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17.12.2010

Noël spirituel

 

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  La montée de la Bourgade à Cagnes, 17 décembre 2010 

 

Nous avons tous nos Noël, croyant ou pas. Nos souvenirs d’enfant, nos Noël rêvés ou vécus de ces pas  sur  la neige d’une nuit de 24 décembre sous  le ciel brillant de mille étoiles ; le souvenir d’un sapin, d’un conte ou d’une messe de minuit…Et, comme écrit Frédéric Lenoir dans une de ses chroniques(1),   nous savons tous qu’il y a un peu plus de deux mille ans naissait en Galilée un certain Jésus, fils de Joseph et de Marie (…). Nous avons en tête les récits légendaires qui entourent sa naissance dans une étable, la présence des mages, des bergers et des anges.   

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Crèche sur un rebord de fenêtre au Haut de Cagnes

 

Plus loin, il poursuit :

« Mais fêter Noël ne signifie pas seulement honorer la naissance de Jésus-Christ. Pour les théologiens du christianisme primitif, la naissance du « Fils de Dieu » fait écho à une deuxième naissance : celle de Dieu dans le cœur de chaque être humain. »

Je me suis arrêté sur cette idée de deuxième  naissance .  Parce que j’ai accepté cette idée de renaissance il y a sept ans et parce que je continue ce travail sur moi que Frédéric Lenoir appelle régénération spirituelle :  Cette idée selon laquelle nous avons à renaître par une régénération spirituelle est présente dans quasiment toutes les traditions religieuses de l’humanité, même celles qui ne font aucune référence en un Dieu personnel et en sa grâce. L’expérience fondamentale du Bouddha, celle de l’éveil, constitue l’archétype même d’une renaissance intérieure, dans laquelle se déchire le voile de l’ignorance. Cette expérience transformante peut avoir lieu subitement, comme pour le bouddha Sakyamuni, ou bien graduellement, par "illuminations" successives. Qu’elles soient soudaines ou progressives, ces renaissances intérieures permettent de dépasser les illusions et les pièges de notre ego, de nous réconcilier en profondeur avec nous-même, avec les autres et avec le monde. Et cela quelles que soient les adversités rencontrées.

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Sculpture "Boudha" de Jaume Plensa

 

Son livre - Socrate Jésus Bouddha Tois maîtres de vie - m’a passionné en 2010.

Je suis heureux de partager  des extraits d'un autre texte de cet auteur avec vous avant de mettre en pause ce blogue pour quelques temps.  

Les sapins et guirlandes dans les vitrines des magasins nous rappellent que Noël approche.   C’est ainsi que commence Renaissance Intérieure.  (Psychologies Magazine, décembre 2002) 

Je rajouterais Illuminons aussi nos cœurs et ce sera mon souhait pour nous tous en cette période de  fêtes de fin d’année. Joyeux Noël.

 

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Photos Louis-Paul Fallot

(1) Les chroniques et textes de Frédéric LENOIR sur son site Internet

15.12.2010

La Forme d’une ville

 

Il s'agit d'appliquer au chaos brouillé des données mentales et des petits accidents de la vie qu'on mène, un procédé de lecture, une grille qui permette de lire le sens de la vie en tant qu'elle échappe à notre influence.

Julien Gracq

Julien Gracq (Citation remue.net)

  

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"…L’acrimonie propre aux ruminations du vieillissement naît de ce que nous replaçons des épisodes passés de notre vie dans un cadre resté intact : c’est la jeunesse inaltérable du monde qui rend mal tolérable la caducité dont elle est devenue le lieu et le support. Rien de tel quand il m’arrive de retraverser Nantes. L’ancienne ville – l’ancienne vie – et la nouvelle se superposent dans mon esprit plutôt qu’elles ne se succèdent dans le temps : il s’établit de l’une à l’autre une circulation intemporelle qui libère le souvenir de toute mélancolie et de toute pesanteur ;  le sentiment d’une référence décrochée de la durée projette vers l’avant et amalgame au présent les images du passé au lieu de tirer l’esprit en arrière. Je voudrais que la complaisance aux souvenirs, à laquelle il m’arrive comme à tout autre de faire sa part, soit absente de ces pages. La chance a fait de ces années de mon enfance et de mon adolescence un gisement que la vie a monnayé, une richesse toujours mobilisable que je prodigue à mon gré sans m’en sentir jamais plus pauvre. Reprenons donc le chemin des rues de Nantes, non pas à la rencontre d’un passé que je ne voudrais mettre à ressusciter aucune complaisance, mais plutôt de ce que je suis devenu à travers elles, et elles à travers moi."

