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08.02.2013

Le petit cortège des Halles de Raymond Mason


Je voudrais que mon petit cortège des Halles ne parte jamais tout à fait.

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Quelle belle surprise pour moi - en entrant dans l’église Saint Eustache - de découvrir dans l’une des chapelles cette œuvre de Raymond Mason,  Le départ des fruits et légumes du cœur de Paris, le 28 février 1969. Dans ce quartier des Halles autrefois ce Ventre de Paris décrit Zola et en ce moment en plein travaux, Raymond Mason nous fait revivre cette époque. 

 

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Voici  une partie du texte rédigé par l’auteur et affiché sur le pilier  de la chapelle: (1)

 

"Le marché des fruits et légumes, merveilles de la nature, qui se tenait la nuit, sous les étoiles, au centre historique de la plus belle ville du monde, dépassait de loin une question de commerce.

Il était un lieu de bonheur, puissant et vaste, puisqu'il rendait heureux un nombre sans fin de personnes et beaucoup de larmes allaient couler à l'idée qu'il ne serait plus.

Le travail y était très dur. La pluie et le froid à supporter cela aussi était très dur. Parmi les hommes et les femmes qui s'y trouvaient il y en avait de très durs et de très rudes. Pourtant l'enchantement était tel que cette dureté se transmuait en une étrange douceur et le caractère le plus terrible devenait docile. Bien sûr, c'était le plaisir du travail en commun mais il était subtilement anobli par la fraîche beauté de ces produits de la campagne. Pour dire vrai, le marché des Halles Centrales était la dernière image du Naturel dans la ville. Il est maintenant le paradis Perdu. 

J'ai essayé par cette sculpture de reconstituer au mieux cette vision éclatante. Mon œuvre sera de toute évidence un pauvre substitut de mon émotion devant l'étalage superbe.
J'espère au moins qu'elle parlera assez clairement au spectateur qui lit son titre : "le Départ des fruits et légumes du cœur de Paris " pour annoncer cet autre départ, non moins définitif, de ces hommes et de ces femmes symbolisés dans mon cortège et dont j’ai parlé plus haut. (…) Je voudrais que mon petit cortège des Halles ne parte jamais tout à fait."

 

 

 

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Je sortis de l’église St Eustache ; déambulant dans  les rues avoisinantes en  repensant  à ce trou béant des Halles photographié dans les années argentiques de mes vingt ans et je restais rêveur un moment devant les étals du marché diurne…Plus tard, de retour dans le Sud, je lirais  le très bel hommage de Gilles Hertzog sur l’un des plus grands sculpteurs du XXème siècle et  du « plus célèbre Anglais de Paris ». 

 

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 « Des fruits et des légumes du cœur de Paris, le 28 fév.1969 »

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"Des fruits et des légumes du cœur de Paris, le 28 fév.1969"
 

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Eglise St Eustache, oeuvre de Raymond Mason
  Paris, octobre 2012. Photographie Louis-Paul Fallot


(1) Raymond Mason, texte écrit pour le catalogue de l'exposition de la Galerie Claude Bernard - Paris 1971.


 
Lien:
à lire, Raymond Mason, piéton de Paris 
un texte d’ Alain Madeleine-Perdrillat sur le site de la Galerie Alain Paire




26.01.2013

Mots d'amour

 

 Là où l'amour règne, il n'y a pas de volonté de puissance
et là où domine la puissance, manque l'amour.
L'un est l'ombre de l'autre.
Carl Gustav Jung, L’âme et la vie

 

 

C.G.Jung, Rainer Maria Rilke, Antoine de Saint-Exupéry, Khalil Gibran, Mgr. Desmond Tutu, Alain, William Shakespeare, Simone de Beauvoir, Paul Eluard, Victor Hugo... Des mots d'amour, des mots qui parlent de l'amour. Je serais heureux que, à votre tour, vous ajoutiez à ce florilège une citation, un extrait de texte ou de poème de votre choix ou vos propres mots. Merci de vos passages, de vos commentaires. A bientôt.

