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19.06.2012

Autour du thym (Une fable)

 

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Le lierre et le thym

 

Que je te plains, petite plante !
Disait un jour le lierre au thym :
Toujours ramper, c’est ton destin ;
Ta tige chétive et tremblante
Sort à peine de terre, et la mienne dans l’air,
Unie au chêne altier que chérit Jupiter,
S’élance avec lui dans la nue.

Il est vrai, dit le thym, ta hauteur m’est connue ;
Je ne puis sur ce point disputer avec toi :
Mais je me soutiens par moi-même ;
Et, sans cet arbre, appui de ta faiblesse extrême,
Tu ramperais plus bas que moi.

Traducteurs, éditeurs, faiseurs de commentaires,
Qui nous parlez toujours de grec ou de latin
Dans vos discours préliminaires,
Retenez ce que dit le thym.

 

Jean-Pierre Claris de FLORIAN

Recueil : "Fables"

 

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Cent douze fables de Florian ont été publiées de son vivant et douze de manière posthume. Les morales de certains de ses apologues   sont encore citées couramment, comme :
Pour vivre heureux, vivons cachés  (Le Grillon)
Chacun son métier, les vaches seront bien gardées  (Le Vacher et le Garde-chasse)
L'asile le plus sûr est le sein d'une mère  (La Mère, l'Enfant et les Sarigues).
Quant aux expressions  éclairer sa lanterne  ou rira bien qui rira le dernier , elles sont tirées respectivement des fables Le Singe qui montre la lanterne magique et Les deux Paysans et le Nuage. (Source Wikipédia :  Jean-Pierre Claris de Florian )

 

Illustration: Photographie Louis-Paul Fallot, Plan des Noves

19.05.2012

Séminaire du Rêve (Thomas Tranströmer)

 

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 Séminaire du rêve- PhotosLP Fallot

 

Séminaire du Rêve 

 

Quatre milliards d'hommes sur terre.
Et ils dorment tous, rêvent tous.
Dans chaque rêve se pressent des visages et des corps -
les gens que nous rêvons sont plus nombreux que nous
Mais ils ne prennent pas de place...
Il nous arrive de nous endormir au théâtre.
Les paupières se ferment au milieu de la pièce.
Un court instant de double exposition: la scène
devant nous que déborde le rêve.
Puis il n'y a plus de scène, elle est en nous.
Le théâtre dans d'honnêtes profondeurs!
Le mystère du directeur de théâtre
harassé!
La perpétuelle étude de pièces nouvelles...
Une chambre à coucher. La nuit.
Le ciel obscur ruisselle dans la chambre.
Le livre sur lequel quelqu'un s'est endormi
est encore ouvert
et repose blessé sur la bordure du lit.
Les yeux du dormeur s'agitent,
ils suivent un texte sans alphabet
dans cet autre livre -
illuminé, archaïque et soudain.
Une commedia vertigineuse qui s'inscrit
entre les murs du cloitre des paupières.
Un unique exemplaire. Disponible désormais!
Et tout cela sera effacé demain.
Les mystères de l'immense gaspillage!
L'anéantissement... Comme lorsque méfiants
des hommes en uniforme interpellent un touriste -
ils ouvrent l'appareil, déroulent la pellicule
et laissent le soleil détruire les images:
les rêves sont ainsi assombris par le jour.
Anéantis ou tout juste invisibles?
Il existe des rêves hors-de-portée-de-l'oeil
qui jamais ne s'arrêtent. Une lumière pour d'autres
yeux.
Une zone où les pensées reptiles apprennent à marcher.
Silhouettes et visages se disposent autrement.
Nous avançons dans une rue, parmi des gens,
en plein soleil.
Mais il y en a autant ou peut-être plus encore
que nous ne voyons pas,
à l'intérieur de ces bâtiments obscurs
qui se dressent de part et d'autre.
Parfois l'un d'entre eux vient à la fenêtre

 pour jeter un regard sur nous, là en bas.

 

Thomas Tranströmer, LA PLACE SAUVAGE- IV Séminaire du rêve, page 260

Baltiques – Œuvres complètes 1954-2004

Traduit du suédois et préfacé par Jacques Outin

En poche chez Poésie/Gallimard

 

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PhotosLP Fallot

 

(…) Comme la musique intérieure et celle des compositeurs, la poésie semble être le lieu privilégié où l'espace et le temps se télescopent pour luire un instant dans une irrémédiable épiphanie. – où tout semble possible, mais où rien n’est interprété. Tomas Tranströmer confie donc au lecteur happé par la pluralité du texte le soin de remplacer les vides laissés par le silence et de démêler ainsi l’écheveau de sa propre existence. Baltiques, extrait de la préface de Jacques Outin

 

LIEN :

La publication en poche des œuvres complètes de Tomas Tranströmer, donne l’occasion à tout un public de rencontrer l’un des poètes européens les plus traduits (en 55 langues) et les plus reconnus au monde…

Enfin présent en France, un article de Gérard Noiret

  

08.05.2012

Un poème de Robert Desnos

 

 

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PhotosLP Fallot - Mai 2012 en Haute-provence

 

 

L’iris au bord du rivage
Se reflétait dans l’étang,
Bel iris sauvage
Qui rêves au beau temps.
Iris mes beaux yeux
Tu parfumes les draps blancs,
Iris merveilleux,
Iris au bord de l’étang.

 

Robert DESNOS
Recueil : "Chantefleurs"

 

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie.

 

Lire la suite sur le site Un jour Un poème.

 

 

Et aussi sur ce blogue en ce 8 mai 2012, ne jamais oublier:

Déportés, torturés, fusillés…, j’écris ton nom liberté.