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13.08.2015

De la page à la plage

 

Lire à la plage-PhotosLP Fallot.JPG
Lire à la plage mais quoi et comment?
Photographie Louis-Paul Fallot, été 2015


« Pas si facile, de lire sur la plage. Allongé sur le dos, c’est presque impossible. Le soleil éblouit, il faut tenir à bout de bras le livre au-dessus de son visage. C’est bon quelques minutes, et puis on se retourne. Sur le côté, appuyé sur le coude, la main posée contre la tempe, l’autre main tenant le livre ouvert et tournant les pages, c’est assez inconfortable aussi… »

Voilà pour la version des "plaisirs minuscules"  de Philippe Delerm. Plus récent,  l’enquête publiée sur le blogue du voyage en ligne Opodo sur les comportements de lecture des européens pendant l'été. On y apprend que c’est à la plage que 46% des européens aiment  lire en été. Mais aussi que 75% des lecteurs préfèrent la version papier à celle dite digitale.

Moi j’aime bien lire à la plage mais des revues ou bien un livre au format poche. Celui de l’illustration de ce billet, nous dirons qu’il est là pour la photo.  L’essai d’un "pavé" sur les galets ne fut pas satisfaisant et pour tout vous dire, c’est le genre de bouquin où vous devez avoir un dictionnaire pas loin… Pas évident à moins de concilier le livre en version papier et  le Littré (ou autre dico) numérisé !

L’autre problème "majeur" du livre à la plage reste de le ramener en bon état à la maison. Le papier d’imprimerie n’apprécie pas la serviette humide et chargée de sel marin. Le sac offert par le libraire du coin à l’achat du livre sera beaucoup plus utile que le carton de livraison d’un achat en ligne pour préserver l’ouvrage dans le panier de plage.    

Enfin, saluons les initiatives qui permettent de trouver son plaisir de lire sur la plage même. Ainsi  le département de la Seine-Maritime qui installe depuis 10 ans ses cabanes Lire à la Plage, de vraies mini-bibliothèques avec une sélection d’ouvrages pour tous choisi par la médiathèque. Ou encore à Nice avec les Cabanes bleues sur 3 plages  et un accueil du public assuré par le personnel des bibliothèques municipales de la ville.

 

15.07.2015

Tranches de semaine

C’est mon livre du moment (enfin l’un d’eux) et j’ai adoré cet extrait des pages 32/33 de l’édition poche 2013 (*).
Il y est question des jours de la semaine…

Couv-Livre Vargas-PhotosLP.JPG

 

Se décollant un peu du mur, Adamsberg  poussa la porte de son bureau et lui fit signe d’entrer.

- C’est vrai, admit Mathilde en s’asseyant, vous n’êtes pas une agence de renseignements. Ma journée, elle est mal partie. Hier, avant-hier, pas mieux. Çà  fait donc une tranche de semaine foutue. Je vous souhaite d’avoir passé une meilleur tranche que moi.
-  Une tranche ?
- À mon idée, lundi-mardi-mercredi, ça fait une tranche de semaine, la tranche 1. Ce qui arrive dans la tranche 1 est d’un genre assez différent de ce qui arrive dans la tranche 2.
- Jeudi-vendredi-samedi ?
-  Voilà. Si on regarde bien, on voit plus de surprises sérieuses dans la tranche 1, en général, je dis bien en général, et plus de précipitation et d’amusement dans la tranche 2. Question de rythme. Ça n’alterne jamais, à la différence des stationnements pour voitures dans certaines rues, où pendant une quinzaine on a le droit de se garer, et pendant la suivante on n’a plus le droit. Pourquoi ? Pour reposer la rue ? Pour faire jachère ? Mystère. En tous les cas, avec les tranches de semaine, ça ne change jamais. Tranche 1 : on s’intéresse, on croit à des machins, on trouve des trucs. Drame et miracle anthropiques. Tranche 2 : on ne trouve rien du tout, on apprend zéro, dérisoire de la vie et compagnie. Dans la tranche 2, il y a beaucoup de n’importe qui avec n’importe quoi, et on boit pas mal, alors que la tranche 1, c’est plus important, c’est évident. Pratiquement, une tranche 2, ça ne peut pas se rater, ou disons que ça ne tire pas à conséquence. Mais une tranche 1, quand on la bousille comme celle de cette semaine, ça fout un coup. Ce qui s’est passé aussi, c’est qu’au café, c’était de la palette aux lentilles au menu. La palette aux lentilles, ça me fout le bourdon. C’est la désespérance. Et ça, en pleine fin de tranche 1. C’était pas de chance, cette foutue palette.
-  Et le dimanche ?
- Alors là, le dimanche, c’est la tranche 3. À elle seule la journée compte pour une tranche complète, c’est dire comme c’est grave. La tranche 3, c’est la débandade. Si vous conjuguez une palette aux lentilles et une tranche 3, en vérité il n’y a plus qu’à mourir.
- Où on  en était ? demanda Adamsberg, qui avait l’impression soudaine et pas désagréable de s’égarer plus encore en cette femme qu’en lui-même. 

(*) " L’homme aux cercles bleus" de Fred Vargas, édition de poche chez J’ai Lu  

La photo de la couverture de cette édition de poche est signée Mark Owen
C’est la 1ère enquête avec le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg.