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04.09.2012

L’école de la vie

 

 

Bouche fermé, les bras croisés, les yeux levés écoutez bien têtes incultes
Le bon savoir, le vrai savoir, le seul savoir et vous serez de bon adultes.

Leny Escudero Le Cancre (2)

 

 

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Entre l'école et la maison... l'abri bus © Louis-Paul Fallot (1)

 

J'étais un cancre... Et j’ai je pense, assumé fièrement ce titre jusqu’aux années 1968/69 !

 

Le professeur m'a dit que j'étais intelligent, mais pas comme il le faudrait,
C'est pas d'la bonne intelligence
Je suis ce qu'on ne doit pas faire
L'exemple à ne pas retenir (2)



Je me souviens de ce « maître » de la souffrance gratuite qui m’obligeait à rester à genoux sur le rebord de l’estrade, là ou ça fait le plus mal, de celui qui m’enfermait dans le placard, de celui qui tapait le bout des doigts avec sa règle…Au fait, étaient- ils plusieurs ou était ce le même ?

Peu importe, je n’ai pas oublié les faits mais j’ai oublié le ou visages de ce ou des  tortionnaires  en herbe.
Je n’ai pas oublié la jolie et gentille prof d’anglais qui, parce que remplaçante, n’est restée que quelques temps. Ni non plus les souvenirs de ses délicieuses « punitions » quant elle  me demandait de venir m’asseoir au premier rang, me permettait ce long regard d’adolescent remontant vers une mini jupe des années 60. Plus tard sur mon électrophone, je passerais en boucle une face B de Christophe…

 

Si les pages sont blanches
De mes pauvre cahiers
C'est qu'il y a trop de branches
Aux arbres des forêts
Et si j'aime les branches
Si j'aime la forêt
C'est parce que vous m'avez
Défendu d'y grimper  (3)

 
Puis je lirais Prévert bien sûr, le Cancre est un hymne à la liberté, un hommage aux oubliés des « bons points ».



Avec des craies de toutes les couleurs

Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur. (4)




Adulte, j’ai enfin compris que le monde de l’école n’était pas forcément synonyme de l’enfer et que tous les professeurs n’étaient pas des tortionnaires !   
Puis bien plus tard, j’ai enseigné à mon tour, je suis allé à Lyon et j’ai appris les règles de base de la pédagogie. Dans mes salles de cours, pas d’enfants mais des adultes qui venaient  apprendre à changer de métier ou à s’adapter à un nouveau produit, une nouvelle technologie.
J’ai essayé de faire passer cette idée développée par un premier ministre (5)  : l’important est de donner aux jeunes les outils pour apprendre à apprendre. Car on apprend toute sa vie à l’école de la vie. Faut juste stimuler l’envie.

Bonne rentrée à tous les enfants, petits et grands.
Bonne rentrée à tous les professeurs;  merci de  ne pas trop charger les cartables de vos élèves, pour qu'avec la barre chocolatée, ils puissent y mettre aussi... 


... un bout d'soleil tombé du ciel.  (2) 

 

Liens:

(1)" Entre l'école et la maison... l'abri bus", une photo que j'aime beaucoup et publiée sur Libération.fr « Vos photos » le 14 décembre 2008

(2) Ecouter Le cancre de Leny Escudéro sur Deezer

(3)  Extrait de ma Note Le professeur publiée sur ce blogue en 2006

(4) Le Cancre, livre Paroles de  Jacques Prévert,  éditeur Gallimard. Il existe aussi une version illustrée  des célèbres poèmes de Jacques Prévert mis en images par Jacqueline Duhême.  Et   vous pouvez lire ce poème jolimment illustré par Solange sur Le Blog de grand-mère.

 (5) Michel Rocard et j'aimerais bien retrouver ce discours sur l'éducation,  recherche infructueuse à ce jour. 

 

27.06.2012

Faire de son mieux

 

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Il était une fois un homme qui voulait transcender sa souffrance. Il se rendit à un temple bouddhiste pour trouver un Maître qui puisse l’aider. Quand il trouva le Maître, il lui demanda : Maître, si je médite quatre heures par jour, combien de temps me faudra-t-il pour atteindre la transcendance ? ”
Le Maître le regarda et lui dit : Si tu médites quatre heures par jour, peut-être parviendras-tu à transcender ton existence dans dix ans.
Convaincu qu’il pouvait faire mieux que cela, l’homme lui demanda : Oh, Maître, et si je méditais huit heures par jour combien de temps cela me prendrait il ?
Le Maître le regarda et lui répondit : Si tu médites huit heures par jour, il te
faudra probablement vingt ans.
 Mais pourquoi cela me prendrait-il plus longtemps si je médite plus ?  interrogea
l’homme.
Le Maître lui répondit : Tu n’es pas là pour sacrifier ta joie ni ta vie. Tu es là pour vivre, pour être heureux et pour aimer. Si tu fais de ton mieux en méditant deux heures, mais que tu y consacres huit heures à la place, tu ne feras que te fatiguer, tu passeras à côté de ton objectif et tu n’apprécieras pas ton existence. Fais de ton mieux, et peut-être apprendras-tu que, peu importe la durée de ta méditation, tu peux vivre, aimer et être heureux.

