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samedi, 29 novembre 2014

Des rêves et des pensées

 

Nuages et ciel-PhotoLP Fallot.JPG

C’était cette semaine dans l’émission La Grande Librairie. L’animateur de l’émission, François Busnel nous invitait à la découverte des nouveaux quartiers de New York  et à la rencontre avec cinq écrivains : Parmi eux,  Patti Smith dont "Glaneurs de rêves"  vient de paraître en France aux éditions Gallimard. Et, dans son studio d’écriture situé dans le quartier populaire du Queens, elle nous offrit ce beau cadeau en récitant People Have the Power   

Je rêvais, dans ma rêverie d’une idée radieuse et juste. Et mon sommeil fut brisé, mais mon rêve, lui, a perduré… 

   

 

 J’ai acheté "Glaneurs de rêves" dès sa sortie en librairie. "Dans ce récit autobiographique bref et lumineux, Patti Smith, qui a été distinguée par le National Book Award, revient sur les moments les plus précieux de son enfance, les convoquant avec un réalisme saisissant qui confine au fantastique.(…)" peut-on lire en 4ème de couverture de ce livre  "dont l’écriture a été achevée le jour du quarante-cinquième anniversaire de Patti Smith, dans le Michigan et qui a été initialement publié aux États-Unis sous la forme d’un mince volume. Vingt ans plus tard, le texte est réédité et paraît enfin en France dans une version augmentée, complétée de fragments inédits et accompagnée de nouvelles photographies et illustrations."

Je vous en livre quelques extraits. Je les ai choisis en pensant à  mon enfance, à notre enfance –frère et sœurs-,  à ma famille. Et à ma sœur, partie en cette fin novembre d’il y a trois ans déjà;  elle aurait bien aimé je pense entendre Patty Smith réciter People Have the Power.


Glaneurs de rêves-Couv.JPG
"C’est tout cela qui forme le nuage. Et c’est ainsi que le ciel ressemble à l’opéra humain. La promenade turbulente. Il attire l’œil paresseux. Il apaise les cœurs las en un jeu de mouvements qui annoncent la simplicité."
(Quadrille, page 33)

"Tu lèves les yeux, les nuages se forment et se reforment.

Ils ressemblent – à un embryon, un ami défunt qui repose à l’horizontale. Ou à un bras immense, charitable comme un printemps, qui sur ordre soulèvera ce sac de lin et tout ce qu’il contient, ne serait-ce que l’âme d’une idée – la couleur de l’eau, le poids d’une colline." (Art céleste, page 72)

"J’ai fouillé les nuages en quête d’augures, de réponses. Ils se mouvaient à toute vitesse, trame délicate, en forme de dôme. Le visage de l’art, de profil. Le visage du déni, béni." (Un adieu, page 97)

 

 

 

jeudi, 27 novembre 2014

Les couleurs parisiennes de Willy Ronis

 

Extrait de Paris-couleurs-Willy Ronis.JPG


























Illustration:
Rue de la Paix 1960 ©  Willy Ronis
Paris-couleurs de Willy Ronis aux éditions Le Temps qu’il fait




Mes lecteurs seront peut-être étonnés de découvrir cette photo couleur de Willy Ronis ! De cette période de la photographie humaniste, nous sommes en effet plutôt habitués aux clichés noir et blanc. Pourtant, c’est dès 1955  que le grand photographe utilise la nouvelle Kodachrome. Fin 1954,  j’avais commencé avec mon Rolleiflex un reportage en noir et blanc sur la semaine de Noël dans les grands magasins, (…) ce qui me conduisit naturellement à entamer peu après des essais avec la Kodachrome, cette merveille qui malheureusement n’affichait alors qu’une sensibilité de 10 ASA  explique-t-il en postface de l’ouvrage Paris-couleurs.