JULIEN GRACQ - LA FORME D’UNE VILLE- EDITIONS JOSE CORTI-PAGES 9 ET 10

 

C’était à Nantes, une fin d’année de  2007.  Il me faudra attendre encore une année pour me procurer ce livre. La disparition de celui qui vécut sur les bords de Loire ayant eu pour conséquence de vider les librairies nantaises des ouvrages de l’auteur. J’allais entrer pour la première fois dans les mots de Julien Gracq et dans le même temps refaire – malgré les différences d’âge et de vécu-  le chemin de vie de mon enfance et de mon  adolescence.  

Ce livre  me permis  doucement,  de pénétrer dans les constructions littéraires de Julien Gracq.  J’étais prêt pour un autre voyage. Traverser d’autres mers et me poser sur des rives littéraires inoubliables. Celles du Rivage des Syrtes

Dans quelques jours, je redescendrais les marches du passage Pommeraye  et en face dans une de ces anciennes  librairies nantaises, je sais que sur la gauche, un beau rayon m’attend, celui des éditions Corti,  éditeur de celui qui refusa le Goncourt.

 

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LIEN:

La notice bio-bibliographique de Julien Gracq sur le site des Editions José Corti consacré à l’auteur.

  

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 Nantes, photos Louis-Paul Fallot

 

 

 

Sur Nantes et sur ce blogue :

 

Ballades nantaises

 

Le pavé nantais

 

Sous la pluie

 

Nantes, juillet 1969

  

25.10.2010

Comprendre les addictions

Lu cet excellent article dans les Chroniques du Mag de Libération de ce week-end. (en date des 23 et 24 octobre 2010).

Il présente les travaux du professeur Pier Vincenzo Piazza  qui dirige le Neurocentre Magendie de l’Inserm à l’université de Bordeaux-II, un des plus grands laboratoires de recherches français sur la neurobiologie du comportement.

J’y vois un pas de plus pour reconnaître la maladie et lutter contre elle mais aussi contre ces idées qui peuvent encore persister sur  les comportements déviants, le vice, le manque de  volonté …  

«Comment le cerveau devient-il toxicomane ?» Par CORNNE BENSIMON

Pier Vincenzo Piazza©Inserm.jpgPier Vincenzo Piazza dirige le Neurocentre Magendie de l’Inserm à l’université de Bordeaux-II, un des plus grands laboratoires de recherches français sur la neurobiologie du comportement.

«Comment le cerveau devient-il toxicomane ? Je travaille à cette question depuis une vingtaine d’années. A l’origine, il y a une surprise : la science médicale ne reconnaît pas officiellement la toxicomanie comme une maladie. Elle laisse ainsi courir l’idée, populaire, que ce mal relève d’un comportement déviant, un vice engageant la volonté du sujet, et sur lequel la société peut agir par la prohibition et la répression. Les travaux menés au cours de la dernière décennie sur la neurobiologie des addictions, notamment dans mon laboratoire, montrent que cette conception est idéologique et non scientifique. La toxicomanie est une maladie qui se développe à la faveur de vulnérabilités physiologiques. Elle met en œuvre des modifications cérébrales tout aussi hors de contrôle du drogué que le sont les altérations immunitaires chez le sujet infecté par le VIH.

«Grace à des expériences sur le rat, corroborées par des études chez l’homme, nous avons montré qu’il y a une distinction fondamentale entre le consommateur régulier d’un psychotrope et le toxicomane, individu incapable de contrôler sa prise de drogue, et qui va la rechercher quoi qu’il en coûte pour sa santé, son travail, ses finances. Les deux comportements sont l’expression de deux vulnérabilités différentes du cerveau à la drogue. Dans le premier cas, les circuits neuronaux normalement dédiés à l’appréciation du plaisir (sexe, nourriture) sont hypersensibles à la drogue qui procure alors un plaisir extraordinaire. Il s’agit là d’une vulnérabilité au psychotrope. Elle n’entraîne pas nécessairement la toxicomanie qui suppose une vulnérabilité supplémentaire : chez le toxicomane, la drogue diminue la plasticité du cerveau, sa capacité à réagir à de nouveaux stimuli. Ainsi, le toxicomane ne peut pas renoncer à sa dose, même si le prix à payer est délirant.

«Le toxicomane est un malade, et doit être identifié comme tel. On peut lui offrir des seringues dans des salles d’injection comme il va s’en ouvrir à Paris, mais il lui faut des soins. Il faut repenser la rationalité de la frontière entre drogues légales et illégales : ce mécanisme toxicomanogène est aussi activé par l’alcool et le tabac.»

 

A lire également :

Sur Sud Ouest.fr du 28 juillet 2010

Des chercheurs bordelais ouvrent la voie à de nouveaux traitements contre la toxicomanie

Sur 20 minutes.fr

« Les addictions sont des pathologies »

Photo: Pier Vincenzo Piazza©Inserm