 

Si vous faites de votre mieux, vous vivrez votre existence intensément. Vous serez productif, vous serez bon envers vous-mêmes, parce que vous vous donnerez à votre famille, à votre communauté, à toute chose. C’est dans l’action que vous
serez intensément heureux. Lorsque vous faites toujours de votre mieux, vous passez à l’action. Faire de votre mieux signifie agir parce que vous en avez envie, et non parce que vous en attendez une récompense. La plupart des gens font exactement l’inverse : ils n’agissent que lorsqu’ils espèrent une récompense, ne prenant aucun plaisir à ce qu’ils font. Voilà pourquoi ils ne font pas de leur mieux.
Par exemple, la plupart des gens vont chaque jour au travail en ne pensant qu’au jour de paie et à l’argent que leur travail va leur rapporter. Ils attendent avec impatience le vendredi ou le samedi, selon le jour où ils sont payés et où ils peuvent prendre du temps pour eux. Ils ne travaillent que pour la récompense et, du coup, font de la résistance. Ils essayent d’éviter d’agir et, par conséquent, ne font pas de leur mieux.
Ils travaillent dur toute la semaine, peinant à leur tâche, subissant leur activité, non parce qu’ils le veulent, mais parce qu’ils pensent y être obligés. Ils doivent travailler pour payer leur loyer et subvenir aux besoins de leur famille. Ils vivent donc avec toute cette frustration et, lorsqu’ils reçoivent enfin leur argent, ils sont malheureux. Ils ont deux jours de repos pour faire ce qu’ils veulent, mais que font-ils? Ils essaient de s’évader. Ils se saoulent parce qu’ils ne s’aiment pas. Ils n’aiment pas leur vie. On se fait du tort de multiples manières lorsqu’on n’aime pas qui l’on est.
Inversement, si vous agissez simplement pour le plaisir d’agir, sans attendre de récompense, vous découvrirez que vous apprécierez tout ce que vous ferez. Vous
en serez récompensé, mais vous ne serez plus attaché à la récompense. Vous pourriez même obtenir plus pour vous-même que vous ne l’auriez imaginé sans attendre de récompense. Si on aime ce qu’on fait, si on fait constamment de son mieux, alors on jouit pleinement de la vie. On s’amuse, on ne s’ennuie pas, on n’est pas frustrés.
Lorsque vous fates de votre mieux, vous ne laissez aucune chance à votre Juge intérieur de vous culpabiliser ou de vous critiquer.(...)
Extrait du chapitre Le 4ème accord toltèque.

Le livre " Les quatre accords toltèques, La voie de la liberté personnelle", de  Don Miguel Ruiz  est disponible en "POCHES Jouvence".


Illustration: Abbaye à La Colle sur Loup, photographie Louis-Paul Fallot

 

19.06.2012

Autour du thym (Une fable)

 

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Le lierre et le thym

 

Que je te plains, petite plante !
Disait un jour le lierre au thym :
Toujours ramper, c’est ton destin ;
Ta tige chétive et tremblante
Sort à peine de terre, et la mienne dans l’air,
Unie au chêne altier que chérit Jupiter,
S’élance avec lui dans la nue.

Il est vrai, dit le thym, ta hauteur m’est connue ;
Je ne puis sur ce point disputer avec toi :
Mais je me soutiens par moi-même ;
Et, sans cet arbre, appui de ta faiblesse extrême,
Tu ramperais plus bas que moi.

Traducteurs, éditeurs, faiseurs de commentaires,
Qui nous parlez toujours de grec ou de latin
Dans vos discours préliminaires,
Retenez ce que dit le thym.

 

Jean-Pierre Claris de FLORIAN

Recueil : "Fables"

 

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Cent douze fables de Florian ont été publiées de son vivant et douze de manière posthume. Les morales de certains de ses apologues   sont encore citées couramment, comme :
Pour vivre heureux, vivons cachés  (Le Grillon)
Chacun son métier, les vaches seront bien gardées  (Le Vacher et le Garde-chasse)
L'asile le plus sûr est le sein d'une mère  (La Mère, l'Enfant et les Sarigues).
Quant aux expressions  éclairer sa lanterne  ou rira bien qui rira le dernier , elles sont tirées respectivement des fables Le Singe qui montre la lanterne magique et Les deux Paysans et le Nuage. (Source Wikipédia :  Jean-Pierre Claris de Florian )

 

Illustration: Photographie Louis-Paul Fallot, Plan des Noves