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lundi, 25 mars 2013

Un Carnet bien rempli (La mosaïque)

 

Images Blog de LP.jpg

C’est à 7h35 le 25 mars 2006 que je cliquais sur « publier maintenant ».
C’est ce que m’indiquent les archives de l’hébergeur de ce blogue.
C’était un samedi et  il ne m’aura fallu que quelques secondes pour afficher la fenêtre du calendrier de ce mois de mars 2006.
Ce fût plus long pour télécharger les plus de 5000 images qui forment cette mosaïque, et je me demande combien de pixels décomposent ces  « jipeg » compressés ?
Il y a aussi beaucoup de mots sur ce blogue, presque 1000 Notes et dix fois plus de commentaires…
Mais je ne suis pas adepte des statistiques, juste quand même impressionné par ce que dois être le chiffre du nombre d’heures passées devant l’écran de cet ordinateur et de ces prédécesseurs...
Ce site est donc fait de mots et photos qui se mêlent dans une tranche de vie racontée en langage html aussi incompréhensible pour moi que le sera pour mes visiteurs l’illustration de ce jour!
Mais l’important n’est pas là. Il est dans ce moment où « Quand le labeur de vos journées et les lectures de vos nuits vous tendent un seul et même miroir qui est l’écran de votre ordinateur, il y a urgence à créer votre blog : grâce au premier internaute qui vous rend visite, le cercle cesse d’être vicieux ». C’est de Dominique Autié qui fût l’une - avec Framboise de Méailles-  des deux personnes qui me donnèrent envie de participer à cette aventure. (Liens ci-contre : « Envie de blog).
L’important est dans le partage et croyez-moi, le mot n’est pas ici un effet de mode. Cette note fête la naissance d’un  blogue mais le plus important pour moi sera un autre anniversaire, à venir cette même année 2013. Celui d’une décennie de cette Nouvelle vie (Lien aussi ci-contre 'Mes mercis de...")  qui me fit un jour écrire  en sous-titre de l’en-tête  de ce blogue « Carnet…ou…Vivre, ici et maintenant ».

mardi, 26 février 2013

Bâtir notre cathédrale (Résilience, compétence et travail sur soi)

 

 Résilience2-PhotosLP.jpg

 Avertissement au lecteur : Une Note au format exceptionnellement long en texte est inhabituelle sur ce blogue; en voici les raisons : Mes travaux de ce début d’année ainsi que des discussions personnelles m’ont amené à lire ou relire des récits, textes, documents qui illustrent et/ou explicitent le concept de résilience. Je l’ai fait avec ce recul par rapport à ma propre expérience, ce qui me permet de mettre -modestement- en adéquation le savoir, le ressenti et le vécu et qui donne à mes relectures une saveur nouvelle, un sens approfondi de compréhension pour ne pas employer un terme qui pourrait paraître péremptoire et que pourtant j’ai envie d’employer, celui de l’évidence. Mes pages dites des 23 septembre -date à laquelle j’ai posé mes premiers pas sur le chemin de cette résilience en sortant du déni et en acceptant en premier de me faire soigner- racontent ce travail de résilience, de construction de « nouvelle vie ». Elles me sont personnelles mais comme je l’écris souvent, je les partage comme les lignes de cette Note pour témoigner, à la fois de ma gratitude envers tous ceux qui m’ont aidé et pour délivrer ce message que la souffrance n’est pas une fatalité, que l’espoir est toujours là.