 

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L'amour chez les pigeons - Photographies Louis-Paul Fallot

 

"Tous les pigeons ont de certaines qualités qui leur sont communes : l’amour de la société, l’attachement à leurs semblables, la douceur de leurs mœurs, la fidélité réciproque, la propreté, le soin de soi même qui suppose l’envie de plaire, l’art de se donner des grâces, les caresses tendres, les mouvements doux. Nulle humeur, nul dégoût, nulle querelle, tout le temps de la vie employé au soin de ses petits, toutes les fonctions pénibles également réparties. Le mâle, aimant assez pour les partager et même se charger des soins maternels, couve régulièrement à son tour et les œufs et les petits, pour en épargner la peine à sa compagne, pour mettre entre elle et lui cette égalité dont dépend le bonheur de toute union durable : Quel modèle pour l’homme s’il savait les imiter!  " 

Extrait de l’Histoire naturelle de Buffon,  

 

  

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L’amour c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l’être aimé.
Rainer Maria Rilke,  Lettre à un jeune poète

 

Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction.
Antoine de Saint-Exupéry,  Terre des hommes

 

 Puisque nous considérons que l'amour concerne tout l'être et pas seulement la dimension sexuelle, et qu'il ouvre au don de soi et à la compassion, quelles raisons aurions nous de croire que cette qualité doit être réservée aux couples hétérosexuels?
Mgr. Desmond Tutu

 

Aimer, c'est trouver sa richesse hors de soi.
Alain, éléments de philosophie

 

L'amour ne possède pas et ne saurait être possédé.
Car l'amour suffit à l'amour.
Khalil Gibran, extrait du recueil Le Prophète

 

Le couple heureux qui se reconnaît dans l'amour défie l'univers et le temps;
il se suffit, il réalise l'absolu.

Simone de Beauvoir,  Le Deuxième Sexe

  

Nous n’irons pas au but un par un mais deux par deux
Nous connaissant par deux  nous nous connaîtrons tous
Nous nous aimerons tous et nos enfants riront.
De la légende noire où pleure un solitaire.
Paul Eluard, Notre vie, Cahier d’art Le temps déborde

 

Love looks not with the eyes, but with the mind
William Shakespeare, Le Songe d'une nuit d'été

 

L'amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le cœur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c'est le bonheur!
Victor Hugo, recueil  Les contemplations,

Aimons toujours ! Aimons encore !...

 

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J'aime observer (et photographier) les pigeons...



Photographies prises  sur les remparts de St Paul-de-Vence en décembre 2012.

 

13.01.2013

Nantes, un poème et une photo

 

 NANTES

 

Tu ressembles au gris des soirs magiques
au pied d’un château breton
posé comme Venise avec ses parfums d’erdre

 

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Authentique bretonne
Tes jours, l’après minuit
Tes vents surréalistes
Que tu as survolé
De Vaché à Breton
Aux parfums de duchesse
Tes nègres magnifiques
Sont revenus au quai.
Je te raconterai aux perdants magnifiques
De l’hiver à l’automne
Qui remontent le temps.
Du lundi au dimanche
Je ne sais te survivre
Et j’attendrai
Les pluies
De tes nuées atlantiques
De Verne et de romans.
Tu penches vers le fleuve et tu penches vraiment
jusqu’au Quai de la Fosse
où l’on voit apparaître
l’ombre des éléphants.

 

ALLAIN Alain
Photo : FALLOT Louis-Paul

 

  

Mon ami Alain a écrit ce poème que j'aime particulièrement et l'a illustré de l'une de mes photographies préfétées de Nantes, prise dans cet endroit  où je me rends à chaque séjour.  Merci Alain; je suis heureux de le  publier pour terminer sur ce blogue cette "semaine nantaise".  Mon idée première était de lui faire une surprise en l'illustrant différemment avec  des photos récentes:  de cette ville où nous avons tant de souvenirs communs; de Nantes où a commencé notre amitié avant que nos vies respectives nous éloignent et que, récemment, nous nous retrouvions.  Mais j’ai décidé de le publier tel qu’il l’a mis en page,  comme un cadeau réciproque que nous nous faisons, comme j'ai envie d'écrire, une oeuvre unique.