Dans sa très belle préface, Michel Boujut (l’auteur des monographies consacrées aux cinéastes Wim Wenders et Claude Sautet) nous explique que  pour Willy Ronis «  mémorialiste de la poésie des rues » et de la vie ordinaire, la tentation de la couleur n’a jamais constitué un enjeu décisif. (…) Que ressent-on devant les Kodachromes ici rassemblés qu’on ne ressentait pas devant les épures noir et blanc ?  
J’ai retrouvé en effet dans ce livre tout les thèmes de la vie cher à Willy Ronis et qui me procure toujours autant d’émotion. Cet ouvrage sera aussi l’occasion de se replonger dans ce Paris populaire et de la vie ordinaire, ses lieux magnifiés d’une lumière si particulière saisie devant une boutique, sur un quai ou un boulevard… Un régal que de découvrir ces 80 photographies  réunies sur ce livre de Willy Ronis et c'est de sa part, l'effet d'un don généreux que d'avoir bien voulu nous les donner à voir. 

 
Extrait de la 4ème de couverture du livre Paris-couleurs
" Car ce qu’il importe de noter c’est que le photographe a, par les moyens qui lui sont propres, poursuivi de questionner l’âme populaire en ses reflets gais ou mélancoliques, en ses images frivoles ou graves, qu’il a touché du doigt — ou de l’œil — la beauté palpitante et la tendresse bonhomme de ce peuple bigarré, qui sont les « débris et trésors » poétiques de la ville — que seul un grand artiste pouvait recueillir avec une telle constante bonté, en noir comme en couleurs. "

"Paris-couleurs "de Willy Ronis aux éditions Le Temps qu’il fait
80 photographies en couleurs, 120 pages - Préface de Michel Boujut

 

 

mercredi, 26 novembre 2014

Une Note (bleue), 5 ans plus tard

 

Pas de « semaine bleue » sans une Note bleue bien sûr.  Quelques idées  sont bien écrites dans un fichier Word à l’état de brouillon mais j’ai vraiment du mal à structurer un texte cohérent, différent aussi de ce que j’ai déjà écrit sur ce blogue.
A la relecture de ce billet-  La Note bleue - publié il y a cinq ans,  je me rends compte qu’il correspond  bien au présent de ce jour. Mais  j’ai aussi  relu les commentaires et  j’ai  aujourd’hui  une perception différente concernant le choix d’une illustration ; elle me parait maintenant évidente.
J’ai par ailleurs lu avec beaucoup d’intérêt le texte du Communiqué de presse publié à l’occasion  de l’exposition récente de cette œuvre - La Vie - au Musée Chagall, un prêt de la Fondation Maeght à l’occasion de son cinquantième anniversaire.


 

La Vie- Marc Chagall-Photo LP Fallot.JPG

La vie, Huile sur toile,1964, 296 x 406 cm, don Marguerite et Aimé Maeght, 1964
Marc CHAGALL - Vitebsk (Russie) 1887 – Saint Paul 1985
Photographie Louis-Paul  Fallot – Octobre 2009 à la Fondation Maeght

 




La Note bleue

 

Que se passe-t-il ? Je n’arrive pas à l’écrire cette Note bleue Pourtant, tout paraît si facile. Et je  l’ai déjà fait vous parlant  d’objets ou de souvenirs En forme de  sortir de souffrance En le rêvant si fort ce bleu jusqu’à appeler ces mots "L’inconscient du bleu"…

J’ai feuilleté mes pages de clichés et y ai vu du bleu  bien sûr Mais aussi plein de couleurs Du rouge du blanc ou de l’orange du noir  du vert et  même du gris

Que se passe-t-il ? J’ai devant l’écran vide et le clavier muet refait l’exercice de laisser aller mes pensées Elles sont devenues multicolores Et tout est devenu évident, c’était le temps !

Pas le temps d’ici ni le temps qui passe Non le temps présent, le temps du résilient Le bleu est devenu ordinaire Mais sans enlever les rêves. Il est devenu quotidien et au petit matin Il suffit de regarder le ciel

Pour voir que le bleu est multiple Il est unique comme chaque jour.  Oui c’est cela j’ai enfin compris,  le bleu reste bleu mais  se mélange aux couleurs de la vie, multiple !

 

Louis-Paul, décembre 2009