 

 

Résilience, compétence et travail sur soi

C’est dans les pays anglo-saxons et nord-américains qu’eurent lieu les premiers travaux sur  le concept de résilience qui  a  pris son essor plus tardivement, dans les  années 1990,  dans les pays francophones.  Si un jour nous arrivons à bien structurer nos observations, nos expérimentations et nos théories, je pense que nous en ferons une théorie de l'anti-fatalité, de l'anti-destin  déclarait Boris Cyrulnik dans un colloque qui  a fait a fait l’objet d’un livre « Entre résilience et résonnance »,  avec  pour objet: traiter de la place de l’émotion en thérapie.  (Voir ma Note du 27 août 2009 « A l'écoute des émotions »).
Voici la définition de la résilience,   proposée  par Michel Manciaux, Stefan Vanistendael, Jacques Lecomte et Boris  Cyrulnik en 2001 : c’est la capacité d’une personne ou d’un groupe à se développer bien, à continuer à se projeter dans l’avenir en dépit d’événements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes sévères.
Je ne suis pas un spécialiste de la résilience - un acteur oui je pense - et ne vais donc pas m’essayer ici à développer  ce concept qui a fait l’objet de nombreuses études  et essais. Votre moteur de recherche se fera un plaisir de déposer en PDF   sur l’écran de votre ordinateur ou  vous donnera  les références des  ouvrages  que vous pourrez vous procurer sur ce sujet et dans la version de votre choix, papier ou numérique. Non, comme je l’ai mis en titre à ce billet, je voulais juste noter dans ce blogue qui est aussi   mon « Carnet de nouvelle vie » - que c’est pour moi une notion fondamentale sur laquelle j’ai ressenti le besoin de faire un point d’étape, d’en approfondir ma compréhension et de le  partager avec mes lecteurs.
Quelles compétences, quelles  notions du  travail sur soi sont nécessaires  à associer au concept et au travail  de résilience ?

Dans un débat organisé par Psychologie magazine, Boris Cyrulnik et Luc Ferry qui se rencontraient pour la première fois à cette occasion dialoguent  autour du thème  « Ce qui nous tient debout ».  Boris Cyrulnik évoque  cette maison que l’on se construit et qui parle de notre vision du monde . Il rappelle la fable racontée dans son livre Parler d’amour au bord du gouffre (page 35 de l’édition poche chez Odile Jacob). La voici :

"Un  pèlerin  se rend à Chartes et va rencontrer sur sa route trois hommes qui cassent des cailloux
 Le premier grimace, respire le malheur. Alors le pèlerin s’arrête et l’interroge :
-Monsieur, qu’est-ce que vous faites ?
 L’homme, malheureux, lui répond :
-J’ai trouvé ce métier stupide et mal payé. Et j’ai mal au dos.
Le pèlerin continue son chemin et voit un deuxième homme un peu plus loin, torse nu en train de casser des cailloux. Il lui pose la même question :
-Monsieur, qu’est-ce que vous faites ?
-Eh bien moi, je gagne ma vie comme ça, au moins c’est en plein air, lui répond l’homme.
Plus loin, le pèlerin voit un troisième homme occupé au même travail. Ce dernier respire le bonheur.  -Monsieur, qu’est-ce que vous faites ?  Et l’homme lui répond :
-Moi ? Je bâtis une cathédrale ! "


Pour Boris Cyrulnik, « cette fable   montre que celui qui a une cathédrale dans la tête métamorphose la manière dont il éprouve le réel. Le troisième homme souffre du réel, comme les autres, mais il a une représentation de ce caillou qui lui donne sens. ». Et il poursuit « Je dirige actuellement des thèses sur les survivants résistants dans les camps de déportés. On y constate que ceux qui ont le mieux supporté l’horreur sont ceux qui avaient une « cathédrale dans la tête ». Le simple fait d’imaginer la même cathédrale faisait qu’ils s’aimaient entre eux et pouvaient vaincre leur peur grâce à elle. C’est alors une sublimation nécessaire, dans laquelle il y a de l’affect, du lien, de la représentation d’images… »

