a ouvert des horizons, Noël s'inscrit aussi dans cette perspective.
Je n'oublie pas mes Noël douloureux, je ne les nie pas.
Je comprends jusqu'au plus petit des échos ce que je peux lire de l'appréhension, du dégoût de certains pour cette période, je comprends.
Mais pour ma part, je témoigne de mon jour, de mon heure, et de l'Espoir au bout de la nuit infernale qu'a été mon alcoolisme.
Je dis juste:

"Croyez en l’Abstinence, bâtissez la, construisez la, faîtes en des plans. Si l'alcool vous a trahi jusque dans votre plus profonde intimité, l’Abstinence ne vous décevra pas, pour peu que vous la nourrissiez de vos joies, vos espoirs, vos amours, vos envies de vivre. Bien sûr le chemin n'est pas facile, mais inventez vous une Etoile, mettez y le regard de votre femme, de votre fille ou fils, les rires de vos proches, ce que vous émeut et ne la lâchez pas des yeux, tracez votre route et rien ne vous arrêtera !"

Boules de NOEL-PhotosLP.jpg

 

Voilà pour cette année, je vais à Midi faire un tour au Marché de Noël, en pensant à vous, à ceux qui ne peuvent pas s'y rendre, j’accrocherai comme chaque année à chaque boule bleue, verte, jaune, rouge. Votre espoir d'être Abstinent, dans l'espoir que l'an prochain vous alliez voir votre sapin et que vous puissiez y accrocher vos propres boules.
Cette année, j’accrocherai au plus beau et plus haut des sapins, une boule multicolore pour me souvenir de Dominique Autié, parti rejoindre sur son traineau le Ciel, parce que cet homme, un jour, au détour du net a éclairé aussi mon Chemin. Qu'il en soit indéfiniment remercié, puisque seul l'indéfinissable nous réunit maintenant.

A tous, Fraternellement.

JOYEUX NOEL

Dominique W

mardi, septembre 23, 2008

Mardi 23 septembre 2003

 9 h du matin, mardi 23 septembre 2003.

Devant la porte d’entrée, une valise et moi qui suis là à attendre, très mal.

Qu’est-ce qui me pousse à rester là alors qu’il me suffirait de descendre juste en bas de l’immeuble où je pourrais me « soulager » dans ce bar.

En fait je suis en manque, dernier sursaut d’ego qui voudrait me faire croire que ce matin, je pourrais me passer d’alcool.

J’attends P. qui  doit me conduire à Cabris pour la fin de cette matinée et j’ai l’œil rivé sur ce réveil posé sur le frigo.

L’appartement est presque rangé, le double des clés confié à une amie voisine, les papiers délaissés depuis des mois sont depuis la veille chez l’assistante sociale. Ils attendront bien un mois de plus, l’urgence n’est plus là. L’urgence, c’est moi du moins ce qu’il en reste. Un  corps qu’il est urgent de remettre entre les mains de cette équipe du CALME (*). Il faudra aussi s’occuper du « mental », de cette dépression profonde qui me ronge un peu plus chaque jour.

 

C’est fait, je suis dans la voiture. A mi-chemin, P devra s’arrêter, son passager est trop mal. 

Sueurs, tremblements, seul pour le moment le produit peut un moment stopper ce cycle infernal et dangereux. Mais çà je ne le sais pas encore.   

Café pour l’un, rosé pour  l’autre comme un ordre.

Lui sait, moi le saurait plus tard, élève assidu des séances d’alcoologie qui suivront la première semaine, celle du sevrage.

C’est son combien « d’accompagnement » à P ? Je pense à lui en recopiant sur l’écran ces notes écrites sur un carnet. 

 

 

Les valises sont posées, il est 11 heurs, P me ramène au centre du village. Ce sera encore quelques  mots échangés avant qu’il me laisse, seul avec moi-même et MA décision.

 

Au CALME, les entrées sont à la mi-journée, tous les mardis.

Je fais  deux fois le tour du village, alimente encore un peu ce corps en manque et me retrouve  devant cette petite côte, ces dix mètres qui me séparent de cet endroit qui en  ce moment précis est encore lieu de peur.

 

Il est 12h15, je sais que si je fais ces quelques pas, j’en accepterais TOUTES les conséquences.

Je ne sais pas encore que ce sera le début de cette Nouvelle vie dont je parle tant sur ce Blog.

Il reste sans doute des traces de déni mais la souffrance est trop forte et ce bâtiment  symbolise tellement l’espoir.

 

Je m’abandonne, je monte.

 

 @

 

UN LIEN, un seul mais tellement de pensées.

 

 

 

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PhotosLP-2008

 

 

 

 

(*)Le but profond du C.A.L.M.E. n'est pas un conditionnement négatif plus ou moins nuancé des malades à l'abstinence pure et simple.

Le but du C.A.L.M.E. est qu'une non - consommation d'alcool, absolue et définitive, ne soit que la conséquence d'une façon plus claire, plus libre, plus vraie et surtout plus joyeuse d'affronter la vie. En aucun cas une expiation, mais le salaire de plus en plus dérisoire payé pour obtenir une meilleure qualité de vie.

 

Introduction du Livret d’accueil et sur Internet

http://www.calme.fr/

 

dimanche, août 31, 2008

Alcoolisme abstinent

Je reproduis  sur ce Blog et avec son accord, un deuxième texte de Dominique W. "Du fond du trou".

 Vous pourrez lire ce texte à la suite de cette Note rédigée en commun.

 

Nous avions publié un partage de Mots et Photos  ici même le mercredi 9 avril 2008, qui avait retenu une attention particulière et de nombreux messages.

Dominique W et moi avons fait connaissance en nous rendant sur le Blog de Dominique Autié.

Il nous manque, à tous les deux, à  beaucoup d’autres internautes  comme en témoignent  les écrits lus, ici et là sur la Toile.

Mais il manque certainement encore plus à toutes celles et ceux qui venaient, dans sa rubrique  Alcoolisme abstinent de  son Blog chercher soit un début d’espoir, soit la force de poursuivre leur  chemin, celui  de l’abstinence heureuse.

Nous nous inscrivons dans la fraternité qu’il définissait si bien, qu’il vivait si justement, nous continuons nos vies, ainsi nous témoignons pour l’Espoir, tout en lui rendant hommage.

C’est le sens de cette publication.

Dominique W et Louis-Paul, 

Août 2008.

 

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PhotosLP