Luc Ferry lui répond et nous met en garde : « Le problème, c’est que la cathédrale peut être délirante. Il ne faudrait pas prendre la fable comme si elle revenait à dire : à partir du moment où vous croyez en quelque chose, c’est bien. Non, ce n’est pas forcément bien ! L’idée de transcendance elle-même peut être un nouveau délire, et Dieu sait qu’elle l’a été, qu’elle l’est encore parfois aujourd’hui ». Il poursuit : « l’une des grandes questions qui se pose aux sociétés laïques est sans doute la suivante : quelles valeurs spirituelles et morales, en exigeant des sacrifices de l’individu, peuvent lui permettre de sortir de lui ? L’idée que l’on va tout trouver en soi – idée qui domine parfois le discours psy, certains retours au bouddhisme ou certains thèmes de développement personnel – est une immense illusion, liée justement à la logique du monde de la consommation. »

Ce dialogue passionnant entre les deux hommes démontre  que la résilience est un concept complexe. Et qu’être résilient n’est pas un acquis pour la vie, qu’elle exige de poursuivre le travail sur soi, d’être conscient de l’environnement dans lequel nous vivons et d’être toujours en situation de vigilance, face notamment à un évènement, mineur ou majeur et qui peut réveiller –souvent inconsciemment- de vieilles blessures enfouies. La compétence à vivre une « nouvelle vie » passe donc  par la compréhension et le désir de ne pas s’endormir sur ce qui  pourrait être considéré comme des acquis. C’est le sens que j’essaye de donner quand j’évoque sur ce blogue ou dans les commentaires que je dépose sur d’autres sites de ce réseau social  tout ce  que j’estime indispensable à mon bien être.  Je terminerais ce billet –  que (je me répète),  j’avoue bien volontiers avoir écrit en premier lieu pour me fixer quelques notes  issues de réflexions, vécus, lectures, partages- en citant Rosette Poletti et Barbara Dobbs. Ces deux auteurs, dans un petit ouvrage  de vulgarisation nommé   «La résilience,  l’Art de rebondir »  paru chez Jouvence nous donnent  un message d’espoir : La résilience est une capacité humaine fondamentale. Tous les individus et à tout âge ont le pouvoir de se transformer et de transformer leur réalité à condition de trouver en eux et autour d’eux les éléments qui leur permettent de créer cette capacité de résilience.» (Page 29 de l’édition de poche)

Vous trouverez, insérés dans la Note quelques liens, volontairement en nombre très limité. De nombreux autres textes, récits,  compte-rendu d’études, colloques, débats, listes d’ouvrages… sont disponibles sur Internet. Je tiens ceux que j’ai notés à disposition.   

 

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Crédits photos : Louis-Paul Fallot
En haut, la cathédrale Notre-Dame de Paris, octobre 2012
En bas, le port du Cros de Cagnes,  fleur sortant du filet de pêche, janvier 2013

 

dimanche, 23 septembre 2012

La Sérénité pour ce jour

L’art accompagne mes années depuis ma sortie du C.A.L.M.E en 2003. Pas seulement la photographie, les arts. Je continue dans ma quête de Nouvelle vie à découvrir le formidable outil de résilience qu’est l’expression artistique, écrivais-je sur ce Carnet et dans une Note dont le titre - L’Art, la Vie - résumait bien ce que j’écris ce jour. L’art m’apaise, me libère de l’orgueil, surtout me relie au monde et m’ouvre l’esprit.  Voilà une des choses importantes que j’avais envie d’écrire en ce jour si particulier.

 

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Sculptures d’Emmanuel Michel, (Franchement Art 2012) Citadelle de Villefranche sur Mer,

Septembre 2012 -Photo Louis-Paul Fallot

 

 

C’est peu me direz-vous. Je ne veux pas écrire pour écrire. Non que mes précédents billets des "23 septembre" étaient des « obligés » bien au contraire. Ils sont là et je n’en changerais pas un mot. Je les lis, les relis et espère que les mots de ce langage du coeur continuent parfois à apporter réconfort et espoir.

 

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mercredi, 27 juin 2012

Faire de son mieux

 

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Il était une fois un homme qui voulait transcender sa souffrance. Il se rendit à un temple bouddhiste pour trouver un Maître qui puisse l’aider. Quand il trouva le Maître, il lui demanda : Maître, si je médite quatre heures par jour, combien de temps me faudra-t-il pour atteindre la transcendance ? ”
Le Maître le regarda et lui dit : Si tu médites quatre heures par jour, peut-être parviendras-tu à transcender ton existence dans dix ans.
Convaincu qu’il pouvait faire mieux que cela, l’homme lui demanda : Oh, Maître, et si je méditais huit heures par jour combien de temps cela me prendrait il ?
Le Maître le regarda et lui répondit : Si tu médites huit heures par jour, il te
faudra probablement vingt ans.
 Mais pourquoi cela me prendrait-il plus longtemps si je médite plus ?  interrogea
l’homme.
Le Maître lui répondit : Tu n’es pas là pour sacrifier ta joie ni ta vie. Tu es là pour vivre, pour être heureux et pour aimer. Si tu fais de ton mieux en méditant deux heures, mais que tu y consacres huit heures à la place, tu ne feras que te fatiguer, tu passeras à côté de ton objectif et tu n’apprécieras pas ton existence. Fais de ton mieux, et peut-être apprendras-tu que, peu importe la durée de ta méditation, tu peux vivre, aimer et être heureux.

 

Si vous faites de votre mieux, vous vivrez votre existence intensément. Vous serez productif, vous serez bon envers vous-mêmes, parce que vous vous donnerez à votre famille, à votre communauté, à toute chose. C’est dans l’action que vous
serez intensément heureux. Lorsque vous faites toujours de votre mieux, vous passez à l’action. Faire de votre mieux signifie agir parce que vous en avez envie, et non parce que vous en attendez une récompense. La plupart des gens font exactement l’inverse : ils n’agissent que lorsqu’ils espèrent une récompense, ne prenant aucun plaisir à ce qu’ils font. Voilà pourquoi ils ne font pas de leur mieux.
Par exemple, la plupart des gens vont chaque jour au travail en ne pensant qu’au jour de paie et à l’argent que leur travail va leur rapporter. Ils attendent avec impatience le vendredi ou le samedi, selon le jour où ils sont payés et où ils peuvent prendre du temps pour eux. Ils ne travaillent que pour la récompense et, du coup, font de la résistance. Ils essayent d’éviter d’agir et, par conséquent, ne font pas de leur mieux.
Ils travaillent dur toute la semaine, peinant à leur tâche, subissant leur activité, non parce qu’ils le veulent, mais parce qu’ils pensent y être obligés. Ils doivent travailler pour payer leur loyer et subvenir aux besoins de leur famille. Ils vivent donc avec toute cette frustration et, lorsqu’ils reçoivent enfin leur argent, ils sont malheureux. Ils ont deux jours de repos pour faire ce qu’ils veulent, mais que font-ils? Ils essaient de s’évader. Ils se saoulent parce qu’ils ne s’aiment pas. Ils n’aiment pas leur vie. On se fait du tort de multiples manières lorsqu’on n’aime pas qui l’on est.
Inversement, si vous agissez simplement pour le plaisir d’agir, sans attendre de récompense, vous découvrirez que vous apprécierez tout ce que vous ferez. Vous
en serez récompensé, mais vous ne serez plus attaché à la récompense. Vous pourriez même obtenir plus pour vous-même que vous ne l’auriez imaginé sans attendre de récompense. Si on aime ce qu’on fait, si on fait constamment de son mieux, alors on jouit pleinement de la vie. On s’amuse, on ne s’ennuie pas, on n’est pas frustrés.
Lorsque vous fates de votre mieux, vous ne laissez aucune chance à votre Juge intérieur de vous culpabiliser ou de vous critiquer.(...)
Extrait du chapitre Le 4ème accord toltèque.

Le livre " Les quatre accords toltèques, La voie de la liberté personnelle", de  Don Miguel Ruiz  est disponible en "POCHES Jouvence".


Illustration: Abbaye à La Colle sur Loup, photographie Louis-Paul Fallot